« Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne »

 

 

Première partie

 

Je pense à toi tout le temps. Je pense à toi le matin, en marchant dans le froid. Je fais exprès de marcher lentement pour pouvoir penser à toi plus longtemps. Je pense à toi le soir, quand tu me manques au milieu des fêtes. Je pense à toi quand je te vois et aussi quand je ne te vois pas. J’aimerais tant faire autre chose que penser à toi mais je n’y arrive pas. Si tu connais un truc pour t’oublier fais-le-moi savoir.

Texte: Frederic Begbeider, Titre:BrokeBack Mountains

 

1

3 mai 2010

Les larmes sont grosses et la mer profonde. Jette-les par-dessus bord, et dors.

Auden W H

Dans la nuit de lundi  à mardi…

 La nuit dernière, j’ai fait un rêve, un mauvais rêve qui m’a laissé un putain de malaise. Et ça revient maintenant par bribes, insidieusement, juste au dessus de la mer plombée, en montant, redescendant comme le cri horripilant des mouettes qui rasent à présent l’écume des vagues. Loin devant, quelques maigres lueurs pâlissent l’horizon. Le  jour se lève…

 

 Salut journal ! La stupide créature que tu as, là, en face de toi, ébouriffée, reniflante, moche… ce fantôme décharné et livide qu’on croirait rongé de l’intérieur par un virus mortel, c’est moi, Lally. Ouh là, attend un peu que je me mouche ! Ne fais pas attention : je n’ai jamais su chialer avec classe (si encore je ne secrétais pas toute cette morve...). Violette (ma mère) serait là, j’aurais droit à une de ses longues diatribes contre les hommes. Pour elle, c’est tous d’égoïstes et infidèles salauds. A l’entendre, Nessie est plus souvent remonté à la surface du loch Ness que le meilleur des hommes. « Souviens toi bien de ça, ma fille, pas un seul ne mérite qu’on pleure pour lui ».   Voui, môman (après elle s’étonne: « tu ne me racontes jamais rien à moi »). Une heure comme ça, au téléphone, avec ma mère, et j’ai épuisé toutes mes batteries de secours. J’en sors littéralement lessivée.

 Mon père, lui, il y a longtemps qu’il est au paradis des aventuriers navigateurs. Disparu en mer quelques mois après m’avoir fabriquée, et je serais bien incapable de te dire à quoi il ressemblait.  Aujourd’hui, je suis une grande fifille (un mètre soixante et un, sur la pointe des pieds), qui vole de ses propres ailes (indépendante, libre) et qui assume cette (très) belle et (très très) grande maison qu’il m’a laissée en héritage, à La Rochelle. On fera plus tard le tour du propriétaire, on a le temps…

Ah, et puis cette boule de poils amorphe sur le canapé, c’est mon-titi-qui-s’appelle-gros-chat-gris, mon chat persan que je gâte outrageusement pour compenser le fait qu’il soit tombé dans un foyer mono parental (ça me déculpabilise).

 Pendant que j’y suis : j’ai aussi les deux meilleures amies du monde. Mina et Coco, mes amies pour la vie. Mina est attachée de presse à Paris, et Coco  instit’ du côté de Vichy. Mina vit avec Chéri (et les ados de Chéri, un week-end sur deux). Et Coco avec Chouchou. Ces deux-là vont d’ailleurs se marier au mois de septembre prochain, et, bien sûr, Mina et moi sommes invitées au mariage. Nous serons les demoiselles d’honneur. Oui, eh bien, ça ne m’enchante pas du tout, figure-toi. Oh, dans l’absolu, je n’ai rien contre l’idée que des gens persuadés d’être tombés sur la bonne personne officialisent leur union  et s’engagent sur la durée, au risque de faire grimper plus tard  les statistiques du divorce. Mais il y aura plus de cent cinquante invités, et c’est beaucoup trop pour la nature sauvage qui me caractérise (encore un truc que je tiendrais de mon père). Une bonne raison pour y aller à reculons, même si ce n’est pas la vraie, au fond. Car à la réflexion, je crois qu’il y a autre chose de plus profond que ça. Parce que depuis quelque temps, rien ne me fait plus flipper que l’idée de finir vieille fille. Désillusionnée, frustrée, aigrie comme Violette qui lèche ses plaies à coup de citations à la noix –« l’amour, c’est comme les vacances, ça dure pas longtemps »… Et parce que mon ex futur mari à moi est tellement à l’Ouest que, la seule fois où je lui ai parlé mariage en insistant sur le mot EN-GA-GE-MENT (« tu comprends, ce n’est pas pour deux ans comme avec SFR »), il m’a répondu : « ah bon, tu veux changer de fournisseur d’accès Internet. Tu as des problèmes avec le Neuf SFR ? ». (Non, c’est avec toi que j’ai des problèmes, gros crétin)…

 Euh, je vais te laisser un moment, journal. Je pars courir. Puis le temps de prendre une douche, boire un kawa après, en bas, et je reviens te raconter mon rêve.

