A Nicolas, Amélie, Sylvie, Marina, Pascale, André, Sylvain et Ludivine. Avec l’assurance  de toute mon affection.

  Ainsi qu’à Ma, Aurélie et Julia, mes cousines chéries du Canada;

www-kizoa-com_www-kizoa-com_collage_2015-02-13_03-24-55_1

Bétail intime, journal d’un conne qui se soigne

Deuxième partie

Avoir toujours été celle que je suis et être si différente de celle que j’étais ! -Samuel Beckett

1

L’inaccessible étoile*

(Clic)

2

Chelsea Hôtel

Il aura suffit d’un quart de seconde –ou même pas, pour que Coco se prenne en pleine figure ce qui a dû être la plus grosse bulle du chewing-gum du monde. Et ça a fait tellement de bruit en éclatant que j’en ai sursauté. Jusqu’à Mina assoupie sur le canapé, qui a fait un bond en l’air  sans se réveiller pour autant.

Eh ben comme ça au moins, je n’aurais pas eu à chercher bien longtemps les premiers mots qui vont nous ramener un peu plus de trois ans en arrière.

C’était un dimanche en fin d’après midi, à cette heure un peu glauque où le blues de lundigestion  nous guette. Alors je me suis installée derrière mon ordi et via Internet j’ai appellé Matthieu Brillant dont  j’avais reçu la veille un mail d’invitation sur Skype. Je ne saurais jamais comment l’énorme bulle que je venais de faire avec mon chewing-gum m’a éclaté dans la figure au moment juste où Matt’ est apparu pour la première fois à la Webcam. Mais ça  nous a fait tellement rire à ne plus pouvoir s’arrêter  que j’ai fini par avaler le chewing-gum. Oui un peu plus je mourais étouffée par un Malabar avant même d’avoir réalisé ce qui m’arrivait…  Et alors là, lui le roi du polar s’est mis à me taquiner qu’il n’était en aucun cas responsable de l’explosion du ballon et qu’il ne manquerait plus qu’il soit accusé de tentative de meurtre par avalage de bubble gum de force. De toute façon lui étant à New York, où cinq ou six personnes avaient dû le voir au mythique Chelsea Hotel  à 12 heures 05 précises et moi à La Rochelle, son alibi était béton.

Tout à coup la chambre aux murs blancs de la célèbre résidence  d’artistes s’est illuminée.  Je pouvais voir par la fenêtre grande ouverte une façade de briques rouges avec ses hautes fenêtres étroites en largeur… Et lui l’écrivain français superstar me parlait de la chlorophylle de Central Park et des embruns de l’Atlantique. Il se passait un truc qui ne disait pas encore son nom, mais qui pourtant changeait tout à l’inspiration du verbe avec le soleil qui en descendant doucement sur la mer se superposait à la réalité qu’on aurait presque pu croire imaginaire.

Et voilà, fin d’une période de célibat qui aura duré pas loin de 12 mois. Bien que je n’aie pas tout de suite vu les choses sous cet angle-là, Matt venait d’entrer dans ma vie, et j’étais en paix avec la terre entière.

A trente ans sonnés –mieux vaut tard que jamais, j’ignorais encore si j’étais enfin capable d’affronter la life hors du foyer protecteur d’une mère possessive.

Aussi incroyable et contradictoire que cela puisse paraître, je n’avais pas connu de « vraie histoire » malgré une succession ininterrompue  de « p’tits amis » qui ne m’apportaient rien ou pas grand-chose, si ce n’est la piètre consolation d’être tant bien que mal accompagnée plutôt que seule comme Violette.

Violette pour laquelle aucun de ces garçons que je lui présentais ne trouvait grace à ses yeux. Pas un, dans la quantité, qu’elle n’ait trouvé à son goût ! Bon, il s’est révélé par la suite qu’aucun n’était un mec pour moi.  Mais que certains plus d’autres avaient largement contribué  à faire de moi celle que j’étais devenue : une fille qui avait totalement perdu confiance en elle.

« C’est normal, me disait Coco ; tant que tu feras passer ton bien-être personnel après celui du mec avec lequel tu es, tu ne te sentiras pas à l’aise dans tes baskets »

-Tu n’as pas besoin de Pierre, Paul, Jacques, pour être équilibrée. Tu n’as besoin de personne, Lally.

