Il y a toujours un rêve qui veille… « Bétail intime », avant propos


La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l’affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un cœur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager.

Paul Eluard, Derniers poèmes d’amour

L’inspiration est moins forte que la passion. L’une fait souffrir, elle est belle et folle. L’autre guérit et console. – Guy de Maupassant….

 Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne *, roman  ( article protégé, mais si vous êtes  abonné  à  ce blog, il vous suffit de demander le mot de passe par message privé : solenev79@gmail.com)

AVANT PROPOS

Voilà  à trente trois ans moins deux mois je suis entrée dans le monde des adultes. Je vous épargnerai les longues agonies silencieuses de mes illusions. Et je ne reviendrai pas, non plus, sur cette espèce de chagrin d’amour qui ne m’a pas lâché  la grappe des mois durant, limite le vieux rhume dont on n’ arrive pas à  se débarrasser. Été hiver à  renifler comme ça, la larme à l’oeil pour un oui pour un non …. genre le truc, t’as beau dire, t’as beau faire, dire c’est bon maintenant et faire la grande qui va de l’avant, c’est comme si t’ avais marché  sur du chewing-gum, ça  te colle aux semelles, ça te suit partout et, mine de rien, t’avances pas. Même  que certains moments, tu crois être   arrivé  au bout de ta vie, alors que c’est juste toi qui sait plus quoi faire d’elle. Tout ça  jusqu’à  ce que, un beau jour -ô miracle ! la vie tu la respires  à plein poumons de nouveau  -pas trop tôt, me direz-vous !

Toujours est-il que vous l’aurez  compris: ce jour-là  était  arrivé  pour moi.  Ça sentait partout dans l’air la chlorophylle  de l’herbe fraîchement coupée. Mais pas que. Je réentendais les oiseaux. Le rock hard de mes pensées  s’étaient arrêté  pour les laisser chanter.

On était, Mina, Coco et moi attablées en terrasse place Armand Carrel à Paris  – à quoi ? Cent mètres, deux cent peut-être, de l’entrée  principale du parc des Buttes Chaumont *.

Je sirotais mon café en rêvassant. On venait juste de prendre nos billets d’avion pour notre premier séjour  à New York, le soleil me faisait de l’oeil et je humais avec bonheur le vent léger  d’avril pendant que Mina et Coco parlaient entre elles de leurs hommes respectifs. Je les entendais sans vraiment les écouter. Mina  soupçonnait son chéri  de la tromper avec une ex à  lui, retrouvée  sur Facebook.  « Une pouf », comme de bien entendu. Coco quant à  elle, était  super vénère contre Chouchou qui ne lavait jamais ses crachouillis de dentifrice dans le lavabo -c’était pourtant pas faute de lui dire ! Et patati patata, sur le ton de la pleurnicherie pour Mina et de  la colère à peine contenue  pour Coco ( on sentait, en tout cas, que le Chouchou il passerait un sale quart d’heure quand Coco serait de retour à  Vichy). J’avais envie de leur dire: tout va bien, les filles, y’a pas mort d’homme, il fait beau, les p’tits oiseaux chantent. Non mais c’est vrai, quoi , il y a des choses plus graves que ça  dans la vie.

Puis, j’ai réalisé  que je n’étais peut-être  pas la mieux placée pour me la ramener d’une façon aussi rabat-joie , et que si mon journal intime ( autrement dit mon psy silencieux de papier) était  une personne, il se serait bien marré. Aussi, c’est à  ce moment-là que j’ai dû  décider que lui et moi, on arrivait à  un carrefour de la vie où  je me sentais de taille à  continuer ,sans lui, la route que je me serais choisie. J’avais tout bien réglé  la boussole de mon âme. Et à quel prix ! Je pensais, entre autres, aux nombre d’arbres dont on avait sacrifié la vie dans les forêts pour que je puisse faire ma vidange d’esprit et mettre sur le blanc papier toutes mes idées noires, grises ou roses, voire tout le bordel  contenu dans ma tête. Pour dire:  il était  temps d’arrêter  le massacre.

Oui, c’est ce jour-là, à  ce moment-là plus précisément,   alors que je pensais aux arbres des forêts, que je suis -je crois,  vraiment rentrée  dans le monde des adultes. Trente trois ans moins deux mois, exactement,  à  peine l’âge  du Christ  quand ce dernier a été crucifié  sur la croix. (Encore que, il ne fallait pas que je pense trop à  la couronne d’épines, les clous dans les paumes de ses mains et dans  ses pieds,  tout ça  pour sauver nos âmes  -pauvres pêcheurs  que nous sommes, je me serais mise à  chialer, sinon)

J’ai eu un bref et  léger frisson d’émotion, j’ai essuyé l’humidité de mes yeux et je me suis dit que c’en était  fini des « Matt par ci Matt par là »  ( je m’étais  fatiguée  toute seule de ne parler que de lui); Que mon journal….  ‘journal d’une conne qui se soigne »* -excusez moi du  peu-  je me passerai de ses services tout de suite après les 7 jours dans la Big Apple *.  Mais avant ça,  j’allais mettre  en vente sur  » Le bon coin » les meubles de salon de mon père (dont celui-ci avait lui-même hérités de sa mère, à La Rochelle)  et m’offrir enfin le canapé  d’angle en cuir et  la table basse en verre dont je rêvais depuis des mois.

Evidemment, pour l’heure, j’étais loin de me douter que quelque temps  plus tard je retomberai sur ce fameux journal en rangeant le grenier, ni que je le relirai  au dessus de l’Atlantique dans l’avion d’Air Canada, et encore moins que j’en écrirai la fin en Gaspésie*, à la suite d’un événement bouleversant.

Pour l’heure, on était  Mina, Coco et moi, attablées  en terrasse sur la Place Armand Carrel. Laissant  les filles parler entre elles, j’ai sorti mon smartphone et les écouteurs de mon sac, puis j’ai cherché  sur Deezer cet opéra jazz  d’Ibrahim Maalouf et  Oxmo Puccino, Au pays d’Alice, adapté du conte Lewis Carroll,  parce que j’avais  besoin de ça,  de rêve et de magie. Pour garder encore longtemps mon coeur d’enfant.

Je vous laisse. Bonne lecture !

SOlène*,  le 06/09/2018

(Tous droits réservés)

Ce ne sera peut-être pas la couverture définitive. Je fais des essais. Puis je travaille sur la 4e ce week-end. N’hésitez pas à me donner vos avis. Les critiques constructives sont les bienvenues. Merci d’être là. ♡

Catégorie: « Bétail intime »*

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