Se mettre aux anges…. Suivi par « Poème sans titre »


Car tout est baratin
Luisant d’humidité
Une rivière dans la gorge
Qu’est-ce que je t’avais dit !
On se souvient qu’on aime
Par besoin de meurtrir
Hé ! Garde les yeux clos
On va se mettre aux anges

Nous voilà lieutenant
C’est la sortie d’un bal
Brillante de cyprine
Dans son juste milieu
On trouve sa mortelle
Les lèvres distendues
Salive que nos mots

On veut se mettre aux anges

Du venin dans les rêves
Partout ce règne atroce
Étouffant nos émois
De nuit dans un chiffon
Pour quelques centimètres
Munis d’un mousqueton
Hé ! Garde les yeux clos
On va se mettre aux anges

S’accomplit le désir
Par la gent féminine
Par la bouche qui suce
Au salut de nos âmes
En stricte intimité
Sous ta peau de faïence
Hé ! Garde les yeux clos

On va se mettre aux anges

🎧
J’AVAIS (PRESQUE) OUBLIÉ À QUEL POINT JE L’ AIME, LUI, SA VOIX HYPNOTIQUE, SES GUITARES, LES SONS DE SA MUSIQUE, SES TEXTES (CERTAINS SONT LITTÉRALEMENT ENVOÛTANTS)… ET IL DIT QU’IL N’EST PAS POÈTE  !
🎶
BIG COUP DE COEUR
« Gaie comme une italienne quand elle sait qu’elle aura de l’amour et du vin »….
WHAT ELSE ? 

Je ne vais pas t’appeler une fois par jour, ni même une fois par semaine.
Je ne vais pas te demander si nous pouvons aller au cinéma
ensemble,
ou au restaurant
ensemble.

Je ne vais pas te proposer de passer un weekend au bord d’un lac,
dans un hôtel très chic sur la côte au moment où les touristes
ne sont plus là.
Je ne vais pas t’écrire une longue lettre.

Je ne vais pas te poser de questions sur le passé,
je répéterai chaque fois que tu seras angoissée
que rien n’est grave.
Je dirai : je comprends, ne t’en fais pas,
si tu veux me quitter
je dirai : je comprends ne t’en fais pas.
Tu m’en voudras pour cela,
tu m’en voudras pour toutes ces choses que
je ne vais pas faire, pour toutes ces choses
que je ne vais pas dire,
tu penseras sans doute que je n’ai pas envie,
que je m’en fous.

Tu seras en colère à cause de mes poèmes.
Tu me diras que ce n’est pas normal que je puisse écrire
pour les autres
et pas pour toi et moi.
Je répondrai :
c’est mon métier.

En vérité je ne suis pas capable d’appeler, de demander, de dire
parce que j’ai peur
de tout :
d’être de trop,
d’être encombrante,
la vie passe elle nous bouscule et nous tournons sur nous-même
comme dans un dessin animé.
Je ne suis pas capable d’appeler, de demander, de dire
parce que j’ai peur
que tu te fiches de moi,
j’ai peur que tu t’affoles.
Je me demande très souvent : depuis quand est-ce devenu ringard d’être
amoureux ?

J’avance à tes côtés. Si je tombe ce n’est pas grave parce que
je tomberai à tes pieds.

COULON Cécile
Ma poètesse préféré…. Mon admiiration est inconditionnelle 😉
Poésie, poésie…. quand tu nous tiens !

« Le temps de vivre »…. Suivi par « Connaître par coeur » ( Cécile Coulon)


Photos à la une: Niort, les bords de la Sèvre et le clocher de l’église Saint André sur la colline qu’au temps jadis, l’océan venait lécher… Pied de nez à Houellebecq  😉

La vérité, c’est qu’il faut aimer avant de rencontrer la morale. Ou sinon les deux périssent. Ceux qui s’aiment  devraient naître ensemble. Mais on aime mieux à mesure qu’on a vécu et c’est la vie elle-même qui sépare de l’amour. Il n’y a pas d’issue – sinon la chance, l’éclair, et la douleur. – Albert Camus a  René Char, 7 novembre 1949…. 