Ce qui, soit dit en passant, explique sans doute en partie pourquoi cette même Coco ne pige strictement rien à l’immense chagrin d’amour qui submerge Mina, ces temps-ci.  Pour elle, Coco, si on l’écoute, c’est complétement ridicule de se mettre dans des états pareils pour un mec.  En fait, c’est exactement comme si, elle se retrouvait face à une malade qui a très mal, pour laquelle –n’étant pas médecin, elle ne peut absolument rien.  Quand on n’a pas vécu soi-même de chagrin d’amour, on ne comprend pas grand-chose au chagrin des autres.

Cela dit, il faut croire que malgré tout les conseils de la trop pragmatique Coco, n’étaient pas tombés dans l’oreille d’une sourde, et qu’ils avaient fini par faire leur bonhomme de chemin dans ma p’tite tête.   Car un beautiful day, j’me suis réveillée de bon matin en me jurant que je ne serai jamais plus l’esclave d’un mec ; qu’au contraire j’allais devenir quelqu’un de mature et responsable, et ainsi relancer mon image de marque auprès de la gente masculine. Bref, que j’allais enfin renaître à moi-même ; autrement dit devenir celle que je suis vraiment, et qui n’a besoin de personne.

En bonne professionnelle du marketing que je suis, il n’a pas été trop sorcier d’établir un plan de revalorisation personnelle.

Me suis acheté un yucca pour commencer. Mais pas trop grand, pour qu’il puisse tenir dans un coin de mon salon. Et jour après jour, j’ai pris soin de lui, fière de développer ainsi une compétence fondamentale.

Trois semaines plus tard, me suis acheté un poisson rouge, Elvis… et avec lui, Elvis, j’ai tout naturellement développé ma capacité à créer et entretenir une relation.

Et puis, forte d’avoir réussi à tenir en vie mon yucca et mon poisson rouge, j’ai adopté un chaton.

Douze mois, tu te rends compte, il m’aura fallu douze mois pour grandir, et pendant lesquels, j’me suis uniquement concentrée sur moi… sur ce que je désirais vraiment, ce que je pouvais faire… ça faisait partie des règles du jeu.

Mouais, sauf que –tic tac, tic tac… mon horloge biologique s’en tapait pas mal des règles du jeu. Elle a fini par me signifier clairement qu’elle ne souhaitait pas faire d’heures sup’, et qu’il était grand temps d’assurer le passage du chat à l’homme…

Gloups !!!

Soudain sans que je puisse m’expliquer comment j’en étais arrivé là, je me suis aperçu que j’étais raide dingue amoureuse de cet homme  au visage familier et qui me souriait nettement à travers l’écran de l’ordi…

-C’est loin Chelsea Hotel*1 ? Me demande Mina, qui finalement ne dormait que d’un œil et a tout entendu de cette histoire du bubble-gum que je viens de raconter à Coco.

-Euh… non, au 222 West 23 rd Street, entre la 7eme et 8 avenue de Manhattan. Je crois qu’il a fermé depuis, mais on peut y passer, si vous y tenez. Et après faire Central Park, puis Times Square…

Dans cet appartement de rêve loué pour la semaine, et idéalement situé à  Greenwich Village, la première journée In New York s’organise peu à peu autour d’un thé préparé et servi par Coco.

Sauf que dans la ville qui ne dort jamais  il peut arriver qu’avec le décalage horaire la nuit déteigne sur le jour, et qu’on ne sache plus si c’est le matin ou l’après midi. D’autant plus que les nuages noirs qui s’amoncellent sur le quartier, ne sont pas le fruit de mon imagination. Ni les éclairs qui traversent le ciel assombri. C’est finalement la pluie qui en s’abattant violemment et sans préavis sur les passants, va nous faire abandonner le programme  des touristes que nous sommes, au profit d’une sieste réparatrice. Le temps de laisser passer l’orage.

1 *Avec 250 chambres sur 11 étages, le Chelsea hôtel a été construit en 1883, 222 West 23 rd Street en plein cœur du quartier de Chelsea (aujourd’hui le plus « hype » de Manhattan)…Et premier bâtiment à être classé historique et culturel de New York en 1977…

A l’Est, L’Empire Stats Building…

A  l’Ouest, les quais de l’Hudson River, où dans le passé,  les passagers des grands paquebots transatlantiques débarquaient, non loin de là.

