Week-end sur l’Île de Ré avec Albert, René et Georges


Votre fraternité – sur tous les plans – va encore plus loin que nous l’envisageons et que nous l’éprouvons. – René Char…. 

Il faut bien s’ appuyer sur l’ami, quand il sait et comprend, et qu’il marche lui-même  du même pas.  – Albert Camus…. 

🎧

Tu as des cicatrices

Là où je suis blessée 

Tu te perds dans ma barbe

J’ai tes poignets d’enfant

Tu viens boire à ma bouche

Et je mange à ta faim

Et j’ai tes rêveries 

Je ne sais pas où tu commences

Tu ne sais pas où  je finis… 

Grand beau soleil et ciel bleu aujourd’hui encore sur l’Ile de Ré. L’été n’a toujours pas dit son dernier mot, il est encore et toujours là. Aussi telle que vous pouvez me deviner à  l’heure où  je commence à  écrire ce billet, je compte bien profiter  de ce dimanche après-midi estival comme ça,  allongée sur le sable chaud en compagnie d’Albert, René et Georges…

Alors… alors….

René  Char, poète et resistant francais né  le 14 juin 1909 à  l’Isle sur Sorgue et mort à  Paris, le 19 février 1988.

Ma citation de lui préférée ( mise en exergue  dans  » Le T-shirt blanc, Meetoc réel ») : « impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils te regarder ils s’habitueront »

Une deuxième que j’aime bien: « l’impossible, nous ne l’atteignons pas, il nous sert de lanterne »

Jamais deux sans trois: « il n’y a que deux conduites avec la vie: ou on la rêve ou on l’accomplit »…. ( j’ai hésité  avec: « l’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant. »….

Albert Camus, écrivain Prix Nobel de littérature ( que je ne vous présente plus), né le 7 novembre 1913 à Mondovi en Algérie et mort accidentellement le 4 janvier 1960 à  Villeblin dans l’Yonne.

Citation préfèrée…. toutes ! Mais pour aujourd’hui ce sera: « le bonheur est la plus grande des conquêtes, celle qu’on fait contre le destin qui nous est imposé ».

Une autre me vient: « le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout » ( Le mythe de Sisyphe)

Et comme jamais deux sans trois: « rien au monde ne vaut qu’on se détourne de ce qu’on aime »….

Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres  qui vous libèrent et qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter qu’à eprouver. La vie d’aujourd’hui est trop dure, trop amère, trop anémiante pour qu’on subisse encore de nouvelles servitudes, venues de qui on aime. A la fin on mourrait de chagrin littéralement.  Et il faut que nous vivions, que nous trouvions les mots, l’élan, la réflexion, qui fondent une joie, la joie. (… ) C’est ainsi que je suis votre ami, j’aime votre bonheur, votre liberté, votre aventure en un mot, et je voudrais être pour vous le compagnon dont est sûr toujours.  – Camus ( 17/09/1957)

Je me pose tant de fois cette question à moi-même, pourquoi sommes-nous si peu, si brièvement avec ceux qui nous procurent bien-être et détente, repos de l’âme  et plaisir de l’esprit ? Fine et pernicieuse contradiction,  écume de malédiction plus grave peut-être.  – René  Char à Albert  Camus. 

Cette correspondance émouvante, c’est l’histoire d’une véritable et indéfectible amitié  entre deux hommes totalement engagés et à la fois follement épris de liberté.  Deux hommes, deux résistants jamais résignés, et complices. Deux êtres solitaires  qui pourtant aiment profondément la solidarité qu’ils pratiquent.

Fulgurances, incondescance…. il y a dans cette correpondance la beauté des promenades communes sur les sentiers du Lubéron; la beauté de la nature et la lumière provençale qui rappelle à Camus celle de son Algérie natale;  la beauté  des mots qui y met des couleurs en même temps qu’elle l’illumine .Magnifique !

Ars en ré

Vous l’aurez compris, un week-end placé  sous le signe de la solitude (choisie), de la liberté et du rêve. Mais pas que, de la beauté  par dessus tout.

Il y a peu d’homme aujourd’hui dont j’aime à la fois le langage et l’attitude. Vous êtes de ceux-là – le seul poète aujourd’hui qui ait osé défendre la beauté, le dire explicitement, prouver qu’on peut se battre pour elle en même  temps que pour le pain de tous les jours.  – Albert Camus à  René Char…. 

Ars en Ré: le matin, café au Clocher, et mojito ( sans alcool mais délicieux) en fin d’après-midi à La Tour du Sénéchal; en terrasse sur la place, face à  l’eglise toujours.

L’eglise Saint Étienne ( classée au titre des monuments historiques) et son célèbre clocher pointu blanc et sa flèche noire. Monument emblématique de l’île se détachant de l’horizon, il sert d’amer pour les marins dans les pertuis.

Coucou toi ! Qu’est-ce que tu fais là  comme ça tout seul ?

