Synchronicités…


Je n’ai rien pris à personne. Dans ce domaine, on ne peut prendre que ce qui est libre ou libéré. – Maria Casarès, Résidente privilégiée*, Fayard ( 1980)…. 

Page 355 ( Livre de poche)

Synchronicité… cette phrase de Maria Casarès, je l’ai dite, il n’y a pas bien longtemps, mais en tout cas, avant de commencer à  lire Résidente privilégiée, voire même avant de connaître l’existence de cette autobiographie qui date pourtant de 1980. Et dans laquelle elle dit aussi que Camus fut pour elle « à la fois, père, ami, amant et fils, parfois », ce que je dirais de l’homme que j’aime, si comme elle, je pouvais enfin « rompre le silence ». Père, ami, frère, amant…. euh, fils peut-être pas, du moins pas encore. Ça pourrait venir – notez, tellement il est grand enfant, parfois…

Camus, Casarès…  j’ en ai déjà beaucoup parlé ici  lorsque je les lisais dans Correspondance*  ( 1944 – 1959 ), 865 lettres, 1300 pages…  Et ce, au moment juste où  mon histoire commençait.  Comme un fait exprès.

Camus, Casarès… une passion physique proclamée sur tous les tons… une passion sur laquelle aussi planait malheureusement toujours la menace, réalité de son impossibilité…

(Hé oui, sur toute la ligne : synchronicités…. )

 » Quand on a aimé quelqu’un, on l’aime toujours »  confiera-t-elle bien des années plus tard après la mort de Camus.  » « Lorsqu’une fois, on n’a plus été  seule, on ne l’est plus jamais ».

Quand je vous le dis: n’est-ce pas ce que j’ai fait dire à  ma Lally dans   » Bétail  intime, journal d’une conne qui se soigne »? ( Phrase que l’on peut facilement retrouver dans un des précédents  billets)…

Les enfants du paradis, Les dames du bois de Boulogne, La chartreuse de Parme et Orphée, les quatre films les plus marquants tournés par Maria Casarès.. Elle fut également reconnue comme l’une des plus grandes tragédiennes françaises dans la seconde moitié du XX e siècle….

Maria Casarès: née le 21 novembre 1922  à la Corogne en Galice, et morte le 22 novembre 1996, à Alloué en Charente…

Actrice de cinéma et de théâtre, et grand amour ( interdit) d’ Albert Camus.

Alloué, commune du Sud Ouest de la France dans le département de la Charente, à l’ouest de Confolens. Sur la rive droite de la Charente, en amont du village, le domaine médiéval de la Vergne fut la maison de Maria Casarès entre 1960 et 1996, date de sa mort. Sans descendance, Maria Casarès  l’a léguée à  la commune d’Alloué.

C’est aujourd’hui une résidence  d’artistes et d’auteurs. Visites, spectacles etc ! Et comme, en plus,  c’est tout près de chez moi, avant de la fin de l’été, j’irai la visiter.

A propos de la relation Albert Camus et Maria Casarès, la correspondance est à découvrir à la maison Maria Casarès jusqu’au 22 août.

Si vous passez par là: 05 45 31 81 22

WHAT ELSE ?

Les théories de la synchronicité, ou les différentes approches de l’ordre sous jacent qui préside aux manifestations du hasard, informations, archétypes, champs morphiques, formes pensées, psyché quantique ?

Psychologie analytique developpée par C. G. Jung…. synchronicités, ou ces heureuses coïncidences qui nous (re) connectent à  notre intuition…

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L’âme aussi, si elle veut se reconnaître devra se regarder dans une âme. – Platon…. 

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Car comme pour les rêves, tout cela se passe de manière  à ce que les événements ne soient pas un hasard, mais qu’ils servent à  faire évoluer une personne à  un moment précis de sa vie….

Je n’ai rien pris à personne. Dans ce domaine, on ne peut prendre que ce qui est libre ou libéré; et il ne m’est jamais venu à l’ esprit dans la passion dépassée et l’amour règnant de me formaliser des liens nouveaux qui pouvaient  l’attacher à  quelqu’un d’autre; comme de son côté, il n’a jamais cherché  à  combattre ceux que je nouais avec d’autres que lui. Et s’il est vrai aussi qu’à ce moment-là, nous nous sentions rassurés l’un de l’autre, que rien ne pouvait nous faire douter et que sûrs d’être  élus l’un par l’autre, tout devenait possible, il n’empêche que pour en arriver là,  l’un comme l’autre nous avons du vaincre en nous pour dépasser la période risquée et tourmentée de l’épreuve, toute idée conventionnelle  du monde  où nous nous mouvions et qui était en nous, toute tentation de possession abusive, tout ce en quoi la vanité  peut se déguiser, et le plus difficile, l’orgueil qui nous tenait l’un comme  l’autre, et qui criait chez l’un comme chez l’autre sa soif intarissable d’absolu.  – Maria Casarès, Résidente privilégiée ( pages 355 et 356, Livre de poche)….

Coup de coeur

Ce foutu orgueil, qu’au soir du 30 juillet, je décidai de mettre dans ma poche avec un mouchoir dessus, une bonne fois pour toutes

SOlène

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La vie est une pièce de théâtre: ce qui compte, ce n’est pas qu’elle dure lontemps, mais qu’elle soit bien jouée. – Sénèque…. 

« DEVIENS CE QUE TU ES »… SUIVI PAR « ROMPRE »


Citation attribué à  Nietzche mais qui a été  dite pour la première  fois par le poète grec, Pindare, et aujourd’hui slogan beaucoup repris par la pub à l’image de Nike. 

