« Les ronces exquises de Cécile Coulon »


Photo mise en avant: au jardin Lecoq de Clermont-Ferrand, le 31 juillet 2019. 300 personnes, maximum autorisé pour des raisons de sécurité….  Ah, le jardin Lecoq ! Pas très  loin de l’ancienne tanière  du Coyote… j’y ai souvent traîné  mes guêtres été-printemps-hiver, l’année  du « T-shirt blanc, meetoc réel »  ( après  « L’orage ou la flûte ») – souvenirs, souvenirs !! 

Et sinon je crois bien l’avoir moi aussi  déjà dit, alors encore une fois: « les choses de la vie, quoi ! »…

 

C’était le 31 juillet dernier en début de soirée au jardin Lecoq de Clermont-Ferrand, où il y a eu foule. Tellement de monde que beaucoup se sont vu refuser l’entrée.  Et donc pour ceux qui n’y étaient pas (quelque en soit d’ailleurs la raison), voici la vidéo… Et en entier ce poème que j’adore, Ce soir, mon amour

Alors ce soir mon amour je t’écris le plus long des poèmes
pour que jamais tu ne nous oublies
comme j’ai oublié dernièrement ma sauvagerie.

Les fleurs vont pousser mille fois après ma vie,
dans les fossés, dans les champs, aux rives des barrages,
les fleurs vont pousser mille fois, il y aura
des adolescents couchés dedans pour leurs premiers baisers.
Où que je sois je verrai ces fleurs pousser : je penserai
à toi avec dans la gorge cette soif de paroles vraies.
Je répéterai de très loin : ma chérie si tu savais comme je t’aime,
et dans ton monde, dans ton lit, dans ta famille qui n’est pas la mienne,
dans cette distance infâme tu m’entendras quand même.

Alors ce soir mon amour je t’écris le plus long des poèmes
pour que jamais ne cesse de battre ce coeur que
je protège comme une chatte veille son petit.

Les lacs vont geler mille fois après ma vie,
entre des forêts sombres et des vallées pleines
de pieux, de vaches, de haies et de murs bas.
Chaque matin tu verras des gens pressés, de bleu vêtus,
sauter par dessus ces stupides frontières pour regarder
dans la surface immobile de l’eau glacée le reflet
d’un visage qui a vieilli de trop de larmes et de promesses.
Et si un jour tu es de ceux-là, ma jolie, si un jour
tu te penches sur ce lac pour voir le temps passer
sur ton visage que j’aime tant, si un jour dans ce reflet
tu détestes la ride au bord du nez, la marque sur le front,
relis-moi, s’il-te-plaît, relis-moi encore jusqu’à ne plus douter
de la lumière et de sa danse avec tes cheveux d’or
et ta bouche plissée.

Alors ce soir mon amour je t’écris le plus long des poèmes
pour que demeure cette flamme de rien du tout,
ces paroles de peu d’ivresse, ce baiser de silence et de joie.

Les maisons vont fleurir au printemps : voilà les nouveau-nés
sous les yeux des nouveaux grands-parents. Ils vieilliront ensemble, chacun dans sa génération. Tu es dans la tienne,
je suis dans les mailles de l’éternité, je saute à pieds joints comme un enfant gâté :
depuis que tu es là dans ma vie rien n’est pareil.
Les maisons vont fleurir de chambres supplémentaires,
de matelas épais, et lorsqu’à ton tour tu offriras à tes fils
le cadeau d’une famille prolongée
je serai sur ton épaule à battre des mains pour te féliciter.
Je murmurerai à ton oreille que voir grandir est un luxe,
que voir vieillir est une épreuve,
nous aurons de longues conversations dans la nuit, des clins d’oeil dans le jour,

ne t’en fais pas ma chérie tu ne manqueras pas de preuves
d’amour.

Alors ce soir mon amie je t’écris le plus long des poèmes
avec des mains qui tremblent comme si c’était la fin mais
ce n’est que le début.