Et un hôtel… lieu de passage, une étape entre deux destinations lors d’un voyage dont le parcours est préparé parfois plusieurs mois avant.

Un hôtel… bah, c’est banal, me direz-vous. Sauf que l’hôtel Chelsea à Manhattan est lui, tout sauf banal.

Proche de Greenwich Village donc, dans un quartier à l’architecture européenne avec ses rues sinueuses en pierres, l’hôtel Chelsea est connu dans le monde entier.

Plus qu’un hôtel de luxe, ce magnifique bâtiment en briques rouges de 11 étages, a été la résidence permanente d’artistes célèbres  et d’écrivains tels qu’Arthur Miller, Dylan Thomas, Thenesse Williams, Bukowski… Jack Kerouac (qui y a écrit « On the road », complétement défoncé à la benzidrine), sans oublier Sartre et De Bauvoir…

Tom Waits, Patti Smith, John Cale, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Jim Morrison y ont également séjourné… la liste est encore longue et impressionnante.

Même que Bob Dylan qui vivait dans la chambre 211  y a composé son album, « Desire » avec la  chanson « Sara », où il dit : « Stayin’up for days in the Chelsea Hotel, Writin »…

 Ah, et puis, il y a aussi « Chelsea hôtel » la chanson de Léonard Cohen reprise plus récemment par Lana Del Rey…

Bref c’est ainsi que l’hôtel Chelsea a cimenté sa légende, et qu’il est devenu un lieu mythique hanté par les célèbres fantômes du passé et où la réalité finit par se confondre avec la fiction…

3

 

Les naufragées

Quartier des docks et des entrepôts, Chelsea est le quartier le plus « hype » de Manhattan.

A l’ est, l’Empire States Building…

A l’ouest, les quais de l’Hudson River où dans le passé les passagers des  grands pâquebots transatlantiques débarquaient non loin de là.  Qui se souvient d’ailleurs que les naufragés du Titanic ont été logés au Chelsea Hôtel ?

La légende dit qu’une jeune femme dont on ne connaît que le prénom –Mary, a occupé une chambre du 8 e étage. Tout juste mariée à un passager du célèbre paquebot, elle était venu attendre son retour à New York, dans l’idée de lui faire une surprise.  Et elle se serait pendue dans sa chambre après avoir appris la terrible nouvelle. Depuis son fantôme hanterait les couloirs du 8 e étage, où des clients l’auraient aperçu en train de sangloter, accoudée à la rampe d’escalier.

-Matt …

Bah, à quoi bon continuer continuer de parler quand personne ne vous écoute ? Coco à l’air beaucoup plus passionnée par ce qui se dit à la table voisine de la notre, que par mon histoire dont on n’est même pas sûr qu’elle soit vraie. C’est à peine si elle a remarqué que les capuccinos sont arrivés. Quant à Mina,  quitter son monde est bien la dernière chose qu’elle ait envie de faire sur cette  terre. Et son monde à elle, c’est Chéri… Alors elle boit  le sien d’un air absent, ce qui traduit son manque d’intérêt pour l’endroit.

Le Café Grumpy est bondé de clients qui s’y sont réfugiés pour la même raison que nous, semble-t-il : la pluie. Une pluie diluvienne accompagnée d’éclairs et de coups de tonnerre.

Coincées dans un coin autour d’une table riquiqui, je pense que pour l’heure on ressemble d’avantage à des naufragées qu’à des touristes.  Mina qui vient de retirer de sa bouche ses cheveux dégoulinants, s’est mise à enrouler une longue mèche autour de son doigt.

-Alors qu’est-ce que tu voulais dire à propos de Matt ?  Qu’elle me demande, hagarde.

