Ce “Jour de colère”, je le porte en moi depuis treize ans, dix mois et une poignée de jours. L’histoire d’Alicia existe donc depuis longtemps. Elle attendait dans mes cahiers. Je me la racontais puisqu’il fallait ne la raconter à personne,puisque le sujet était tabou, puisque la mort nous va si mal. Enfin, il ne me fut plus possible de ne pas l’écrire…

Danièle Saint-Bois

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Le Dies iræ (« Jour de colère » en latin), aussi appelé Prose des Morts, est une séquence (ou prose) médiévale chantée, adoptant la forme d’une hymne liturgique. L’inspiration du poème est partiellement apocalyptique. Les prémices de cette séquence sont apparues dès le début du xie siècle, la version actuelle datant du xiiie siècle. C’est à cette époque et sous cet aspect qu’elle a été intégrée au corpus grégorien. Le Dies iræ a ensuite été chanté pendant des siècles dans la messe de Requiem (elle peut toujours l’être, mais n’est pas obligatoire, sauf lors de l’utilisation de la forme extraordinaire du rite romain.

Wikipédia

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“Un roman magistral, bref et violent comme un uppercut, cinglant comme un alcool, et qui ronge comme un acide. “ -Richard Cavanno, Le Nouvel Obs, à propos de Dies Irae.

 

“Alicia, nous avons tout essayé. Voulez-vous que nous arrêtions”, a murmuré le professeur un soir de la fin de l’été. C’était une soirée délicieuse. Je sais que j’avais vécu mon dernier été, qu’il ne me restait plus beaucoup de temps pour aller revoir la mer et mettre mes affaires en ordre et rompre avec le passé, avec les projets et avec l’espoir. Ranger mon atelier de champagne et payer mon enterrement. Je dis oui, oui, oui. J’ai le coeur dans la gorge et cependant une étrange sérénité m’envahit. Je le regarde jusqu’au plus profond de son bleu. Je veux plus, lui dis-je, plus que l’arrêt du traitement, je veux mon dû. Je veux l’ultime traitement. Tuez-moi. Lui et moi ce jour-là on a longtemps parlé et on s’est pacsés pour toujours;”

(Quatrième de couverture)

Au sortir de la librairie Payot -Neuchâtel, juillet 2016...
Au sortir de la librairie Payot -Neuchâtel, juillet 2016…

Une chambre aseptisée d’hôpital, des murs au blanc immaculé, une valise rouge sang de boeuf avec une fermeture éclair qui se coince…  Mais une valise pour quoi faire? Elle se le demande; elle nous le demande…

 Elle: Alicia D, 54ans… a décidé de ne plus lutter contre ce cancer qui la ronge depuis maintenant deux ans.  Cette fameuse valise rouge sang à ses pieds, elle s’apprête donc à quitter le monde qu’elle aurait tant aimé croire, au moins une fois dans  sa vie, simple et beau, alors qu’il est encore plus pourri que ce corps vaincu par la maladie…   Mais cette valise capte toute notre attention un moment car on la devine remplie de souvenirs. Souvenirs amoureux entre autres qu’Alicia D. se remémore alors que le compte à rebours a commencé pour faire le grand voyage. Celui dont personne n’est encore revenu pour raconter ce qu’il a vu (ou pas)…

Que se passe-t-il dans la tête de celui ou celle qui n’a plus qu’une heure, voire tour à tour quelques minutes à vivre? Tout d’abord apaisée, Alicia D. raconte… ce visage qu’elle a peint,  ses amours, les pays qu’elle a visités… Mais très vite, les injustices et les trahisons s’imposent comme les seules vérités qui restent  et Alicia sent la colère monter en elle. C’est alors que tous les sujets qui dérangent y passent! Dur dur!! Et pourtant ce petit livre de 95 pages, on ne va plus le lâcher jusqu’à la fin, même si on a un noeud à l’estomac et une boule dans la gorge en lisant. Tout simplement parce qu’on a besoin de savoir, de comprendre… Dies Irae*, une oeuvre aussi bouleversante que fascinante de Danièle Saint Bois, et dont on se souviendra longtemps.  On n’en ressort, en tous cas, pas indemne (Me souviens de m’être dit: mais si la vie n’a pas de sens, peut-être que la mort en a un).

SOlène

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Sur la plage de Boudry avec Sylvain (Switzerland), juillet 2016

WHAT ELSE?

Rencontre avec un écrivain (un grand !) et immersion dans un univers fascinant…