« ENIVREZ-VOUS », BAUDELAIRE OU L’INFINI DES SENSATIONS…


Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Charles BAUDELAIRE, poème en prose extrait de « Le spleen de Paris »

 

Euh, le vin – en l’occurrence, un verre de Beaujolais nouveau – avec modération, toujours. La vertu, la vertu… bof ! (Je n’ai pas cette vocation-là)… « Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps » au surlendemain de mon anniversaire, il me restait la poésie. J’ai donc pris monsieur Baudelaire aux mots, autrement dit, j’ai suivi les conseil du célèbre poète au pied de la lettre et, portée par la musique de Bach, j’ai écrit « DEVANT LE FEU DE BOIS » * (clic*): avant-hier c’était ton anniversaire, encore un ! ( etc, etc !!), je me suis enivrée de poésie, voilà.

WHAT ELSE ?

Et quand bien même, au bord de ta vie rêvée

tu vis toujours sous les mêmes cieux que lui

c’est sur la passerelle de l’Utopie que tu l’attends encore ce soir

Ce n’est pas tant la nostalgie du temps qui est passé

que la mélancolie de ce qui ne sera plus.

SOlène

Appelons cela, l’espoir*

(Clic*)

Puis il y a ces matins au parfum d’automne et de pluie
Tous ces mains gris où il fait trop froid dans le temps de la vie
Quand le café que je bois a le goût amer des larmes et de l’ennui
Parce que je ne suis jamais vraiment où l’on me voit
Et que je ne saurais dire ce que je préfère
L’éphémère rose fraîchement éclose du jardin
Ou l’éternelle fleur aux pétales séchées de ton herbier

SOlène

Des fois*

« Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau…  » (Charles Baudelaire)

Les oiseaux*

Et enfin:

Respirer, rêver, et allonger les heures par l’infini des sensations.  – Baudelaire…

« L’infini des sensations » (Y’a quelqu’un ?) *

Monsieur Baudelaire, si vous  me regardez… santé !

Et quant à vous, amis de la poésie, bonsoir !

Sans rancune… Suivi par Lou Doillon – « All these nights « 


Tu avances dans ta vie comme un voyageur
qui sait que le train, que l’avion, que le navire
est déjà parti mais qui court tout de même
jusqu’à la porte d’embarquement
il faut le voir ce voyageur rassembler
ses forces dans les derniers mètres
qui le séparent du guichet
fermé, désert, attendant le voyageur suivant,
il faut le voir, ce retardataire, fondre de sueur,
demander s’il est encore temps alors
qu’il sait, ce voyageur, que c’est fini.
Pas à jamais,
que c’est fini pour l’instant.

Tu avances dans cette vie où les ruptures
t’ont creusé un trou profond à la place du coeur :
dedans tu entasses des apparitions,
tu empiles des sanglots, ton corps est bien rangé,
tu as souffert longtemps, si longtemps qu’aujourd’hui
tu considères que guérir pourrait t’ennuyer.
Le soir tu fuis à pas rapides la danse des oiseaux
au-dessus des arbres nus. Tu reçois ce message :

est-ce que notre histoire continue ?
Tu réponds en tremblant :
mon histoire continue,
mais ton chapitre est clos.

C’est un drôle d’automne qui commence :
je vois le ciel échanger son manteau pour
d’épaisses laines d’orages et de brouillards,
je vois cela à travers les vitres des wagons sans âge,
des librairies nouvelles et des chambres d’hôtels
où l’on me donne le droit de me baigner des heures
dans l’eau brûlante et potable. C’est un drôle d’automne
qui commence, je le traverserai comme un
voyageur qui croit savoir ce qui arrivera :
il est venu à l’heure, son bagage à la main,
mais le prochain bateau,
il ne le prendra pas.

Sans rancune.
Nous avons si bien vécu. Et nous continuerons. Un peu
moins bruyamment. Tu sais, on peut silencieusement
désobéir et faire chez soi une longue révolution.
Sans rancune.
Nous avons si bien perdu, il fallait s’appliquer pour
chuter de cette façon. Aujourd’hui j’admets que
c’est presque terminé et que nous nous entêtons,
comme ce voyageur,
à courir après un train, un avion,
que nous ne pourrons jamais rattraper.

Mais courir pour rien c’est cela mon aventure
et je ne veux pas entendre,
pas maintenant, pas tout de suite,
je ne veux pas qu’on me raconte
la fin.

COULON Cécile

WHAT ELSE ?

 

 

🎶 ALL THIS NIGHTS 🎶

(Toutes ces nuits)

Here by the ocean where the water meets the cause she awaits
Told he’d be gone and mention how
long he’d have to stare back at the sun
And the years that keeps on spinning,
A finger that keeps waving all the years spent alone

Here by the Great Wall for his men, for his pride he fights
Lost all he could claim,
nothing left now but his name against the winds he drifts
away
And the years that keeps on spinning,
His tears that keep on rolling all evenings far from home

Shall last in between her sorrow and his dreams seaside (?)

He’s met with every stranger,
always seeking the same answers, something to hold,
something to keep
For his years to keep on spinning,
For an end to this longing of evenings lost alone

Coup de coeur

Belle journée à tous ! Avec un tout grand MERCI pour votre fidélité. A ce soir.

L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient,

Et l’homme est las d’écrire et la femme d’aimer.

Baudelaire, Crépuscule du matin