 

2

3 mai, un peu plus tard, dans la matinée…

 « C’est ça, c’est ça : oui je suis là, avec lui, chez lui »…

 -Hi ! Hi ! Hi !

Au début, (« c’est ça, c’est ça ») j’ai cru entendre une voix virtuelle – tu sais, comme celles des cybers cartes parlantes. Mais tout de suite après (« oui, je suis là, avec lui, chez lui »), j’ai entendu une vraie voix de fille. Je veux dire par là, que c’était une vraie fille avec une voix de pétasse multi orgasmique. Quelle pouf’ ! J’ai pensé – c’est qu’elle me narguerait, en plus ! Enfin je crois quand même que, ce qui m’a le plus blessée, c’est c’t’espèce de rire de gorge derrière. Un rire en sourdine, couard -limite gêné aux encoignures, et qui se gardait bien de se montrer…  Toujours est-il que ce rire-là esquinté de clopes et de Jack Daniels, je l’aurais reconnu entre mille, c’était çui de Matt – Matthieu, le monsieur qui squatte mes pensées vingt quatre heures sur vingt quatre. Ce qui fait que je me prends la tête encore plus souvent que je me la lave – si tu vois ce que je veux dire… Matt, l’homme de ma vie, mon homme à moi, quoi.

Mouais. Bon, je dois t’avouer qu’il n’est plus très au courant de tout ça, vu que je viens de rompre pour la énième fois. Tut, tut, tut, c’était à l’insu de mon plein gré, une fois de plus. Et même que, là, pour le coup, j’aurais parfaitement le droit de plaider « non coupable », étant donné qu’il m’avait quittée, le premier. Peut-être pas franchement, mais il était déjà parti ailleurs – ça fait trois mois, maintenant, quand il a déménagé de Paris pour Clermont-Ferrand. En tout cas, depuis, je n’ai plus jamais passé un week-end avec lui, chez lui… Oh, bien sûr, il a une excuse toute trouvée pour ne pas m’inviter chez lui, le gros malin : « je suis en pleine écriture, et tu sais bien que tu ne supportes pas quand je ne m’occupe pas de toi »…

Ouiiii, Matt est écrivain ! Il écrit des polars super virils, et son personnage principal que les lecteurs retrouvent de livre en livre, est un flic sexy à l’humour très cynique, qui fait craquer les filles (toutes ! Les jeunes, les moins jeunes et les vieilles), c’est le flic le plus testostéroné de la planète.

Quant à lui, Matt, pour tout te dire… euh non, je reviendrai là-dessus une autre fois, car pour l’heure, c’est ce rêve qui me turlupine encore. Tu me diras, ce n’est qu’un rêve, un mauvais rêve. N’empêche qu’à cet instant précis où, j’ai reconnu le rire de Matt, ça m’a fichu un coup à nul autre pareil.

Même réveillée simultanément en sursaut, c’était comme si j’avais encore le couteau planté dans le cœur. Aussi je me suis levée direct, et je suis descendu à la cuisine pour me faire un café.  Que j’ai bu, debout, le nez collé au carreau de la porte vitrée. C’était encore la nuit, une de ces nuits sans lune et sans étoile. Il tombait des cordes, tonnait… Des éclairs déchiraient le ciel, à cent cinquante mètres, juste au dessus de la plage. J’étais là, avec le manque irrépressible de lui, et l’envie de prendre le premier train pour Clermont-Ferrand qui me titillait… Parce que ça existe, les rêves prémonitoires. « Je l’aurai, un jour, je l’aurai ! »,  je me suis dit, comme l’acteur dans la pub pour la Maaf. Sauf que je n’avais pas le cœur à ricaner, et de toutes manières, qu’est-ce que j’aurais pu faire, le cas échéant ? Alors je suis restée là, à contempler l’orage, un vide, un grand vide en moi.

 

3

4 mai, début de soirée…

 Trois mois, six jours, et vingt trois heures que Matt m’a appelée, pour la dernière fois…

 Deux mois, vingt cinq jours et quelques heures, que je ne reçois plus de SMS d’amour en français (ben, on a beau dire, ça changeait du langage des analphabètes)…

 Et si on se parle encore de temps en temps, au téléphone, c’est parce que je ne lâche pas l’affaire. Ben, maintenant que je sais qu’il ne m’aime plus (il ne me l’a pas dit, mais je le sais, je le sens. Son déménagement à Clermont-Ferrand, mon rêve prémonitoire, tout ça…), je suis dorénavant  à l’abri de toute mauvaise surprise. Mais ça se trouve, un jour, il va me re-aimer comme avant, que dis-je, encore plus qu’avant. Alors en attendant, je préfère garder le contact. Bon, il n’est pas trop d’accord, pour que je l’appelle sous n’importe quel prétexte, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, il l’a exprimé clairement : ça le déconcentre et son nouveau roman n’avance pas. N’empêche le jour où il s’apercevra soudain que c’était moi la femme de sa vie, il sera bien content que je  sois toujours là.