Ma campagne ne ressemblera plus jamais à ce qu’elle fut :
d’étroites prairies bordées de volcans larges, on dit qu’ils
sont éteints, la rumeur court qu’ils ne sont qu’endormis.
Ma campagne a déjà beaucoup changé : où sont parties
les mésanges, sur quelles branches reposent les merles gris, j’entends aboyer les chiens
et miauler les jeunes mères qui cherchent leurs chatons.
Et toi ?
Je t’ai nommée selon l’humeur et la saison : tu es
mon grand chat, ma fièvre, ma louve et ma chérie,
j’ai inventé des plages où les vagues te sourient,
je me suis fait géante dans un corps trop petit.

Alors ce soir mon amour je t’écris le plus long des poèmes
pour ne pas perdre de nous l’inconscience des premiers jours,
pour anéantir la terreur des retrouvailles.

Ma peau va fleurir mille fois après ma naissance. Avant d’être une femme je tirais dessus pour l’aplanir
comme une pâte à tarte, je pensais que la peau des jeunes filles était ainsi faite : les caresses vont mieux
sur des surfaces lisses.
Ma peau va fleurir mille fois après ma naissance :
des tiges sur le ventre, des feuilles sur les cuisses,
des bourgeons sur le front, des grains le long du dos et toute ma vie
des cicatrices, des traces du passage des unes et des autres.
Je ne tire plus dessus comme un chien sur sa laisse :
je laisse ma peau fleurir, arrosée par tes larmes et tes caresses.

Alors ce soir mon amour je t’écris le plus long des poèmes
avec des lianes de ma jungle, des restes de ma cité,
j’emprunte des pierres à d’autres ruines pour construire
ta forteresse.

Mon ventre a déjà rempli ses creux de mauvais souvenirs : partout où je vais il se charge d’étincelles et de regards,
quand ma mémoire est pleine il reçoit ses misères.

Mon ventre n’a plus rien à voir avec la place nette qu’offre la douce enfance mais dans ce ventre de vieille femme
je fais grandir des cathédrales de souffle et de silence.
La nuit tu passes le portail, je t’entends qui avance
entre des rangées courtes
de bancs où personne ne s’assoit.

Alors ce soir mon amour je t’écris le plus long des poèmes,
j’ouvre mon coeur, mes mains, mes jambes et toute mon âme,
j’ouvre grand mon désir et mes dernières flammes,
alors ce soir mon amour je t’écris que je t’aime.

COULON Cécile

 

Cécile avec Dorian Sauvage (comédien) au musée Lecoq (Clermont-Ferrand)…

WHAT ELSE ?

AGENDA DES RENCONTRES, AOÛT-DECEMBRE 2019 :

24 août : Eyzahut – Cour de la Mairie.
31 août : Strasbourg – La tâche noire
7/8 septembre : Morges – Le livre sur les quais
10 septembre : Paris – L’Attrape-coeurs
12 septembre : Paris – Librairie de Paris
14/15 septembre : Nancy – Le Livre sur la place
20 septembre : Saint-Saturnin – Le Bistrot d’Ici
21 septembre : Besançon – Le Livre dans la boucle
22 septembre : Paris – Forum Fnac
24 septembre : Le Havre – La Galerne
25 septembre : Paris – Le Divan
28/29 septembre : Manosque – Les Correspondances
1er octobre : Lyon – Vivement Dimanche
2 octobre : Neuville-sur-Saône – La Maison jaune
3 octobre : Lyon – La Virevolte
4 octobre : Brignais – Murmure des mots (après-midi)
4 octobre : Vienne – Lucioles (soir)
5 octobre : Vienne – Médiathèque
8 octobre : Laval – M’Lire
9 octobre :Guingamp – Mots et images
10 octobre : Nantes – Coiffard
11 octobre : Mordelles – Au fil des pages
12 octobre : Roanne – Médiathèque (écrivain à trois temps)
17 octobre : Arras – La Grande librairie
18 octobre : Lambersart – Au temps lire
23 octobre : Lyon – Rive gauche
24 octobre : Montélimar – Nouvelle librairie Baume
6 novembre : Saint-Etienne – Lune et l’autre
7 novembre : Paris – Le Comptoir des mots
8 novembre : Levallois-Perret – Les Beaux titres
13 novembre : Bordeaux – La Machine à lire
14 novembre : Mont-de-Marsan – Caractères
15 novembre : Bergerac – La colline aux livres
16 novembre : Roanne – Médiathèque (écrivain à trois temps)
21 novembre : Saint-Martin-le-Beau – Auberge de la treille
24 novembre : Genève – La fureur de lire
28 novembre : Noisy-le-Grand – Folies d’encre
29 novembre : Limoges – Page et Plume (avec Franck Bouysse)
5 décembre : Metz – Le Préau
6 décembre : Paris – Les Trois Baudets
7 décembre : Nevers – Le Cyprès
14 décembre : Roanne – Médiathèque (écrivain à trois temps)
19 décembre : Angers – Contact

