« SEVENTEEN »…. SUIVI PAR « UNE DOUCEUR QUI SE DÉPÊCHE »


I know you wanna

I think that you’re all the same

Constantly being led astroy

He’s thinking of something you don’t

(… )

Sun coming up 

Who is my shadow ?

(…)

I used to feel free

What it just a dream

 

Des paroles d’une chanson en anglais qui rentrent par une oreilles et sortent par l’autre..  Une chanson avec laquelle pourtant on s’enveloppe parce qu’elle est emprunte d’une douce nostalgie… Si je n’avais pas écouté Remind Me Tomorow  l’album dont Seventeen est extraite, je crois que je n’aurais pas écrit ce billet.

Parce qu’il y a des dimanches comme ça où on est là, entre  cette douce mélancolie et  l’étrange attente d’un renouveau, peut-être même juste quelque chose de beau…. cet interstice de densité et de légèreté,  l’ entre deux d’odeurs de café et de jardin après la pluie, d’ombre et de lumière, d’un reste d’amour et d’un relent de chagrin… Quand on s’apprête à  quitter quelque part, c’est un peu comme quand on quitte quelqu’un, il y a toujours un peu d’automne qui s’invite, et la mélancolie qui, soudainement, nous prend; la mélancolie du temps et de la vie qui passent sans qu’il ne passe rien, si ce n’est le temps qui prend de l’épaisseur et les couleurs de la chaleur….  On est là entre le livre qu’on vient de terminer, le mug de café vide  et le plaisir coupable d’écouter  en boucle une chanson dont on se fiche éperdument des paroles.

Sorti en janvier dernier, Remind Me Tomorow est le dernier album de la chanteuse américaine Sharon Van Etten. Lors de la sortie de cet album, elle avait expliqué que la chanson Seventeen, c’était  pour elle comme « une déclaration d’amour à New York ». Raison pour laquelle elle avait demandé  à  la réalisatrice Maureen Towey de filmer pour le clip tous ces endroits où  elle a vécu, où elle s’est perdue, retrouvée, auxquels elle a dit adieu ou qu’elle à découverts….

 » Ne plus jamais se perdre là où on s’est retrouvé, pour ne plus se retrouver là où on s’est perdu »

WHAT ELSE ?

PERDUE

 

UNE DOUCEUR QUI SE DÉPÊCHE

Je pensais rentrer chez moi dimanche
mais samedi soir me voilà devant la porte.
Je peine à ranger les jours de la semaine dans l’ordre.
Le petit salon de bois et de peinture blanche est vide,
la cuisine sent l’orange et le vinaigre,
un début d’hiver fait grincer les huisseries.
bientôt il faudra remplacer draps et oreillers
par traversins et édredons, bientôt il faudra
se couvrir. Bientôt il faudra prendre en soi
une grande inspiration pour souffler
sur les braises du désir.

Je traverse ce qui se passe dehors
comme une main d’homme traverse
une ruche pleine d’abeilles. Quand j’allume
la veilleuse dans ma chambre je trouve
mes livres ouverts sur le plancher, on dirait
des mouettes de papier endormies aux premiers
feux d’automne. Au courrier des poèmes,
des factures et le jeu de clés tout neuf pour
celui qui habitera ce refuge de rien du tout
dans deux mois. Bientôt il faudra prendre
des branches aux arbres de la nuit pour
construire dans une autre rue un autre nid.

Dans le train je tremble de tout mon coeur,
quelque chose a changé et je ne sais pas dire
quoi. Cela tient d’un geste simple : une
porte qu’on entrouvre, la corde du chien
qu’on détache. Cela tient d’une fulgurance
incertaine et timide.
Comment peut-on monter si haut tout
en ayant l’impression d’avoir raté une marche ?

Le sol sur lequel je pose un sac de vêtements sales
et de livres fabuleux est saigné d’ombres rouges :
sur le clocher de l’église le soleil accroche son dernier
ballon. Le noir revient hanter les rues où la lumière
se mouche. Des vieilles dames soupirent, le nez
dans une avèze : l’automne va être long, et nous
n’avons plus une larme à nous mettre aux paupières.