 Pour ça, sachant que la nuit, il ne dort pas, il écrit, je l’ai appelé encore hier, à trois heures du matin. Putain, l’effet que ça m’a fait, quand  ELLE a décroché le téléphone, au bout de la vingt septième sonnerie !

-Allo ?

-Euh, j’ai dû me tromper de numéro, j’ai fait, larmoyante, pathétique, faible…

-C’est pas grave.

( Oh, l’autre ! « C’est pas grave », je voudrais bien la voir à ma place !)

 

4

4 mai, après dîner…

 

 Et ça continue encore et encore, et ce n’est qu’un début d’accord, d’accord…

 

 Qu’est-ce qui m’a fichu cette chanson dans la tête ? Je ne l’écoute jamais, moi, Cabrel. Pff, même pas vrai d’abord que je pleure encore. J’ai fermé les vannes, depuis que j’ai fait ce tuc incroyable dont j’aurais été bien incapable, encore hier : j’ai supprimé de l’ordi toutes les photos de Matt –allez hop, à la corbeille ! Et les 1229 MAILS, Hotmail, Yahoo etc, pareil : deleted ! Et qu’elle se le garde, l’écrivain, l’autre morue ! Elle ne va pas être déçue avec tout ce qui cloche chez ce mec. Parce que les gens se font toute une idée sur le personnage, mais le personnage et l’auteur, ça fait deux. Et d’abord, Matt, c’est le type tout à fait normal qui lâche des cailles en douce sous les draps, empuantant ainsi  toute la chambre, et qui médite une plombe le matin, aux toilettes…  Ni beau, ni laid, tellement banal, en fait, que les gens qui le croisent dans la rue, comme ça sans le maquillage des plateaux  télé, ils ne le reconnaissent pas. Aussi je peux bien le dire, maintenant, à force de le voir en vrai, je l’ai plus souvent trouvé moche que beau.

 Bon, je comprenais qu’on serait tous moches avec une clope roulée au bec et  un mug de kawa devant un écran d’ordi. Alors avec la bouteille de Jack Daniels, en plus !

Mais si, imagine-toi : tu t’affales dans un vieux fauteuil placé juste en face de l’ordi. Tu es habillé n’importe comment, et tu ne ressembles à rien. Puis tu te laisses pousser la barbe (ou tu t’épiles plus les sourcils, ni le contour des lèvres, si t’es une fille), et tu tapes, tapes, tapes, sur ton clavier… comme ça, jour et nuit avec le pot de tabac de 100 grammes à portée de doigts, et un godet de liquide (noir ou ambré) que tu veilles à remplir sitôt vide, et vice-versa. Bref, tu tapes, tapes, tapes sur ton clavier, sans voir le jour, ni le temps passer, jusqu’à ce que, un beau matin, tu tapes enfin le mot « FIN », the end…  Sauf que « beau matin », c’est vite dit. Parce que d’un seul coup, tu réalises que, dans cette tanière d’écrivain à gros tirage traduit en plusieurs langues, il n’y a pas que toi qui réfléchit. Ton miroir aussi. Interroge-le donc pour voir et tu verras ce qu’il te renvoie dans la poire : toi en zombie avec une tronche de déterré et des valoches sous les yeux; que si tu mettais de l’anticerne, tu en aurais jusqu’à la commissure des lèvres. Même que ça comblerait au passage les sillons naso machin.

 Eh bien Matt, quand je le voyais comme ça, il me faisait peur. Parce le pire dans tout ça, c’est qu’en trois mois d’écriture intensive, il se prenait à chaque fois neuf ans d’un coup dans le portrait, et je me disais qu’à ce rythme-là, dans quelques années ce ne serait pas beau à voir.

 Elle l’a voulu l’autre morue, bien fait pour elle ! Mal acquis ne profite jamais. Elle avait qu’à me le laisser, parce que même dans son caleçon à l’élastique relâché, je continuais à l’aimer.

 C’est dans « Le petit Prince » qu’Antoine de Saint exupéry a écrit, « on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux »… Aussi avant je trouvais que c’était exagéré parce que c’est quand même bien avec les yeux qu’on voit, mais je crois que je commence à voir les choses autrement.

 J’ai pensé à un truc presque toute la journée : je crois bien, je suis même tout à fait sûre que la poésie n’est pas que dans la littérature. Elle est également à l’intérieur des gens. Matt, par exemple…

Bon d’accord, c’est à lui que j’ai pensé toute la sainte journée. Matt encore ! Matt toujours ! N’empêche que la poésie, sa poésie, ce petit quelque chose en plus de super lumineux, c’est ce qui a dû me faire tomber raide dingue de lui, et si je l’avais pas vu tout de suite, c’est que j’avais de la m… dans les yeux !

