« N’ayez pas peur de l’amour, amie de mon coeur »… Suivi par « Les aimants »


Lui: Khalil Gibran, immense écrivain arabe,  né  le 6 janvier 1883, mort le 10 juin 1931 et auteur de « Le Prophète », récit poétique et voyage initiatique qui, traduit en plusieurs langues, a fait le tour du monde

Elle: May Ziadah (11/02/1886-17/10/1941)… Libanaise née à Nazareth, vivant en Egypte, poétesse, écrivaine, essayiste, journaliste et femme d’excepion qui fût  pionnière  du féminisme  oriental.

Un jour ( bien avant la consécration  de « Le Prophète « ), May entre en contact avec Khaled Gibran. De cette première  lettre naitra une amitié exceptionnelle qui, au fil des années, se transformera de façon extraordinaire en un amour platonique qui va réunir deux êtres à  la recherche d’un « dieu intérieur ».

C’est ainsi, et sans jamais se rencontrer, qu’au travers de leur correspondance, ils vont construire et vivre un amour à  distance, incroyablement intense. Un amour uniquement epistolaire qui durera 19 ans jusqu’à la mort de Khalil Gibran. A partir de là, May renoncera à  toute relation amoureuse pour rester purement et simplement fidèle à Khalil Gibran. Et ce, jusqu’à  son dernier souffle en 1941, au Caire.

Alors, à nous qui avons eu peur, parfois, que notre amour soit trop fort et trop fou; pour nous, aujourd’hui,  cette lettre de Khalil Gibran à May Ziadah

N’AYEZ PAS PEUR DE L’AMOUR, AMIE DE MON COEUR

Le 26 fevrier 1924

🖋

 

Vous me dites que vous avez peur de l’amour ; pourquoi cela, ma tendre amie ? Avez-vous peur de la lumière du soleil ? Avez-vous peur du flux et du reflux de la mer ? Avez-vous peur du jour naissant ? Avez-vous peur du retour du printemps ? Je me demande pourquoi vous avez peur de l’amour ? Je sais que l’amour d’une âme basse ne peut vous satisfaire, tout comme je sais qu’il ne peut pas me plaire. Vous et moi ne saurons jamais satisfaire de ce qu’il y a de mesquin dans l’esprit. Nous voulons tout en quantité. Nous voulons tout avoir. Nous voulons la perfection. Je dis, Mary, que dans cette aspiration qui est la nôtre se trouve notre accomplissement, car si notre volonté n’était qu’une ombre parmi les innombrables ombres de Dieu, nul doute que nous atteindrions l’un des nombreux rayons de Sa lumière.

Oh ! Mary, n’ayez pas peur de l’amour ! N’ayez pas peur de l’amour, amie de mon cœur. Nous devrons nous soumettre à lui malgré ce qu’il peut nous apporter de souffrance, de désolation, de nostalgie, de perplexité et de confusion. Ecoutez, Mary : aujourd’hui, je suis dans une prison de désir, qui sont nés lorsque moi-même je suis venu au monde. Et aujourd’hui, je me trouve entravé par les chaînes d’une idée aussi vieille que les saisons de l’année. Pouvez-vous faire montre de mansuétude à mon égard, dans ma prison, afin que nous puissions émerger enfin à la lumière du soleil ? Resterez-vous près de moi jusqu’à ce que ces chaînes soient détruites et que nous puissions marcher librement et sans entraves jusqu’au sommet de la montagne ? Et maintenant, venez plus près, rapprochez votre front de moi – comme ceci, comme ceci, et que Dieu vous bénisse et vous protège, compagne bien-aimée de mon cœur.

 

Coup de coeur

D’une évidence  cruelle

D’un invisible pourquoi

Ce qui m’attire en elle

Ce qui la pousse vers moi

C’est une loi naturelle

(… )

Seraient-ce les dieux qui s’en mêlent 

Une force qu’on ne connait pas

Quand on a d’autres choix 

Pour un simple mortel

Que de vivre sans être  là

En plus je t’aime 

Au moins je t’aime

Au moins je t’aime

Ce sont les aimants

Qui veulent ça….