RENONCER AU DÉSIR


Photo à la une: le château de Neuchâtel ( Suisse) by Mike de Montandon… Photo de la page d’accueil: mes deux chatons, mes bouffées d’amour…

Juste un moment comme ça de pur enchantement en communion avec le ciel…  Et un poème de Cécile COULON qui, encore une fois, me touche au plus profond, parce qu’une fois de plus, elle vient juste  de poser les mots au bon moment d’un état (peut-être) passager mais indicible pour moi…

Suis-je capable de renoncer au désir (à mon Amour), question que je me posais, que je me pose, et que je me poserai encore longtemps, je crois… 

🤔

(Vidéo faite ce soir avec mon Galaxy) 

📱

J’ai longtemps cru avoir atteint
ce moment de la vie où tout est limpide.

J’ai longtemps cru avoir atteint ce moment
particulier comme on arrive au sommet
d’une montagne par un soir de grand vent.
Ce soir je comprends que c’est ce moment
qui m’a atteinte :

tout est limpide, c’est sûr,
d’une clarté désastreuse,
de celle qui font des ciels blancs ou jaunes
à cause de la chaleur et des fins de brouillard.

J’ai longtemps cru avoir atteint ce moment
mais c’est lui qui m’a prise, comme une vague
immense prend la lumière d’un phare.
L’immunité progressive de l’existence
a dessalé mes sanglots et endurci mon aigreur.

Le téléphone sonne chaque jour à la même heure,
je réponds très rarement.
Un plancher s’est effondré
en moi depuis longtemps et maintenant que je suis
atteinte par la certitude que tout est limpide,
confondant de simplicité, de paroles définitives,
que chaque objet a son sens, chaque geste
sa trajectoire, chaque route sa direction
maintenant que tout cela est parfaitement clair
mon corps est une valise où je transporte
les premiers signes de ma vieillesse.

Et dans ce corps fermé où s’entassent des fièvres balbutiantes
je plie mes souvenirs en quatre, je roule les moments sales
les uns avec les autres.
Dans ce corps fermé d’un coup sec
par la résignation devant les beautés les plus simples
je range des laines pour l’hiver, je coince des feuilles de menthe
pour le plaisir d’une odeur du passé,
dans ce corps fermé la bouche est cousue elle
ne sait ni ne peut plus rien dire :

malheur,
j’ai été atteinte par l’idée qu’il faudra bientôt
renoncer au désir.

COULON Cécile

28/08/2019

21:11

🎁

Cadeau !

WHAT ELSE ? 

📖

Les Ronces (prix Apolinaire) le premier recueil de poésie de Cécile est toujours disponible en librairie, le prochain sort en mars 2020

📚

Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul. – Cyrano de Bergerac….

« Bonne nuit, mort aux mauvais  rêves « 

Coeurdialement

SOlène

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🙏

« Bonne journée, mort aux mauvais moments »… Suivi par « Ma petite »


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Comme un poisson dans l’eau

Gabriel était tout entier dévoré par la mélancolie des enfants fracassés. Emilienne avait été dure avec lui. Elle l’avait laissé dehors pour qu’il se vide de ses larmes, de sa colère, de ses coups, oubliant que larmes, colère et coups sont des fleurs qui poussent en toute saison, même dans des yeux secs, même dans des corps aimés, même dans des cœurs réparés.

(…)

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Louis était différent. D’une certaine manière, il comprenait son chagrin d’orphelin. Chaque soir, il s’asseyait au bord du lit de Gabriel, lâchait un simple « Bonne nuit, mort aux mauvais rêves » et chaque matin il s’asseyait au même endroit à sept heures exactement. Gabriel se réveillait, Louis était habillé. Il sentait le foin. L’enfant ouvrait difficilement les yeux et le commis disait,  » Bonne journée, mort aux mauvais moments ».

Cécile Coulon, extrait de « Une bête au paradis » ( pages 103/104)

Je n’ai pas pu résister à  l’envie de vous en remettre une louchette. Jamais deux sans trois.

Et puis ça  part d’un bon sentiment, l’idée étant de vous souhaiter une bonne journée.

Un p’tit caf’with me  ?

Coeurdialement

SOlène

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WHAT ELSE ?

Tant qu’il y aura des livres, de l’amour et du café

Et

Tous au paradis avec Cécile Coulon

COUP DE COEUR

SWITZERLAND 🇨🇭

Bonne journée, mort aux mauvais moments.

🌞

Et parce que c’est vous, et que ça fait longtemps….

MA PETITE

Quand tu es née je n’étais pas encore née.

Ma petite aux yeux clairs, 
ma petite aux années empilées
sur les miennes.

Ma petite qui se cache dans les plis
de mes poèmes. Ma petite de haute
taille.

Ma petite aux yeux fermés par la peur
de tout ce qui pourrait arriver et
qui bien sûr n’arrivera jamais.

J’ai dans le coeur un ouvrier
qui pousse avec ses bras 
contre
les murs de ma poitrine
pour te faire de la place. 
Il pousse à en crever :
ses bras sont des épines
plantées dans les parois.
Mon coeur manque d’espace.
L’ouvrier transpire,
je l’entend qui répète :
la petite, la petite, 
ici il y a des toiles d’araignées
alors qu’elle mérite
au moins, un palace.

Quand tu es née je n’étais pas encore née.

Ma petite aux histoires.
Ma petite aux années qui ont 
pris de l’avance.

Ma petite qui se cache dans les plis de mes romans. 
Ma petite si grande qu’entre ma bouche et la sienne
on ne parle pas d’écart mais de distance.

Ma petite que personne ne remplace. 
J’ai dans la bouche un poisson bleu
qui refuse de se jeter dans une autre rivière
que celle de tes cheveux. 
Je le garde sous la langue : 
parfois il descend dans ma gorge,
il s’arrête au milieu.
Alors je ne peux plus parler, 
je me contente, avec l’ouvrier, 
de répéter :
la petite, la petite, 
quand viendra-t-elle chercher
son poisson bleu ?

Quand tu es née je n’étais pas encore née
et parfois j’imagine que c’est ma faute 
si je suis si jeune et si humiliée 
par cette jeunesse qui n’en finit pas
de s’étirer mais qui ne s’étire pas assez
pour combler la distance entre
ta bouche et ma bouche, 
entre l’or de tes cheveux et 
l’écaille du poisson bleu.

COULON Cécile

25/08/2019

Chocolat au bon lait des Alpes ou fromage ? 🤔