-Je ne sais plus. Ah si ! Que cette histoire de Mary, c’est ici que je l’ai entendue la première fois. De la bouche de Matt’…

Sauf que ce jour-là de décembre dernier, ce n’était pas l’orage, mais  la neige et le blizzard. Tout d’un coup ce n’est pas l’envie qui me manque de  raconter aussi  le Novotel de Times Square, les longues balades à pied la journée au cœur de Manhattan et la splendeur de s’aimer en admirant les  lumières de Brodway, le soir,  du haut de la terrasse, une coupe de champagne à la main

Mais je sens que je vais devoir encore consoler Mina (Ô Mina, ma Mina, je t’aime, moi, tu sais… Rho mais man, t’es pas moche. Même comme ça, en mode low profil, sans fard, avec tes ch’feux emberlificotés à la va vite dans cette espèce de couette haut sur la tête… même avec tes vêtements trempés collés  sur ta peau… même…  même que si j’étais un homme, tu me plairais.  Oui tu me plairais, tellement tu dégages quelque chose de fort decette infinie tristesse. Et ça, tu vois, ça s’appelle avoir un charme fou. Alors steuplait, pense plus à Chéri. Tu mérites tellement mieux  que lui. D’ailleurs tu sais quoi ? Ben même que si les filles, c’était ma tasse, je t’épouserais).

Gagné, elle sourit (Enfin presque), tandis que l’air tiède et ferreux de Hudson River rentre par la porte ouverte. La  salle se vide peu à peu. Signes que la pluie a cessé  Dehors les façades de briques rouges  suintent d’humidité, et si des brumes noires noires rodent encore sur les échafaudages d’immeubles, l’orage est derrière.

-Dites les minettes, je vous propose qu’on pousse un sprint jusqu’à l’épicerie fine pour faire quelques courses et rentrer avant qu’il se remette à pleuvoir.

Et c’est comme ça qu’on se la joue Sex and the city, à chanter « Walking In The rain » *, trempées comme soupes  dans les rues de Greenwich Village.

* Chanson de Grace Jones

4

Le jour où…. A WRITER IS BORN

 Qui es-tu mystérieuse « plume » dont on identifie les textes mais pas l’esprit qui les dicte ? Passionnante intrigue…

Bien à vous (à toi ? Oui à toi). Je ne vous fais pas part de mon amitié. Il s’agit plutôt d’un intérêt étrange que je vous porte, mélange de sympathie et de curiosité. Peut-être même d’une petite fascination inexplicable.

Matthieu Brillant From New York

ONCE UPON A TIME…  Il était une fois une fille qui, à force de trop regarder la série américaine Sex and the city, avait fini par se prendre pour Carrie Bradshaw. Oh, très inconsciemment, bien sûr ! Et en toute modestie  une Carrie  en version frenchie. Oui mais n’empêche qu’elle créa un blog very made in France incroyablement vivant : « Journal d’une conne qui se soigne ». Et même que ça décapait avec des records de 300 à 600 commentaires (voire plus) par billet publié Car il se trouve que cette fille qui avait toujours voulu écrire et écrivait depuis toujours, savait écrire –Ouf.

Cette fille -tu l’auras compris, c’était moi, Lally. Aussi le jour où j’ai reçu le message de Matthieu Brillant, l’écrivain, heureusement que j’étais déjà assise. Je me serais cassé le coccyx, sinon, car  en lisant ces lignes, le cul m’en est tombé.

Tout à coup, là, j’avais le logiciel (travail sur soi, équilibre, juste milieu tout ça)  en panne sèche (pff… gavant le juste milieu !), et mon ego soudain hypertrophié a dû frôler  le XXL.

Moi qui croyais en avoir fini avec l’image (faussement grandiose) de ma petite personne, eh bien comme quoi, ce n’était pas gagné.

Bon, tu me diras que la modestie à deux balles et les altruismes névrotiques – genre « j’m’occupe des autres parce que j’chuis incapable d’m’occuper de moi », c’est peut-être pas mieux, non plus… Entre l’égocentrisme et le masochisme, y’a d’la marge -pas vrai ?

Puis après tout, c’était trop kiffant d’être admiré, valorisé, encouragé… applaudi, encensé par tous ces gens… Evidemment, j’préférais ça que le contraire, et ce n’est pas moi qui leur aurais dit : « n’en jetez plus la cour est pleine ».

N’empêche qu’il fallait quand même que je fasse gaffe à pas devenir « accro » à ces nourritures terrestres. Aussi je m’étais dit  qu’une petite cure d’oubli de soi  me ferait le plus grand bien, histoire d’éliminer toutes ces ego-toxines… En même temps, c’est comme pour la bouffe : y’a le régime et la diète, mais y’a aussi le partage. Bref ayant maintenant l’ego suralimenté, il fallait que je pense à nourrir celui des autres.

