Le cadeau des anges… Suivi par « Une longue route »


Photo à la une: en petite Sibérie suisse (fin de l’ hiver 2019)…. on the road again….

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Le silence est le cadeau des anges dont nous ne voulons plus, que nous ne cherchons plus à ouvrir. –  Christian Bobin…. 

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The Sound of Silence Original Version from 1964….

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UNE LONGUE ROUTE

Je voudrais une longue route de sapins et de rivières
traversée par des sangliers bossus à la nuit tombée,
pas plus large qu’un camion qui transporte des chevaux
à la foire communale où ils seront vendus et montés.

Je voudrais cette longue route pour lier entre elles
tes maladresses et mes impatiences :
une route si longue et abîmée qu’on aurait le temps
de réfléchir à ce que l’on se dirait avant de se retrouver,
et bien sûr, avant de repartir.

Je voudrais que tu prennes cette route avant les premières neiges :
après les pentes attraperont le gel. Tu penses que le froid ne dure qu’un temps.
Mais tu sais, quand on écrit des livres et des poèmes,
un temps ça dure tout le temps.

Je voudrais une longue route de racines qui entrent et sortent de la terre
comme des tendons d’écorce et de mousse sous nos pieds :
nous enjamberons les muscles des grands arbres, nous passerons
entre leurs bras tendus. Je sais que tu aimes les arbres et la forêt,
les arbres et la forêt, eux, ne t’ont jamais déçue.

Je voudrais prendre cette route avant la dernière jeunesse :
après tes pentes s’immobiliseront. Je glisserai dessus comme la pluie
sur le dos d’une oie sauvage : tu ne me sentiras pas, tu seras déjà loin.
Je te le dis en baissant la tête, ce soir il y a vingt années de colère
qui se noient dans ma page.

Je voudrais cette longue route entre ton passé et le mien :
nous pourrions y croiser des voyageurs inconnus,
qui ont été dans ta vie ou chez moi.
Nous leur poserions des questions, ils répondraient
souvent : c’est fini mais dites-lui que je l’aime. Alors ils ouvriraient
la main et dedans, au milieu, nous verrions maintenant menotte ou la tienne.

Je voudrais une longue route de bords de lacs et de balles de foin,
les bornes indiqueraient combien de kilomètres entre ici et là-bas,
entre ta gêne et ma tristesse, entre ton sourire et ma fossette.
Je voudrais une route assez longue pour épuiser la vengeance.

On partirait des hautes terres, on arriverait à plat ventre dans le sable,
je voudrais réussir là où les fièvres se confondent,
je voudrais une route assez longue pour que nous puissions la faire
ensemble.

Cécile COULON

Il y a des êtres qui justifient le monde, qui aident à vivre par leur seule présence. – Albert Camus, Le premier homme…

 Très peu présente sur la blogosphère en ce moment  ( encore moins sur Facebook) – déplacement oblige, je tenais néanmoins à partager avec vous ce tout dernier poème  de Cécile Coulon – coup de coeur ! qui m’offre l’occasion de vous souhaiter une excellente première semaine de décembre.

Je continuerai, bien sûr, à  passer sur les blogs amis, comme je le fais déjà: un peu chaque jour, chacun son tour.  Et à répondre aux derniers commentaires. J’ai pris du retard ce week-end,  mais dès demain matin, »à l’heure où blanchit la campagne », je m’y mets.

Merci de votre fidélité à mon blog. Prenez soin de vous, à bientôt.

Je vous embrasse.

SOlène

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The sound of silence… DO NOT DISTURB


-Me voici donc seul sur la terre n’ayant plus de frère, de prochain, d’ami, de société que moi-même (…) Mais moi détaché d’eux et tout, que suis-je moi-même ? Voilà ce qui me reste à chercher…

Jean-Jacques Rousseau –Rêveries d’un promeneur solitaire

-Enfin ça doit être votre chemin à vous… Par là tout seul… C’est le voyageur solitaire va le plus loin…

Céline –Voyage au bout de la nuit

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Rien qui inspire en tout cas comme ce ballet céleste : ça dansote, virevolte, s’éparpille en silence solennel, que tout ici semble happé comme par enchantement pour la nuit, l’hiver, la vie entière… ou pour un un voyage au plus profond de soi -SOlène Vosse, L’orage ou la flûte, le Blablablog.com (roman)… 

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Souvent les choses sont difficiles à croire lorsqu’elles paraissent trop belles pour être vraies. C’est comme la douceur irréelle de cette fin d’après-midi, que  le soleil fait briller de tous ses rayons sans faire fondre l’épaisse couche de neige qui recouvre le paysage à perte de vue…

C’est ce même soleil qui après m’avoir réchauffé le cœur se superpose à la réalité qu’on pourrait bel et bien prendre pour le fruit de notre imagination en oubliant soudain qu’un ciel de cendre s’assombrit pourtant sur le sommet de la montagne…

J’ai éteint mon smartphone, débranché le téléphone  fixe, fermé les volets, et j’écoute Simon and Garfunkel, Sound of the silence…

DO NOT DISTURB

S’enfermer entre quatre murs, ne plus carburer qu’au breuvage de monsieur Nespresso, grignoter des p’tits beurre Lu  en lâchant noir sur blanc ses idées foireuses comme d’autres des perles silencieuses et  se laisser  pousser les poils aux jambes en s’en fichant pas mal, c’est somme toute le prix à payer de la concentration.

Et puis tout à sa recherche éperdue d’écriture, écrire, écrire… Ecrire comme ça, jusqu’à pas d’heure. Ecrire et rien d’autre.

 SOlène

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“La lumière est dans le livre. Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire.” – Victor Hugo…

« La profondeur des choses de la vie est un miracle quand elle se voit à la surface… Vous ne trouvez pas ? C’est drôle cette quête d’infini… c’est drôle ce trop plein d’émotions que je ramasse dans l’imaginaire, et dont je pourrais presque faire un bouquet pour l’offrir à mes amis, dans la vraie vie… Un bouquet que je vous invite à renifler tellement que c’est bon ! » – SOlène:

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