LES OISEAUX


C’est une idée dans l’air

Un mot sur une page

C’est l’infini

La liberté, les voyages

Sur la branche qui craque,

Il est posé

Il n’est pas l’aile droite, ni la gauche

Il est l’oiseau

 Son instinct lui dit d’avoir confiance en ses ailes

Il ne se soucie pas de ce qu’il mangera demain

Petit à petit il fait son nid

Il chante aujourd’hui comme hier

Il chante comme il vole

Aussi fort qu’un coeur peut aimer

Aussi haut qu’une âme peut aller

Et si tu le mets en cage

C’est des nuages dont il rêvera…

SOlène

Le 20 novembre  2019

D’ailleurs, parce que le vent comme on dit, n’est pas à la poésie, ce n’est pas un motif pour que la poésie ne prenne pas son envol. Tout au contraire des vaisseaux, les oiseaux ne volent bien que contre le vent. Or la poésie  tient de l’oiseau. – Victor Hugo, Les feuilles d’automne…. 

Si les rues sont si grandes
C’est pour respirer
J’ai un oiseau dans le ventre
Je l’ai transporté
Jusqu’à toi pour le sauver
Quand tombe sur tes cils
Un voile de flocon
Si le froid qui habille
Les toits des maisons
Quand le ciel te fait des dons
C’est un endroit rêvé
Pour les oiseaux
Ils viennent s’y reposer
Quand leur cœur est gros
J’ai frappé a ta porte
Sans te prévenir
À l’âge des amours mortes
T’as su me cueillir
Dans tes bras pour me guérir
Je reviendrai m’étendre
Près 
COUP DE COEUR
Une petite sentinelle de silence veille jour et nuit sur notre coeur. Les mots d’amour lui apportent à manger. – Christian Bobin, L’éloignement du monde…. 

 

Week-end sur l’Île de Ré avec Albert, René et Georges


Votre fraternité – sur tous les plans – va encore plus loin que nous l’envisageons et que nous l’éprouvons. – René Char…. 

Il faut bien s’ appuyer sur l’ami, quand il sait et comprend, et qu’il marche lui-même  du même pas.  – Albert Camus…. 

🎧

Tu as des cicatrices

Là où je suis blessée 

Tu te perds dans ma barbe

J’ai tes poignets d’enfant

Tu viens boire à ma bouche

Et je mange à ta faim

Et j’ai tes rêveries 

Je ne sais pas où tu commences

Tu ne sais pas où  je finis… 

Grand beau soleil et ciel bleu aujourd’hui encore sur l’Ile de Ré. L’été n’a toujours pas dit son dernier mot, il est encore et toujours là. Aussi telle que vous pouvez me deviner à  l’heure où  je commence à  écrire ce billet, je compte bien profiter  de ce dimanche après-midi estival comme ça,  allongée sur le sable chaud en compagnie d’Albert, René et Georges…

Alors… alors….

René  Char, poète et resistant francais né  le 14 juin 1909 à  l’Isle sur Sorgue et mort à  Paris, le 19 février 1988.

Ma citation de lui préférée ( mise en exergue  dans  » Le T-shirt blanc, Meetoc réel ») : « impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils te regarder ils s’habitueront »

Une deuxième que j’aime bien: « l’impossible, nous ne l’atteignons pas, il nous sert de lanterne »

Jamais deux sans trois: « il n’y a que deux conduites avec la vie: ou on la rêve ou on l’accomplit »…. ( j’ai hésité  avec: « l’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant. »….

Albert Camus, écrivain Prix Nobel de littérature ( que je ne vous présente plus), né le 7 novembre 1913 à Mondovi en Algérie et mort accidentellement le 4 janvier 1960 à  Villeblin dans l’Yonne.

Citation préfèrée…. toutes ! Mais pour aujourd’hui ce sera: « le bonheur est la plus grande des conquêtes, celle qu’on fait contre le destin qui nous est imposé ».

Une autre me vient: « le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout » ( Le mythe de Sisyphe)

Et comme jamais deux sans trois: « rien au monde ne vaut qu’on se détourne de ce qu’on aime »….

Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres  qui vous libèrent et qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter qu’à eprouver. La vie d’aujourd’hui est trop dure, trop amère, trop anémiante pour qu’on subisse encore de nouvelles servitudes, venues de qui on aime. A la fin on mourrait de chagrin littéralement.  Et il faut que nous vivions, que nous trouvions les mots, l’élan, la réflexion, qui fondent une joie, la joie. (… ) C’est ainsi que je suis votre ami, j’aime votre bonheur, votre liberté, votre aventure en un mot, et je voudrais être pour vous le compagnon dont est sûr toujours.  – Camus ( 17/09/1957)

Je me pose tant de fois cette question à moi-même, pourquoi sommes-nous si peu, si brièvement avec ceux qui nous procurent bien-être et détente, repos de l’âme  et plaisir de l’esprit ? Fine et pernicieuse contradiction,  écume de malédiction plus grave peut-être.  – René  Char à Albert  Camus. 

Cette correspondance émouvante, c’est l’histoire d’une véritable et indéfectible amitié  entre deux hommes totalement engagés et à la fois follement épris de liberté.  Deux hommes, deux résistants jamais résignés, et complices. Deux êtres solitaires  qui pourtant aiment profondément la solidarité qu’ils pratiquent.

Fulgurances, incondescance…. il y a dans cette correpondance la beauté des promenades communes sur les sentiers du Lubéron; la beauté de la nature et la lumière provençale qui rappelle à Camus celle de son Algérie natale;  la beauté  des mots qui y met des couleurs en même temps qu’elle l’illumine .Magnifique !

Ars en ré

Vous l’aurez compris, un week-end placé  sous le signe de la solitude (choisie), de la liberté et du rêve. Mais pas que, de la beauté  par dessus tout.

Il y a peu d’homme aujourd’hui dont j’aime à la fois le langage et l’attitude. Vous êtes de ceux-là – le seul poète aujourd’hui qui ait osé défendre la beauté, le dire explicitement, prouver qu’on peut se battre pour elle en même  temps que pour le pain de tous les jours.  – Albert Camus à  René Char…. 

Ars en Ré: le matin, café au Clocher, et mojito ( sans alcool mais délicieux) en fin d’après-midi à La Tour du Sénéchal; en terrasse sur la place, face à  l’eglise toujours.

L’eglise Saint Étienne ( classée au titre des monuments historiques) et son célèbre clocher pointu blanc et sa flèche noire. Monument emblématique de l’île se détachant de l’horizon, il sert d’amer pour les marins dans les pertuis.

Coucou toi ! Qu’est-ce que tu fais là  comme ça tout seul ?

Euh, oui, moi aussi je suis seule – ce qui est mieux que d’être mal accompagné. Et je vais de ce pas chercher un endroit où assister au coucher du soleil. Après il sera l’heure de rentrer…

L’automne est un deuxième  printemps où  chaque feuille est une fleur. – Albert Camus…

Plus qu’à souhaiter une douce nuit à  mes aminautes. A demain lundi de bonheur. Et ce sera parti pour une nouvelle et belle semaine.

Coeurdialement

SOlène

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😉