« La fille du troisième »: hommage de l’auteur absent de Paris…


Grand MERCI  aux Éditions Julliard et à  Danièle Saint Bois.

Parution: 03/10/2019

Danièle Saint Bois

La fille du troisième

Nombre de pages: 270

Editions Julliard

Contre l’avis de ses deux mères, la jeune Swany a decidé de s’engager dans la police. Pour ne pas en rajouter, elle a choisi de cacher sa propre homosexualité. Depuis, elle vit une relation passionnelle et clandestine avec sa supérieure hiérarchique, Louise. Situation tendue pour leur coéquipier, Gabriel, inspecteur tendre sous ses airs de macho, qui enquête  avec elles sur le viol et l’assassinat d’une vieille dame dans le nord de Paris. Tout bascule dans la vie de Swany lorsque, à l’initiative de sa voisine de palier, Bella, une Haïtienne  au grand coeur adepte du vaudou, elle fait connaissance avec Yaël, la très  séduisante  « fille du troisième » étage. Commence alors entre les deux femmes une histoire d’amour incandescente, reléguant  soudain Louise au second plan. Mais tandis que Swany jongle dangereusement entre ses deux amantes, de nouveaux meurtres barbares s’ajoutent au premier, conduisant les enquêteurs  sur la piste d’un tueur en série,  qui n’est peut-être pas tout à  fait étranger  à  cette joyeuse bande d’allumés. 

La fille du troisième conjugue avec audace le suspense du roman noir, la tension érotique de la romance contemporaine et le manifeste féministe. Dans une atmosphère sombre et exaltée, où les corps se désirent, se mêlent et se confondent, le sexe opère comme un exutoire face à la violence urbaine.  Swany, tout comme la galerie de personnages attachants qui l’entourent, oppose à la noirceur du monde un romantisme échevelé et une solidarité inoxydable. Pour le meilleur et pour le pire. 

À Arudy ( Béarn) où  elle vit, Danièle Saint Bois se consacre à l’écriture.  Elle a publié entre autres, Galapados, Galapados ( Stock, 1979 ), La Reine de Barcelone (Albin Michel, 1990), et chez Julliard, Le Ravin de la femme sauvage ( 1999), Dies Irae (2005), Marguerite, Françoise et moi (2009), L’Âme des soleils noirs ( 2010), Villa Bianca ( 2012 ),  Ma voisine a disparu (2013), Voyage en Suède (2015 ), Trois amours de ma jeunesse (2018)

WHAT ELSE ?

( Euh, c’est pas l’tout, mais… )

🤔

Bon dimanche !

QUI EST CETTE FILLE ?… SUIVI PAR « LA FILLE DU TROISIEME »


Qui est cette fille
D’où vient cet émoi
Ce diamant qui brille
A l’entrecuisse de la joie

Qui est cette fille
Quel est cet amour
Que je déshabille

Dans l’ombre épaisse de la tour

Est-elle livide
Qui lui a conté
Malheureuse fille
La fausse trame que l’on est

Est-elle câline

Que dire à ce jour
Qu’elle se marie
Avec l’écorce de l’amour

Qui est cette fille
L’humide secret
Que je déshabille
Dans la pénombre de juillet

Quel est ce mystère
Quelle est cette envie
Qui me désattelle
A l’heure de tout ce que je vis

Quelle vaguelette
Quel nouveau jouet
Quel orgasme vain
Pour être sûr d’exister

Quelle douce Justine
Quel doux Carabin
Quel plaisir de fille
Fin comme le fil qui nous tient

Qui est cette fille
Ce rêve incarné
Cet ange du ciel
Saura-t-il me pardonner

Quelle est cette prise
Ce curieux maintien
Caractéristique
Des malheureux lendemains

Ce sont yeux qui brillent
Que notes de charme

Salive et soupirs
Mêlés une première fois

Un rêve liquide
Dans la nuit d’été
Tout pour une fille
Qui se pâme retournée

…. Quelque soit la personne qui vous attend devant votre porte à  deux heures du matin, vous ne pouvez que sursauter . « Quand je pense qu’il n’y avait que deux étages entre nous », dit-elle. Je voudrais dire: c’est toi que j’attendais, tu en as mis du temps. Non, non, non, non, rien ne tient debout dans cette histoire, ça  n’arrive pas, Bella n’est pas plus haïtienne que moi, je ne suis pas plus homo que Bella, Yaël n’est pas dans le cinéma et je ne suis pas dans la police, ça,  c’est dans les livres; dans les livres les personnages sont hauts en couleur, ou tristes comme un toit d’ardoise sous la pluie, ils font ce qu’ils v…. non, ce que veut l’auteur, alors ils se prennent la main, ils se regardent, s’observent, pour finir par s’enlacer, se pénétrer, se désosser, se bouffer, s’adorer, se charcuter, se lisser, s’extasier, se boire, se chérir, s’entretuer, se vomir et s’aimer encore et ainsi, jusqu’au bout du bout, jusqu’à la déflagration, l’explosion, le champignon atomique qui va tout ravager.