Ne te courbe que pour aimer. Si tu meures, tu aimes encore.  – René Char ( In Fureur et mystère, Gallimard 1948)…. 

🎧

Nous prendrons le temps de vivre, 

D’être libres, mon amour

Sans projets et sans habitudes

Nous pourrons rêver  notre vie

Viens je suis là, je n’attends que toi

Tout est possible, tout est permis

🎼

Pendant une pause…

Eh bien voilà,  vous savez tout ( ou presque) : les prochains jours  (peut-être même les deux, voire trois semaines à venir), c’est avec eux, Albert Camus,  René Char et Georges Moustaki, que je vais les passer. Et mine de rien, ce sont les portes de mon univers que je vous ouvre en même temps que s’entrouvre le portail de mon jardin secret ( pourtant bien cadenassé jusque-là)…

Mais en attendant, pour bien commencer le week-end, place à la poésie. Cécile Coulon, encore et toujours. « Ma » Cécile Coulon, poétesse de talent et enfant chérie de « Mon Auvergne à moi, jolie *. Un poème qui a deux jours, trois à peine, et que  je lis, relis… jusqu’à le connaitre par coeur. Pour entendre ce qu’il me dit…

 

CONNAITRE PAR COEUR

 

Dans ce grand silence au milieu du vacarme
des chauffeurs de taxi usés par la lumière,
des vendeurs dans la rue sur le trottoir,
des cannes raides avec au bout la main
craquée d’une vieille dame
qui pourrait être ma grand-mère il y a cinq ans,
ma mère dans deux décennies ;
dans ce grand silence au milieu du vacarme
je comprends l’arrêt soudain de toutes choses
où tu te réfugies.

Alors nous nous couchons dans les ronces tendres
puisque nous n’avons plus mal d’être attaquées.
Dehors la cadence est malade et les visages tirés
vers le bas comme des bougies qui ont coulé.
Alors nous nous couchons pendant des heures
avec des livres ouverts au-dessus de la tête :
les chauffeurs de taxi, les vendeurs dans la rue,
les fous qui furent parents champions frères de nuit
ratissent le boulevard le corps un peu tordu.

Dans ce grand silence au milieu du raffut
où les puissants se fichent bien
des lueurs que nous avons cousues entre elles,
dans ce grand silence je chasse les indices
de ma jeunesse, je gomme les traces du trajet
des volcans aux terrils.
Ici le cerceau du succès n’en finit pas
de tourner autour des danseurs épuisés
comme une auréole mordue dans sa hauteur
et tombée telle une pierre autour d’un corps
qui meurt.

Alors je me couche dans des poèmes que je connais
par coeur pour muscler ma mémoire et soulager ma peine.

Dans ce grand silence au milieu du vacarme
j’écoute et je ne t’entends pas.
Mais j’écoute quand même.

Cécile Coulon

 

En Auvergne, la chaîne des puys ( volcans), un buron ( comme dans « Le T-shirt blanc, meetoc réel » * mon deuxième roman) et dans une ferme du massif du Sancy avec les vaches (normal j’avais pris la route du lait)…

Tout sur « Le T-shirt blanc, meetoc réel »

 

Le roman est un mélange de la vie qu’on a vécue et celle qu’on aurait voulu vivre. La poésie elle confie l’essentiel. C’est tout ce qui nous échappe et qu’on essaie de rattraper, tout ce qui reste de nous. – Cécile Coulon…. 

WHAT ELSE ?

Île de Ré, douce heure du soir au Bois plage…..

Article phare la semaine:

avoir toujours été celle que je suis et être si différente de celle que j’étais…

Allez comprendre ! Quoi que dans l’ensemble, ils ont tous été très bien accueillis. Merci à tous pour votre fidélité à ce blog.