Euh, oui, moi aussi je suis seule – ce qui est mieux que d’être mal accompagné. Et je vais de ce pas chercher un endroit où assister au coucher du soleil. Après il sera l’heure de rentrer…

L’automne est un deuxième  printemps où  chaque feuille est une fleur. – Albert Camus…

Plus qu’à souhaiter une douce nuit à  mes aminautes. A demain lundi de bonheur. Et ce sera parti pour une nouvelle et belle semaine.

Coeurdialement

SOlène

WHAT ELSE ?

Inhale coffee

Exhale negativity

😉

« Le temps de vivre »…. Suivi par « Connaître par coeur » ( Cécile Coulon)


Photos à la une: Niort, les bords de la Sèvre et le clocher de l’église Saint André sur la colline qu’au temps jadis, l’océan venait lécher… Pied de nez à Houellebecq  😉

La vérité, c’est qu’il faut aimer avant de rencontrer la morale. Ou sinon les deux périssent. Ceux qui s’aiment  devraient naître ensemble. Mais on aime mieux à mesure qu’on a vécu et c’est la vie elle-même qui sépare de l’amour. Il n’y a pas d’issue – sinon la chance, l’éclair, et la douleur. – Albert Camus a  René Char, 7 novembre 1949…. 

Ne te courbe que pour aimer. Si tu meures, tu aimes encore.  – René Char ( In Fureur et mystère, Gallimard 1948)…. 

🎧

Nous prendrons le temps de vivre, 

D’être libres, mon amour

Sans projets et sans habitudes

Nous pourrons rêver  notre vie

Viens je suis là, je n’attends que toi

Tout est possible, tout est permis

🎼

Pendant une pause…

Eh bien voilà,  vous savez tout ( ou presque) : les prochains jours  (peut-être même les deux, voire trois semaines à venir), c’est avec eux, Albert Camus,  René Char et Georges Moustaki, que je vais les passer. Et mine de rien, ce sont les portes de mon univers que je vous ouvre en même temps que s’entrouvre le portail de mon jardin secret ( pourtant bien cadenassé jusque-là)…

Mais en attendant, pour bien commencer le week-end, place à la poésie. Cécile Coulon, encore et toujours. « Ma » Cécile Coulon, poétesse de talent et enfant chérie de « Mon Auvergne à moi, jolie *. Un poème qui a deux jours, trois à peine, et que  je lis, relis… jusqu’à le connaitre par coeur. Pour entendre ce qu’il me dit…

 

CONNAITRE PAR COEUR

 

Dans ce grand silence au milieu du vacarme
des chauffeurs de taxi usés par la lumière,
des vendeurs dans la rue sur le trottoir,
des cannes raides avec au bout la main
craquée d’une vieille dame
qui pourrait être ma grand-mère il y a cinq ans,
ma mère dans deux décennies ;
dans ce grand silence au milieu du vacarme
je comprends l’arrêt soudain de toutes choses
où tu te réfugies.

Alors nous nous couchons dans les ronces tendres
puisque nous n’avons plus mal d’être attaquées.
Dehors la cadence est malade et les visages tirés
vers le bas comme des bougies qui ont coulé.
Alors nous nous couchons pendant des heures
avec des livres ouverts au-dessus de la tête :
les chauffeurs de taxi, les vendeurs dans la rue,
les fous qui furent parents champions frères de nuit
ratissent le boulevard le corps un peu tordu.

Dans ce grand silence au milieu du raffut
où les puissants se fichent bien
des lueurs que nous avons cousues entre elles,
dans ce grand silence je chasse les indices
de ma jeunesse, je gomme les traces du trajet
des volcans aux terrils.
Ici le cerceau du succès n’en finit pas
de tourner autour des danseurs épuisés
comme une auréole mordue dans sa hauteur
et tombée telle une pierre autour d’un corps
qui meurt.

Alors je me couche dans des poèmes que je connais
par coeur pour muscler ma mémoire et soulager ma peine.

Dans ce grand silence au milieu du vacarme
j’écoute et je ne t’entends pas.
Mais j’écoute quand même.

Cécile Coulon

 

En Auvergne, la chaîne des puys ( volcans), un buron ( comme dans « Le T-shirt blanc, meetoc réel » * mon deuxième roman) et dans une ferme du massif du Sancy avec les vaches (normal j’avais pris la route du lait)…

Tout sur « Le T-shirt blanc, meetoc réel »

 

Le roman est un mélange de la vie qu’on a vécue et celle qu’on aurait voulu vivre. La poésie elle confie l’essentiel. C’est tout ce qui nous échappe et qu’on essaie de rattraper, tout ce qui reste de nous. – Cécile Coulon…. 

WHAT ELSE ?

Île de Ré, douce heure du soir au Bois plage…..

Article phare la semaine:

avoir toujours été celle que je suis et être si différente de celle que j’étais…

Allez comprendre ! Quoi que dans l’ensemble, ils ont tous été très bien accueillis. Merci à tous pour votre fidélité à ce blog.