Pour ça que le jour où Matthieu Brillant m’a écrit est le beau jour de ma vie, car ce jour-là, a writer is born.

5

Desperate zouzewives

 

Mina est vautrée au fond du grand canap’ bleu, avec  L’orage ou la flûte, le blablablog.com*calé sur les genoux. « L’amour, c’est quand on respire plus« …
Ben ouais, je sais, c’est moi qu’a écrit ça.
Today est un jour où on se sent toutes trop petites sous la pluie, un de ces matins où le sommeil n’est pas venu, et où le treillis et les Converse s’imposent, et c’est pas un rayon de soleil qui nous fera changer d’avis. Mina semble épuisée, et parle plus lentement que d’hab’: « l’amour, c’est quand c’est incompréhensif, et que les mots ne viennent pas« …
Cela fait vingt minutes qu’elle relit le même paragraphe page 349, en donnant l’impression qu’elle vient de gravir la montagne la plus abrupte du monde, et d’étouffer dans une apnée épouvantable.
She is in vrac…  Euh, même pas vrai qu’on se moque !!! On est solidaires, pas vrai les filles ?  On s’est maté l’intégrale des Bridget Jones, en se sifflant des BBC (Baileys-banane mixée-coco), et on a mis nos plus belles robes pour danser devant la glace, mais Mina, son coeur s’est brisé 947 fois, cette nuit. Elle a pleuré toutes les larmes de son corps, oublié de manger, fumé, elle qui fume jamais !  Elle a rangé la télécommande dans le bac à légumes du frigo, et accroché le regime de minis bananes bio avec le plumeau, dans le placard à balais…  puis elle a fini par s’écrouler sur la moquette, en nous demandant pourquoi, pourquoi chéri n’appelle pas, pourquoi lui  continue sa life comme si de rien n’était, et pourquoi ils en sont arrivés là, avec cet amour énorme qui pourtant était le leur.
-Tu trouveras quelqu’un d’aut’, Mina, quelqu’un de mieux.
Eh ben c’est vrai, quoi ! On a toutes connu ça, les gouttes de pluie qui nous font mal plus qu’a n’importe qui, ce déchirement à coup de pioche, cette tristesse sans fond…  Et qui n’a pas pensé alors que non, décidément non, on s’en sortirait jamais, que la vie était finie, le bonheur impossible ?  Et pourtant, pourtant…  Toutes, par petits bouts, on a guéri.  Mais oui !!!
-Il va me quitter pour une pétasse plus jeune.
-Nan, Mina, c’est toi qui va le quitter, parce que nous, les femmes, on finit toujours par quitter les hommes qui nous avaient déjà quittées. Eux sont làches par rapport à ça, y restent avec nous quelquefois, mais ne sont déjà plus là. Alors oui, c’est toi qui va le quitter, et la pétasse sera juste son lot de consolation.
-Mais ça revient au même, c’est monstrueux !!!
Pff, que dire ?  Dans ces cas-là rien ne suffit. Et pourtant, pourtant, oui on comprend, oui on est là, on fait des cookies dans la cuisine. Pis une fois prêts, on les range sagement, en mangeant machinalement ceux qui rentrent pas dans le Tupperware. Soit une bonne quinzaine de cookies.  Tant qu’à étouffer, autant s’étouffer !!!
 
 6
Blowin In the wind
(Soufflé dans le vent)

Au pays de la fashion et de la démesure, on a vite fait de perdre les limites qu’on s’était fixées soi-même, pour aller encore plus libre et toujours plus loin, shoppiner ou guincher entre filles seules…

De p’tits matins footing où les écureuils de Central Park nous accompagnent, en après midi délire soif d’aujourd’hui, et tellement explosées de contradictions que c’en est parfois prise de tête, en soirées blig bling mais pas trop, ou guimauve salée comme on aime, il arrive que tels des grimlies après minuit, on soit en train de muter, et qu’on se retrouve blotti  au creux d’un fauteuil, à parler pendant des heures dans la night fever de ces choses qui nous font vibrer et réinventer nos vies… Bref des échanges infinis de confidences sur l’amour et l’amitié, because on sait pas trop comment ça commence ces histoires-là, profondes et vivifiantes comme l’océan, mais un jour on est dedans et puis voilà.

