Dimanche d’automne en Suisse….


Il est bon parfois de revenir sur son passé et de nous en couvrir comme d’une couette douillette… Douce soirée à tous !

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SOlénisez-vous

Arrêt  sur image, le temps d’écouter Montant et Sinatra interpréter « Les feuilles mortes » en duo.

Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis.
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu’aujourd’hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.
Tu vois, je n’ai pas oublié…
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Et le vent du nord les emporte
Dans la nuit froide de l’oubli.
Tu vois, je n’ai pas oublié
La chanson que tu me chantais.

(Refrain)
C’est une chanson qui nous ressemble.
Toi, tu m’aimais et je t’aimais
Et nous vivions tous deux ensemble,
Toi qui m’aimais, moi qui t’aimais.
Mais la vie sépare ceux qui s’aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.

Les feuilles…

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« SEVENTEEN »…. SUIVI PAR « UNE DOUCEUR QUI SE DÉPÊCHE »


I know you wanna

I think that you’re all the same

Constantly being led astroy

He’s thinking of something you don’t

(… )

Sun coming up 

Who is my shadow ?

(…)

I used to feel free

What it just a dream

 

Des paroles d’une chanson en anglais qui rentrent par une oreilles et sortent par l’autre..  Une chanson avec laquelle pourtant on s’enveloppe parce qu’elle est emprunte d’une douce nostalgie… Si je n’avais pas écouté Remind Me Tomorow  l’album dont Seventeen est extraite, je crois que je n’aurais pas écrit ce billet.

Parce qu’il y a des dimanches comme ça où on est là, entre  cette douce mélancolie et  l’étrange attente d’un renouveau, peut-être même juste quelque chose de beau…. cet interstice de densité et de légèreté,  l’ entre deux d’odeurs de café et de jardin après la pluie, d’ombre et de lumière, d’un reste d’amour et d’un relent de chagrin… Quand on s’apprête à  quitter quelque part, c’est un peu comme quand on quitte quelqu’un, il y a toujours un peu d’automne qui s’invite, et la mélancolie qui, soudainement, nous prend; la mélancolie du temps et de la vie qui passent sans qu’il ne passe rien, si ce n’est le temps qui prend de l’épaisseur et les couleurs de la chaleur….  On est là entre le livre qu’on vient de terminer, le mug de café vide  et le plaisir coupable d’écouter  en boucle une chanson dont on se fiche éperdument des paroles.

Sorti en janvier dernier, Remind Me Tomorow est le dernier album de la chanteuse américaine Sharon Van Etten. Lors de la sortie de cet album, elle avait expliqué que la chanson Seventeen, c’était  pour elle comme « une déclaration d’amour à New York ». Raison pour laquelle elle avait demandé  à  la réalisatrice Maureen Towey de filmer pour le clip tous ces endroits où  elle a vécu, où elle s’est perdue, retrouvée, auxquels elle a dit adieu ou qu’elle à découverts….

 » Ne plus jamais se perdre là où on s’est retrouvé, pour ne plus se retrouver là où on s’est perdu »

WHAT ELSE ?

PERDUE

 

UNE DOUCEUR QUI SE DÉPÊCHE

Je pensais rentrer chez moi dimanche
mais samedi soir me voilà devant la porte.
Je peine à ranger les jours de la semaine dans l’ordre.
Le petit salon de bois et de peinture blanche est vide,
la cuisine sent l’orange et le vinaigre,
un début d’hiver fait grincer les huisseries.
bientôt il faudra remplacer draps et oreillers
par traversins et édredons, bientôt il faudra
se couvrir. Bientôt il faudra prendre en soi
une grande inspiration pour souffler
sur les braises du désir.

Je traverse ce qui se passe dehors
comme une main d’homme traverse
une ruche pleine d’abeilles. Quand j’allume
la veilleuse dans ma chambre je trouve
mes livres ouverts sur le plancher, on dirait
des mouettes de papier endormies aux premiers
feux d’automne. Au courrier des poèmes,
des factures et le jeu de clés tout neuf pour
celui qui habitera ce refuge de rien du tout
dans deux mois. Bientôt il faudra prendre
des branches aux arbres de la nuit pour
construire dans une autre rue un autre nid.

Dans le train je tremble de tout mon coeur,
quelque chose a changé et je ne sais pas dire
quoi. Cela tient d’un geste simple : une
porte qu’on entrouvre, la corde du chien
qu’on détache. Cela tient d’une fulgurance
incertaine et timide.
Comment peut-on monter si haut tout
en ayant l’impression d’avoir raté une marche ?

Le sol sur lequel je pose un sac de vêtements sales
et de livres fabuleux est saigné d’ombres rouges :
sur le clocher de l’église le soleil accroche son dernier
ballon. Le noir revient hanter les rues où la lumière
se mouche. Des vieilles dames soupirent, le nez
dans une avèze : l’automne va être long, et nous
n’avons plus une larme à nous mettre aux paupières.

Oui, l’automne vient et l’attente sera belle.
Devant la porte d’un petit immeuble qui, bientôt,
ne sera plus ma maison, j’essaye de retenir
le peu qu’il reste.
Sur le fil dans la cour, les laines sont presque sèches,
on pend des nappes à fleurs.
Voilà ma vie : une douceur qui se dépêche.

COULON Cécile

05/10/2019