Oui, l’automne vient et l’attente sera belle.
Devant la porte d’un petit immeuble qui, bientôt,
ne sera plus ma maison, j’essaye de retenir
le peu qu’il reste.
Sur le fil dans la cour, les laines sont presque sèches,
on pend des nappes à fleurs.
Voilà ma vie : une douceur qui se dépêche.

COULON Cécile

05/10/2019

Regardez « Leonard Cohen Chelsea Hotel #2 Live » sur YouTube… Suivi de « Pour la petite histoire »….


I remember you well in the Chelsea Hotel
Je me souviens bien de toi à l’hôtel Chelsea…
You were talking so brave and so free…
Tes paroles étaient si courageuses et si libres…
Giving me head on the unmade bed
Tu me faisais une pipe sur le lit défait
While a limousine waited in the street.
Pendant qu’une limousine attendait dans la rue.
Those were the reasons, that was New York,
C’était les raisons, c’était New York
We were running for the money and the flesh.
On courrait après l’argent et la chair.
That was called love for the workers in song,
Ca s’appelait l’amour pour les ouvriers de la chanson
Probably still is for those of them left.
Ceux qui restent l’appellent sûrement toujours ainsi.

[Chorus]
[Refrain]
But you went away, didn’t you babe,
Mais tu es partie, n’est-ce pas (baby) ?
You just turned your back on the crowd.
Tu as simplement tourné le dos à la foule
You got away, I never once heard you say
Tu es partie, jamais je ne t’ai entendue dire
“I need you, I don’t need you” x2
 » J’ai besoin de toi, je n’ai pas besoin de toi  » x2
And all that jiving around.
Et toutes ces conneries…

I remember you well in the Chelsea Hotel

Je me souviens bien de toi à l’hôtel Chelsea…
You were famous, your heart was a legend.
Tu étais célèbre, ton coeur une légende…
You told me again you preferred handsome men,
Tu me répétais que tu préférais les hommes beaux,
But for me you would make an exeption.
Mais que pour moi tu ferais une exception.
And then clenching your fists for the ones like us
Et puis, serrant les poignets pour tous ceux qui comme nous
Who are oppressed by the figures of beauty
Sont obsédés par la (notion de) beauté
You fixed yourself, you said “Well, never mind,
Tu t’es shootée, tu as dit :  » finalement, on s’en fout,
We are ugly, but we have the music”.
On est moche, mais on a la musique… « 

I don’t mean to suggest that I loved you the best
Je ne veux pas dire que c’est toi que j’aimais le plus,
I can’t keep track of each fallen robin.
Je ne peux pas tenir compte de chaque rossignol qui tombe…
I remember you well In the Chelsea Hotel,
Je me souviens bien de toi à l’hôtel Chelsea,
That’s all, I don’t think of you that often…
C’est tout, (et d’ailleurs) je ne pense pas vraiment souvent à toi…

Bienvenue dans la grosse pomme !

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Idéalement situé 222 West 23 rd Street entré la 7e et la 8e avenue, l’hôtel Chelsea est un hôtel de luxe connu dans le monde entier, proche de Time Square, Central Park, Greenwich Village… etc ! Non seulement il accueille des personnes pour des courts sejours, mais également des résidents permanents, artistes, musiciens, écrivains qui désirent séjourner à New York, dont Léonard Cohen ( dans les années soixante) qui y a rencontré Jimmy Hendrix, Bob Dylan, Janis Joplin avec laquelle il a eu une aventure amoureuse.

Aussi l’hôtel Chelsea m’a inspiré plusieurs pages d’un chapitre dans la deuxième partie de mon roman « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne » .

Clic: ICI *

WHAT ELSE ?

A suivre: de la grosse pomme à Montréal, sur les pas de Léonard Cohen…

(Dans les prochaines heures ou jours, ça dépendra du temps disponible)

Bisous à tous, à bientôt !

SO

Une autre version que j’adore! Hyper émouvante…