QUI EST CETTE FILLE ?… SUIVI PAR « LA FILLE DU TROISIEME »


Qui est cette fille
D’où vient cet émoi
Ce diamant qui brille
A l’entrecuisse de la joie

Qui est cette fille
Quel est cet amour
Que je déshabille

Dans l’ombre épaisse de la tour

Est-elle livide
Qui lui a conté
Malheureuse fille
La fausse trame que l’on est

Est-elle câline

Que dire à ce jour
Qu’elle se marie
Avec l’écorce de l’amour

Qui est cette fille
L’humide secret
Que je déshabille
Dans la pénombre de juillet

Quel est ce mystère
Quelle est cette envie
Qui me désattelle
A l’heure de tout ce que je vis

Quelle vaguelette
Quel nouveau jouet
Quel orgasme vain
Pour être sûr d’exister

Quelle douce Justine
Quel doux Carabin
Quel plaisir de fille
Fin comme le fil qui nous tient

Qui est cette fille
Ce rêve incarné
Cet ange du ciel
Saura-t-il me pardonner

Quelle est cette prise
Ce curieux maintien
Caractéristique
Des malheureux lendemains

Ce sont yeux qui brillent
Que notes de charme

Salive et soupirs
Mêlés une première fois

Un rêve liquide
Dans la nuit d’été
Tout pour une fille
Qui se pâme retournée

…. Quelque soit la personne qui vous attend devant votre porte à  deux heures du matin, vous ne pouvez que sursauter . « Quand je pense qu’il n’y avait que deux étages entre nous », dit-elle. Je voudrais dire: c’est toi que j’attendais, tu en as mis du temps. Non, non, non, non, rien ne tient debout dans cette histoire, ça  n’arrive pas, Bella n’est pas plus haïtienne que moi, je ne suis pas plus homo que Bella, Yaël n’est pas dans le cinéma et je ne suis pas dans la police, ça,  c’est dans les livres; dans les livres les personnages sont hauts en couleur, ou tristes comme un toit d’ardoise sous la pluie, ils font ce qu’ils v…. non, ce que veut l’auteur, alors ils se prennent la main, ils se regardent, s’observent, pour finir par s’enlacer, se pénétrer, se désosser, se bouffer, s’adorer, se charcuter, se lisser, s’extasier, se boire, se chérir, s’entretuer, se vomir et s’aimer encore et ainsi, jusqu’au bout du bout, jusqu’à la déflagration, l’explosion, le champignon atomique qui va tout ravager.

Danièle Saint Bois, extrait de  » La fille du troisième »  ( page 36)

EXERGUE

8:18, je me fais couler un café en ce beau samedi matin d’automne de l’an de grâce 2019. « De l’an de grâce 2019 », qu’est-ce qu’il lui prend de s’exprimer ainsi, vous demandez-vous peut-être. Il me prend que j’ai lu cela chez mon amie Mélie et pour aussi démodée que l’expression  puisse paraître, elle sonne bien à  mon oreille.  Quelle utilité dans le texte ? Pas la moindre; elle me plait, voilà  tout.

8:18 donc…. j’ai fait le tour de l’horloge. Comme je me suis endormie je me réveille, la chanson de J-L M dans la tête.  Le swing, les paroles que je connais par coeur. C’est bon, ça groove…

🎶

Qui est cette fille

L’humide secret 

Que je déshabille

Dans la pénombre de juillet

🎶

« 2018. Juin, juillet, août, septembre »…. ainsi commence « La fille du troisième », le tout dernier roman de Danièle Saint Bois, le jour de la fête des voisins, pour être plus précise.

Quel bonheur, mais quel bonheur de retrouver Danièle Saint Bois, « ma » Danièle, sa verve, son humour… tout y est. Tiens, Y comme dans « Faut que j’y aille ». Les mots embarassés de ceux qui ne savent comment se dépêtrer d’une situation compliquée. Aller où, pourquoi ? On ne saura pas. Y aller.  La formule est magique. Elle fonctionne en maintes circonstances et dispense de toute explication. ( Page 23)

Mais je vous rassure, avant d’y aller, je tiens à  vous présenter au moins Swany, personnage central de ce polar jubilatoire: lieutenante de police de 26 ans, c’est la fille qui, le soir de la fête  des voisins, éclate de rire  » toute seule avec un bout de gras de saucisson coincé entre deux incisives ». Mais attention, quand elle aime, Swany, elle n’a plus du tout le sens de l’humour. « Fini le gras de Cochonnu entre les dents »

Et d’ailleurs qui a dit qu’elle aimait ? « Pas encore. Ah non alors, ce n’est pas le moment. Pieds et poings liés.  Louise, ma commissaire ardente, ne peut plus se passer de moi. Et je finis par prendre goût au rytme effréné qu’elle impose à  nos corps à  corps » ( etc etc !! Je ne vais pas vous recopier tout le chapitre. Non mais).

Et puis d’abord, il faut que vous sachiez que, quand bien même ça  fait marrer Bella,  sa voisine Haïtienne – « non mais, tu t’es vu Gringalette ! T’y fais quoi dans la police ? » – c’est flagrant sur la fiche de paie de Swany: elle est bel et bien dans la police. Certes elle n’y fait « pas grand chose pour le moment », sinon qu’elle « enquête le cul sur une chaise, le bigophone collé à l’oreille »… Sur le terrain, elle y reviendra quand elle ne « tournera plus de l’oeil devant une hémorragie nasale ».  Et alors que nous n’en sommes qu’au début, je vous en passe et des meilleurs ! Jubilatoire, je vous dis !

