Une rose, un café et…. quelque chose qui n’est pas de ce monde


Les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d’eux. – René Char, Sept saisis par l’hiver ( In chants de la Balandrane, Gallimard 1977

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Traversant tous les bruits du monde avec ma fleur â mes côtes 

Me nourrisant à chaque seconde de sa douceur et sa beauté 

J’ai croisé un ruisseau immonde qui a cru bon refléter

L’image d’un monstre aux plaies profondes

D’un guerrier triste et abîmé… 

🎧

Comment ma rose peux tu subir pareille offense à  ta splendeur

Et comment puis je réussir à  oublier qu’elle fut l’erreur

De t’arracher à  ton jardin à cause d’un vide dans mon coeur

Mais elle m’arrête  et puis m’embrasse

Ma rose rit et moi je pleure

Ma rose, ma rose, ma rose… 

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Justement avant l’été,  j’ai découvert  à  Niort* une maison entourée d’un jardin rempli de roses de toutes les couleurs; celle de mes p »tits chatons, mes bouffées  d’amour…

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Aussi comment aurais-je pu commencer cette journée de rentrée, autrement qu’avec une rose, un café et…. quelque chose d’autre dont toi et moi, nous ne nous parlons plus depuis longtemps…

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Hier après-midi je me suis fait couper les cheveux; je les ai fait couper super courts, comme je ne les ai jamais eus, pour qu’ils n’aient plus la couleur du blé, parce que celle que je suis aujourd’hui, n’est plus celle qui s’en est allée  au début  de l’été.

Et puis, hier soir, je me suis endormie sur le canapé  devant la télé; j’ai même loupé La Grande Librairie que je vais regarder tout à  l’heure en replay*, après t’avoir écrit le brouillard que j’ai devant les yeux, et qui ne demande qu’à  se transformer en pluie depuis que j’ai compris que, le bonheur, ce n’est pas la lune, le bonheur c’est de t’aimer de cet Amour-là, qui n’est peut-être  pas fait, en effet, pour le monde dans lequel on vit.

Et pourtant dans ce monde dans lequel on ne peut vivre sans armure*, une chose est sûre: en dépit du temps qui s’est écoulé et de nos erreurs de parcours, je t’aime purement et simplement. Encore et toujours.

SOlène

WHAT ELSE ?

Albert Camus, préface à l’édition américaine de la pièce « Le malentendu » (1957)

Ce monde tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément, mais qui ne soit pas de ce monde. – Albert Camus… 

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Beau, très  très  beau week-end à  tous.  A bientôt  sur vos blogs. Et au plaisir de vous lire.

Coeurdialement

SOlène

Tu me vertiges… Suivi par « Une sorte d’église »


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Paris, 6 juin 1944

Maria rit, dévalant l’escalier à toute allure et tenant la rampe. Camus la suit et lui crie:  » Attendez-moi ! » . Il la dépasse,  mais elle trébuche sur la dernière marche et il la rattrape au vol.

– Vous ne vous êtes pas fait mal ?

– Non, tout va bien, dit-elle toujours en riant.

Ils viennent de quitter la fiesta organisée chez Charles Dullin. Camus prend sa bicyclette adossée au muret dans la cour de l’immeuble, et ils sortent côte à côte,  font quelques pas rue de la Tour d’Auvergne, échangeant  des paroles anodines. Ils retardent le moment de se quitter, mais finalement  Camus enfourche son vélo,  » Je vous raccompagne? « , propose-t-il, espérant que Maria dira oui.

Elle ne demande que cela. Mais pour ne pas avoir l’air trop délurée, elle fait semblant d’hésiter, puis lui répond simplement: « Et pourquoi pas ? « .

(… )

Ils roulent à vive allure le long des quais de Seine et sa robe légère se soulève. Le vélo tangue, manque de chavirer….. Il pourrait se transformer en tapis volant. Maria renverse légèrement sa nuque en arrière, pointe son doigt en direction d’une étoile.  » Vous avez vu? C’est l’étoile  du berger qui scintille. « 

Est-ce un signe ? Elle le prend comme tel. Elle aime et guette les messages du destin. Une belle coïncidence, songe-t-elle, dans ce ciel si pur. Ils semblent être  seuls au monde dans ce Paris qui s’éveille.

Ce matin, au bureau, Camus vient de recevoir un pneumatique. Elle a simplement écrit: « Tu me vertiges ». Il l’appelle.

(…)

– Je brûle  d’amour pour toi, Maria.

– Moi aussi. Viens vite.

Tu me vertiges, est le roman d’une passion; l’histoire de l’amour interdit de Maria Casarés et Albert Camus. « Interdit » au nom de quoi, d’ailleurs ? « La morale bourgeoise » dont ni l’un ni l’autre n’ont jamais réussi à  s’affranchir  Mais quoi qu’il en soit, c’est une très  belle histoire d’Amour ( Amour avec un A majuscule) entre deux êtres follement épris de liberté,  et de l’un de l’autre.