Sortie le 21 août

Un roman qui fait déjà beaucoup parler de lui ! Ne le loupez pas.

 

Le cri du sentiment  est toujours absurde, mais il est sublime parce qu’il est absurde. – Charles Baudelaire…..

Très très beau vendredi à tous ! Je reviens très vite parmi vous pour répondre à  vos commentaires sous le précédent post, et avec un nouveau billet en préparation,  « From Karukera » (l’île aux belles eaux). Déjà planifié mais j’ai encore les albums photos à compléter.

En attendant, profitez bien de ce mois d’août Magnifique.

Carpe Diem

A bientôt sur vos blogs !

Coeurdialement

SOlène

PS: Ah, et puis, pendant que j’y pense. J’ai une autre super bonne nouvelle, le nouveau Danièle Saint Bois sort début  octobre. Je me rejouis !

Demain l’automne… Regardez « Aux encres des amours – Saez (Paroles) » sur YouTube


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Il m’arrive de m’enrouler dans le bonheur, tout bien lovée comme ça, voluptueusement dans des rêves profonds où l’amour – mon amour, parfois vacille comme la flamme de la bougie avec le courant d’air, mais jamais, au grand jamais, la petite lumière de toi ne s’éteint en moi. Même pas quand le soir vient -mine de rien, plus tôt que la veille, parce qu’alors c’est l’heure où le ciel rougeoyant fait grandiose ici sur les toits de Paris. Et parce que je sais que là-bas chez moi, au même moment, le soleil flirte avec ola mer sur la ligne d’horizon qui passe par toutes les couleurs de l’or et du feu. Ça me fait penser que demain l’automne sera bel et bien là avec ses airs d’été indien et ses petits matins gris d’être sans toi cette année encore. Aussi c’est vrai que des fois j’ai presque froid, mais ça passe parce que la journée j’ai d’autres choses à penser, et tellement de trucs à faire. Et parce qu’en fin d’après-midi sur les terrasses ensoleillées, la vie se fait souvent plus douce et plus belle, comme le sera sans doute la nuit prochaine avec ou sans étoiles, au clair de la lune ou pas, quand je tremperai ma plume à l’encre des mots dits -maudits mots ! et des non-dits surtout comme trahison, lâcheté ou même encore promesses non tenues qui me viennent à l’esprit et que je ne veux jamais voir en face…. et ça aussi je le sais, ce serait pourtant le prix à payer pour venir à bout des maux, et pour parvenir enfin à l’oubli de nous.

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Il m’arrive aussi parfois d’écouter Saez, même si je ne suis pas sûre d’aimer sa voix, mais juste pour ses mots à fleur de peau et sa poésie qui me vont bien -je trouve, au coeur et à l’âme quand je pense à toi certains soirs comme aujourd’hui où je m’enroule dans le bonheur… ce bonheur d’être triste qu’est la mélancolie à l’heure des premières feuilles mortes.

Demain l’automne sera bel et bien là, le deuxième sans toi, et je pense à nous- santé !

🥂🍾

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La mélancolie  c’est le bonheur d’être  triste…

Victor Hugo