Avec son écriture alerte et toujours juste et cet humour décapant qui n’appartient qu’à elle, d’un livre l’autre, Danièle Saint Bois me surprendra décidément toujours. Que dis-je, elle m’épate littéralement. Passée maître dans l’art du suspense, elle va – je vous le garantis, vous tenir en haleine jusqu’à  la dernière page.

En librairie  depuis avant-hier, 3 octobre. Dépêchez-vous avant qu’il y ait rupture de stock. Mon p’tit doigt me dit que ça  pourrait arriver tellement ce polar est addictif. Bah, pas d’affolage, non plus, hein. Vous pourrez toujours le commander chez votre libraire préféré en cas où….

Merci aux Editions Julliard pour l’exemplaire* qui est parti. Et finira bien par arriver.

Et qui, finalement, est arrivé 🙏

Cette fois, il faut que j’y aille. Bon samedi à  vous tous, et à  bientôt. Au plaisir de vous lire ici et sur vos blogs.

Coeurdialement

SOlène

PS: ce deuxième exemplaire sera pour Sofinette H. (alias Sofliquette pour les intimes)

Je suis en pleine lecture de  » La fille du troisième « 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

« Une lieutenante de police doit toujours garder la tête froide et les idées claires ! Avant de résoudre les meurtres de vieilles dames qui mobilisent son équipe, Swany pourrait commencer par mettre un peu d’ordre dans sa vie : avouer à ses deux mères qu’elle est elle-même homosexuelle ; se pencher sur sa relation clandestine avec sa supérieure hiérarchique ; se tirer du bourbier dans lequel elle s’est fourrée en tombant amoureuse de « la fille du troisième » ; se méfier des séances de vaudou de sa voisine haïtienne, Bella. Alors, peut-être, enfin, percevrait-elle certains indices essentiels à l’élucidation de cette sombre affaire de tueurs en série…
Lesbiennes frondeuses, machos au grand coeur, spirites, Tontons macoutes et flics tout-terrain composent la galerie de personnages de ce polar jubilatoire qui fait la part belle aux femmes et dont l’intrigue tourne avec humour autour d’une cage d’escalier. »

 

Editions Julliard

 

Se mettre aux anges…. Suivi par « Poème sans titre »


Car tout est baratin
Luisant d’humidité
Une rivière dans la gorge
Qu’est-ce que je t’avais dit !
On se souvient qu’on aime
Par besoin de meurtrir
Hé ! Garde les yeux clos
On va se mettre aux anges

Nous voilà lieutenant
C’est la sortie d’un bal
Brillante de cyprine
Dans son juste milieu
On trouve sa mortelle
Les lèvres distendues
Salive que nos mots

On veut se mettre aux anges

Du venin dans les rêves
Partout ce règne atroce
Étouffant nos émois
De nuit dans un chiffon
Pour quelques centimètres
Munis d’un mousqueton
Hé ! Garde les yeux clos
On va se mettre aux anges

S’accomplit le désir
Par la gent féminine
Par la bouche qui suce
Au salut de nos âmes
En stricte intimité
Sous ta peau de faïence
Hé ! Garde les yeux clos

On va se mettre aux anges

🎧
J’AVAIS (PRESQUE) OUBLIÉ À QUEL POINT JE L’ AIME, LUI, SA VOIX HYPNOTIQUE, SES GUITARES, LES SONS DE SA MUSIQUE, SES TEXTES (CERTAINS SONT LITTÉRALEMENT ENVOÛTANTS)… ET IL DIT QU’IL N’EST PAS POÈTE  !
🎶
BIG COUP DE COEUR
« Gaie comme une italienne quand elle sait qu’elle aura de l’amour et du vin »….
WHAT ELSE ? 

Je ne vais pas t’appeler une fois par jour, ni même une fois par semaine.
Je ne vais pas te demander si nous pouvons aller au cinéma
ensemble,
ou au restaurant
ensemble.

Je ne vais pas te proposer de passer un weekend au bord d’un lac,
dans un hôtel très chic sur la côte au moment où les touristes
ne sont plus là.
Je ne vais pas t’écrire une longue lettre.

Je ne vais pas te poser de questions sur le passé,
je répéterai chaque fois que tu seras angoissée
que rien n’est grave.
Je dirai : je comprends, ne t’en fais pas,
si tu veux me quitter
je dirai : je comprends ne t’en fais pas.
Tu m’en voudras pour cela,
tu m’en voudras pour toutes ces choses que
je ne vais pas faire, pour toutes ces choses
que je ne vais pas dire,
tu penseras sans doute que je n’ai pas envie,
que je m’en fous.

Tu seras en colère à cause de mes poèmes.
Tu me diras que ce n’est pas normal que je puisse écrire
pour les autres
et pas pour toi et moi.
Je répondrai :
c’est mon métier.

En vérité je ne suis pas capable d’appeler, de demander, de dire
parce que j’ai peur
de tout :
d’être de trop,
d’être encombrante,
la vie passe elle nous bouscule et nous tournons sur nous-même
comme dans un dessin animé.
Je ne suis pas capable d’appeler, de demander, de dire
parce que j’ai peur
que tu te fiches de moi,
j’ai peur que tu t’affoles.
Je me demande très souvent : depuis quand est-ce devenu ringard d’être
amoureux ?

J’avance à tes côtés. Si je tombe ce n’est pas grave parce que
je tomberai à tes pieds.

COULON Cécile
Ma poètesse préféré…. Mon admiiration est inconditionnelle 😉
Poésie, poésie…. quand tu nous tiens !