Deviens ce que tu es 

Oui mais quand bien même Nietzsche n’a pas prononcé  cette phrase, on notera que toutefois, elle résume parfaitement  en une formule, on ne peut plus concise l’essentiel de son message philosophique: « deviens ce que tu es »…  devise de ce que le célèbre  moustachu appelle le  » Surhomme »  ( qui peut aussi, bien sûr, être  une « Surfemme » ).  Bon, on l’aura compris, il ne s’agit pas d’être Superman, ni une warrior (et quoi que! );  non, plus sérieusement, pour lui, Nietzche, il s’agit d’être capable de se dépasser en permanence ( c’est être, entre autres, celui qui n’a pas peur de souffrir pour accomplir son destin), c’est dire  » oui » à  la vie, c’est l’aimer…  c’est aimer son destin (amor fati)…

Enfin pour Niezsche, le « Surhomme » est créateur  d’idées et de formes nouvelles, c’est un artiste aussi; selon Nietzsche, pour qu’un être humain puisse réaliser le potentiel du  » Surhomme » qui est en lui, il doit faire naître en lui-même, celui qu’il est vraiment.

C’est bien beau tout ça, mais à quel prix une telle renaissance ? Vous demanderez-vous, peut-être…  Eh bien, solitude, incompréhension, voire même  persécution et trahison. Ce qu’a, en tout cas, subi Nietzsche.  Ajouté à cela sa rupture avec Lou Salomé, et qui a été  un véritable coup de grâce  Mais pourtant… oui pourtant, ce qui ne l’a pas tué, l’a rendu plus fort: il a écrit par la suite ses livres les plus célèbres.

Tout ça  pour finalement  vous dire que l’idée de devenir l’être  que nous sommes est encore aujourd’hui et plus que jamais d’actualité, et bel et bien au coeur du sujet du développement personnel et de la quête de son moi authentique. Une tendance dont le psychiatre suisse Jung* est l’initiateur incontestable avec son concept de processus d’individuation.  L’harmonie individuelle passe par la réconciliation entre la partie consciente et la partie inconsciente de notre être. Je peux devenir ce que je suis uniquement si j’ai le courage d’affronter mes démons intérieurs et à  les apprivoiser dans le but d’en faire des alliés plutôt  que des adversaires. Ce qui suppose bien évidemment une capacité à  ne plus nous identifier avec notre « personna », masque social que nous portons tous, et à assumer notre moi profond, y compris notre part d’ombre.

Et oui, il est des matins où  ça  cogite sérieusement là-dedans.

🤔

PS: à  savoir par ailleurs que Jung* a eu l’honnêteté de reconnaître  tout ce qu’il devait à  Nietzsche

ROMPRE

Rompre
avec celle que j’aurais dû être. 
Avec celle que j’aurais dû être avec toi. 
Ces deux-là ne sont pas les mêmes car avec toi
j’étais une personne
qui tentait d’avancer en baissant la tête ;
seule je suis
une personne qui baisse la tête pour ne pas voir
les autres avancer plus vite que moi.

Rompre 
avec l’idée que nous sommes tous prêts au pire pour du pognon. 
Alors le pire n’est plus le pire, juste un terrible pas de côté
mais enfin 
il faut bien voir grandir les gamins, soutenir les vieux et
offrir une partie de campagne à celle ou celui qu’on aime.

Le corps est fermé aux attitudes tendres et c’est comme mourir
avec une peau de jeunesse et de succès. Ce n’est pas normal, 
cette sensation de mort dans ce ventre doux. On se répète chaque jour
qu’on va devoir mourir longtemps.

Rompre 
avec celle que j’ai été entre ces quatre murs
de la maison de l’Yonne où nous écoutions la radio le matin et les grenouilles
le soir. 
Avec celle que j’aurais dû être si réussir avait été 
une question de chiffres plus qu’une
affaire de lettres. 
Combien de vies je laisse derrière moi pour en inventer une seule ? Trois :
le visage que j’ai eu, le visage que j’ai vendu, le visage que je n’aurai jamais.

Je n’ai plus peur. L’idée qu’il reste en moi 
une infime couleur, à peine une nuance,
visible seulement pour une âme soeur
me rassure : je vais passer le reste de mes jours 
à les gaspiller.

Rompre 
pour des jours qui vont moins vite qu’une année, pour
des jours où 
j’apprends les leçons de l’écriture : un mot contient un monde. 
Je me souviens, en descendant du bus je prenais
le trajet le plus long pour rentrer à pied, 
simplement parce que
j’étais certaine de n’y croiser aucune connaissance : 
ainsi, personne n’assisterait, dans cette ville que j’aime,
au désastre de mon visage fatigué.

Je n’ai plus peur parce que je n’ai plus rien.

 

COULON Cécile

 

WHAT ELSE ?

Pas de lumière sans ombre*

(Clic*)

Je ne suis plus celle d’hier. Je ne sais pas encore comment je serai demain. Mais je peux vous dire comment je suis aujourd’hui avec mes hiers. – Alda Merini…

 

Un tit punch with me ? Ça  ouvre l’appétit…

🍽

 

Ah, et puis je tenais à partager  l’article  paru dans Var matin le 1er août dernier et qui parle du livre de Line Peysselier.

Une de mes prochaines lectures, je vous en reparlerai car je m’en réjouis.

Merci d’avance pour l’accueil que vous luis réserverez.

Coeurdialement

SOlène

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