Pour le coup, le mythe Camus, Prix Nobel de littérature, devient humain, amoureux et à  la fois séducteur. Mais séducteur intellectuel ( oui, quand même), grand intellectuel voire même….  Au détour  des pages, on croise Sartre et Beauvoir, Leiris, Bataille, Claude Simon, Picasso…. bref, le Paris intellectuel germanopratin  du Café  de Flore…. Et c’est somme toute assez fascinant.

En tout cas, un livre passionnant,  drôle  et plein de vie…. enivrant, j’ai envie de dire,  et en même temps super émouvant…. Un livre qui, au passage, (re) donne des couleurs à  une période sombre de l’Histoire, celles éclatantes du bonheur….  Et  des envies de (re) lire toute l’oeuvre de Camus comme de revoir ou de découvrir tous  les films en noir et blanc avec Maria Casarès…

Tant qu’il y aura des livres, de l’amour et du café, alors on pourra dire que, oui, la vie est belle. – SOlène….

QUATRIÈME  DE COUVERTURE

En 1944, Maria Casarès et Albert Camus se croisent lors d’une soirée chez les Leiris. Elle est espagnole, ardente et comédienne en vue; il a récemment publié  son roman L’Étranger, fréquente Sartre et Beauvoir à  Saint-Germain-des-Prés, haut lieu de l’intelligentsia parisienne.

Très vite ils deviennent  amants et vivent leur relation  incandescente et secrète dans les rues de Paris, les théâtres et les clubs de jazz. Mais la guerre se termine et l’épouse de Camus le rejoint à  Paris. Maria décide de rompre.

Deux ans plus tard, leur histoire reprend, traversée de tempêtes et accalmies. Pour Camus, Casarès  est  » l’Unique ». Elle restera, par par-delà la mort, le grand amour de sa vie.

L’auteure, Florence M. – Forsythe,  comédienne, metteur en scène, était liée à Maria Casarès par une amitié profonde et complice.

WHAT  ELSE ? 

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Dans la famille des chanteurs poètes, je demande…. Daran ! Né  le 4/4/ 1959 à Turin (Italie), Jean-Jacques de son prénom, Daran est un compositeur interprète français. Une musique qui vient du blues et surtout du rock…. il a composé  pour Johnny, Maurane, Sylvie Vartan, Florent Pagny…  collaboré avec Yaroll Poupaud ( Déménagé 1997)… 

Il est maintenant installé au Québec.

Je nous veux sans frontières, sans limites et sans lois
Je veux te respirer, te vivre et vivre en toi
Et croire qu’avant nous tout ça n’existait pas

 

Je voulais pour nous deux bien mieux qu’une croyance
Alors je t’ai trouvé une sorte d’église
Dont les murs ne sont pas couverts de faïence, ni de marbre
Les vitraux je les brise, les piliers sont des arbres
L’autel est un rocher tapissé de lichen
On y parle, ni pardon, ni péché
On n’y fait pas l’commerce de douleurs et de peines
On n’y adore ni Dieu ni Diable
Mais la beauté des corps et le sort qui a mis ton amour
dans mes veines
[Refrain]:
Nous deux, nous méritons bien plus haut qu’une voûte
Alors je t’ai trouvé une plaine sans routes
Et sans autre limite que les points cardinaux
Et sans traces que celles de nos chevaux qui absorbent
l’espace
Au sommet d’une colline j’allume une flamme
Pour qu’on sache qu’un homme une femme
Fêterons sous la Lune la nuit de l’origine
Sacrifice au bonheur de leurs âmes, au futur de leurs fils
Ici les Dieux s’adorent sans aucun artifice
[Refrain]
Et croire qu’avant nous tout ça n’existait pas {x3}

COUP DE COEUR

Phrase d’Arletty dans le film de Marcel Carné, « Les enfants du Paradis »….

 

Pour info:

Du 11 au 15 septembre 2019 à La Rochelle, Festival de la fiction

Clic ICI

Et

Du 26 au 29 septembre, MM Festival revient à La Rochelle pour une troisième édition

Pendant quatre jours, des concerts et des rencontres musicales seront tour à tour organisés dans des lieux emblématiques du patrimoine rochelais et d’autres lieux plus inattendus. Plus d’une trentaine d’artistes seront présents.
La programmation du MM Festival invitera le public à découvrir et à partager un large répertoire musical de la Renaissance à la création contemporaine. Tout au long du festival, elle tissera également des liens avec l’histoire, le patrimoine, la littérature, la facture instrumentale.
Réservations (et informations complémentaires :

Clic ICI

Douce soirée à tous !

Merci de votre fidélité à mon blog

A bientôt

Coeurdialement

SOlène

🌹