Danièle Saint Bois, extrait de  » La fille du troisième »  ( page 36)

EXERGUE

8:18, je me fais couler un café en ce beau samedi matin d’automne de l’an de grâce 2019. « De l’an de grâce 2019 », qu’est-ce qu’il lui prend de s’exprimer ainsi, vous demandez-vous peut-être. Il me prend que j’ai lu cela chez mon amie Mélie et pour aussi démodée que l’expression  puisse paraître, elle sonne bien à  mon oreille.  Quelle utilité dans le texte ? Pas la moindre; elle me plait, voilà  tout.

8:18 donc…. j’ai fait le tour de l’horloge. Comme je me suis endormie je me réveille, la chanson de J-L M dans la tête.  Le swing, les paroles que je connais par coeur. C’est bon, ça groove…

🎶

Qui est cette fille

L’humide secret 

Que je déshabille

Dans la pénombre de juillet

🎶

« 2018. Juin, juillet, août, septembre »…. ainsi commence « La fille du troisième », le tout dernier roman de Danièle Saint Bois, le jour de la fête des voisins, pour être plus précise.

Quel bonheur, mais quel bonheur de retrouver Danièle Saint Bois, « ma » Danièle, sa verve, son humour… tout y est. Tiens, Y comme dans « Faut que j’y aille ». Les mots embarassés de ceux qui ne savent comment se dépêtrer d’une situation compliquée. Aller où, pourquoi ? On ne saura pas. Y aller.  La formule est magique. Elle fonctionne en maintes circonstances et dispense de toute explication. ( Page 23)

Mais je vous rassure, avant d’y aller, je tiens à  vous présenter au moins Swany, personnage central de ce polar jubilatoire: lieutenante de police de 26 ans, c’est la fille qui, le soir de la fête  des voisins, éclate de rire  » toute seule avec un bout de gras de saucisson coincé entre deux incisives ». Mais attention, quand elle aime, Swany, elle n’a plus du tout le sens de l’humour. « Fini le gras de Cochonnu entre les dents »

Et d’ailleurs qui a dit qu’elle aimait ? « Pas encore. Ah non alors, ce n’est pas le moment. Pieds et poings liés.  Louise, ma commissaire ardente, ne peut plus se passer de moi. Et je finis par prendre goût au rytme effréné qu’elle impose à  nos corps à  corps » ( etc etc !! Je ne vais pas vous recopier tout le chapitre. Non mais).

Et puis d’abord, il faut que vous sachiez que, quand bien même ça  fait marrer Bella,  sa voisine Haïtienne – « non mais, tu t’es vu Gringalette ! T’y fais quoi dans la police ? » – c’est flagrant sur la fiche de paie de Swany: elle est bel et bien dans la police. Certes elle n’y fait « pas grand chose pour le moment », sinon qu’elle « enquête le cul sur une chaise, le bigophone collé à l’oreille »… Sur le terrain, elle y reviendra quand elle ne « tournera plus de l’oeil devant une hémorragie nasale ».  Et alors que nous n’en sommes qu’au début, je vous en passe et des meilleurs ! Jubilatoire, je vous dis !

Avec son écriture alerte et toujours juste et cet humour décapant qui n’appartient qu’à elle, d’un livre l’autre, Danièle Saint Bois me surprendra décidément toujours. Que dis-je, elle m’épate littéralement. Passée maître dans l’art du suspense, elle va – je vous le garantis, vous tenir en haleine jusqu’à  la dernière page.

En librairie  depuis avant-hier, 3 octobre. Dépêchez-vous avant qu’il y ait rupture de stock. Mon p’tit doigt me dit que ça  pourrait arriver tellement ce polar est addictif. Bah, pas d’affolage, non plus, hein. Vous pourrez toujours le commander chez votre libraire préféré en cas où….

Merci aux Editions Julliard pour l’exemplaire* qui est parti. Et finira bien par arriver.

Et qui, finalement, est arrivé 🙏

Cette fois, il faut que j’y aille. Bon samedi à  vous tous, et à  bientôt. Au plaisir de vous lire ici et sur vos blogs.

Coeurdialement

SOlène

PS: ce deuxième exemplaire sera pour Sofinette H. (alias Sofliquette pour les intimes)

Je suis en pleine lecture de  » La fille du troisième « 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

« Une lieutenante de police doit toujours garder la tête froide et les idées claires ! Avant de résoudre les meurtres de vieilles dames qui mobilisent son équipe, Swany pourrait commencer par mettre un peu d’ordre dans sa vie : avouer à ses deux mères qu’elle est elle-même homosexuelle ; se pencher sur sa relation clandestine avec sa supérieure hiérarchique ; se tirer du bourbier dans lequel elle s’est fourrée en tombant amoureuse de « la fille du troisième » ; se méfier des séances de vaudou de sa voisine haïtienne, Bella. Alors, peut-être, enfin, percevrait-elle certains indices essentiels à l’élucidation de cette sombre affaire de tueurs en série…
Lesbiennes frondeuses, machos au grand coeur, spirites, Tontons macoutes et flics tout-terrain composent la galerie de personnages de ce polar jubilatoire qui fait la part belle aux femmes et dont l’intrigue tourne avec humour autour d’une cage d’escalier. »

 

Editions Julliard