5

5 mai, au matin

 Me revoilà ! Oui hier, je t’ai lâché parce qu’il y a eu une belle éclaircie, et je ne voulais pas louper ça. Je suis allée  siroter une menthe à l’eau sur le Vieux Port, et, là, dans les odeurs de barbe à papa et de pralines, j’avais l’impression que c’était du bonheur qui me coulait dans les veines. Je parlais avec Matt au téléphone. Elle est où la fille ? « Quelle fille ? », il m’a demandé au bord de l’éclat de rire. Celle qui m’a répondu au téléphone. « Hier, j’avais coupé mon portable et aucune fille n’a jamais passé la porte de cet appartement »…

Consulte ton journal d’appels, à mon avis, tu as dû faire une erreur de numéro.

 (Ce que j’ai fait, tu te doutes bien sitôt rentrée à la maison et, effectivement, j’avais interverti les quatre derniers chiffres en composant le numéro de mémoire, plutôt que de partir du répertoire)

 Quand on vit depuis deux ans dans l’ombre d’un grantécrivain parisien connu dans le monde entier, qu’on est petite caissière de supermarché de province, ben tu apprends vite à te satisfaire de petites choses qui n’ont l’air de rien, mais qui sont bonnes à prendre sur le moment. Comme  le sourire easy du serveur super mignon aux petits soins pour toi… le regard des mecs qui passent et le soleil que tu te prends dans la face, parce que ces trucs qui te redorent d’ego sur le coup, ça regonfle à bloc. Alors imagine si par-dessus tout ça, la voix masculine qui sort de ton portable t’enveloppe toute entière, te chatouille jusqu’aux zones érogènes, te renifle même… là c’est carrément le Nirvana. Et ce qu’elle te dit cette voix, est secondaire comparé à l’effet qu’elle fait sur toi.

– Matt

– Oui Lally

-Tu sais qu’pour aller voir Coco, j’peux prendre un train qui va jusqu’à Clermont, via Paris-gare de Lyon ? Il passe par Vichy et y’a pas de changement.

-Lally ?

-Oui Matt

-S’il va jusqu’à Clermont, ce train, c’est très bien. Ta copine Coco habite Vichy, oui je sais, Lally. Mais Clermont, c’est trop tôt pour se voir en amis.

 (« En amis » ? Ah oui, j’ai dû lui sortir ça une fois. Pour ne pas perdre le contact avec lui. En trois mois, je suis devenue la reine du repli stratégique. Et la reine des connes. Comment en 2011, après des décennies de combat pour les droits de la femme, je peux encore me conduire en carpette devant un homme aussi céleb’ soit-il ? Un peu de dignité, bon sang !)

 

 « Avec toi, Lally, c’est toujours le même problème, tu n’écoutes qu’à moitié ce que je te dis et tu ne retiens que ce qui t’arrange ».

Ben tu m’as dit quoi là, que j’aurais dû écouter et retenir en entier ?

-Aujourd’hui rien, mais la dernière fois que je t’ai appelée, si. Tu ne te souviens pas ?

-Pff, ça fait trois mois, sept jours et…

-Oui et tu as la mémoire courte, apparemment. Ecoute, Lally, les choses se sont tellement abimées entre nous dans les derniers temps, que je n’arrive pas à revenir en arrière, même si ça me fait encore énormément mal, par moments.

-Humm peut-être, mais tu m’as dit aussi que tu tenais à moi.

-Tu vois bien que tu ne retiens que ce qui t’arrange.

-Et tu m’as dit qu’on pourrait continuer à s’appeler.

-Oui, si on avait quelque chose à se dire.

-Ben justement, c’est toujours moi qu’appelle, ça veut dire que toi, t’as plus rien à me dire, qu’j’te manque pas comme tu me manques. Tu m’envoies plus de SMS le matin, plus de mails, rien…

-Lally, les conditions ne sont plus les mêmes.

-Oui ben, c’était mieux avant

 Tu sais quoi, journal ? Je pense à un truc : quand tu trouves que « c’était mieux avant », que tu es rendu à lire les spams dans ta boite E-mails, et si en plus, tu as la mémoire qui flanche, ben ça veut dire que tu t’es pris un sacré coup de vieux, et que ça va pas aller en s’arrangeant.

 

 

WHAT ELSE?

Faites connaissance avec Lally, ma nouvelle héroïne

et

Lally, ses années pension

DU MÊME AUTEUR

 

L’orage ou la flûte, 2008 (Finaliste du Prix du premier roman en ligne)

Le T-shirt blanc, 2009

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