-C’est parfait ici, non

On dirait que Coco vient juste de réaliser quel est  le but du voyage. Petit sourire aux lèvres, lunettes de soleil sur la tête genre la fille qui se la pète, mais pas trop, elle a a juste un léger frémissement des narines en nous expliquant  qu’elle ne s’est jamais sentie aussi loin des élèves de sa classe et du mauvais café servi dans la salle des profs de son lycée à Vichy.  Que même l’air qu’on respire ici parait différent.  Parce qu’aussi incroyable que cela puisse paraître dans une ville aussi gigantesque que New York, on respire comme nulle part ailleurs…

Tout le monde connaît New York ne serait-ce qu’à travers les milliers d’images que chacun à pu voir par le biais des séries télé ou dans les films, comme, par exemple, les briques rouges de Williamsburg dans les « Affranchis » de Scorsese et le sommet de l’Empire State Building avec « King Kong », ou même encore  ce qui reste du Lower East Side des années 1920 dans   « Il était une fois en Amérique »… Et quand bien même nombreux sont ceux qui de l’autre côté de l’Atlantique, peuvent revivre « Manhattan » de Woody Allen, en traversant (dans leur tête) le pont de Brooklyn au petit jour, personne –je dis bien, personne ne connait l’endroit où nous sommes au moment juste où j’écris ces lignes. Et ce, pour une simple et  bonne raison, les touristes ne viennent jamais se perdre jusque là.

A la terrasse d’un petit restau, au fin fond d’un quartier tranquille.  Au bled Al Cham –c’est son nom-  Un nom qui sent bon le Moyen Orient. Cocktail de bienvenue (démesurément grand) au citron, miel et fleur d’oranger.  Tout frais et naturel, s’il vous plait ! Sans doute pour faire oublier l’absence de carte (ce qui n’est pas pour déplaire, soit dit en passant,  aux aventurières qui sommeillaient en nous). Menu unique, tarif unique…le chef de cuisine nous a servi le plat du jour composé de viande, de riz, d’épinards, de chou-fleur doré et de courgettes farcies à la viande. Le tout servi avec une sauce au yaourt et des pignons de pin. Un pur régal (pas gras du tout)  avec des saveurs légéres qui font voyager encore plus loin, en nous donnant cette sensation vraiment rare d’être au moment juste à l’endroit où on voulait être.

La lumière d’été décline sur le petit espace de verdure, en face. Là où un mec  joue de la guitare,  entouré de filles  assises sur un bout de pelouse.

Blowin’ In The Wind!

Je n’ai plus qu’à ranger mon stylo et mon carnet de bord. Car qu’écrire d’autre, sinon qu’au moment où Mina se met à chanter du Bob Dylan, tout va merveilleusement bien.

The answer, my friend, is blowing in the wind…

the-freewheelin-bob-dylan-pochette

 

7

SUN, SEX AND THE CITY

 

 

Cette sortie au Café Wha… waw, le truc est par trop gigantesque, faut absolument  que je raconte ça. Bon déjà, le Café Wha, y se trouve 115 Mc Dougal Street, entre Bleecker et West srd Street, à Greenwich Village qui a été construit sur des marécages, au bord de l’Hudson River, et refuge de la bohème littéraire et artistique, où, sur la 5e Avenue, les cafés sont les QG des écrivains et des artistes. Les New Yorkais vous diront que le Café Wha est surtout fréquenté par les gens du New Jersey, des banlieusards, quoi. N’empêche que Jimi Hendrix et Bob Dylan y ont joué à leurs débuts, et que pour les Français qui débarquent à New York, ce bar-boite à concerts (salsa, country, blues, jazz, rock etc) a de quoi satisfaire leur appétit de bamboche.

Aussi hier, après une journée de shopping, à se sentir libre en renouveau et humer l’air cru de la ville mythique, en se disant que la mer est derrière chaque building, on se sentait légère, hyper estivale, zen…  Ben oui, même si, par cette chaleur accablante, l’air de la Big Apple semblait plus pollué, et qu’c’était plutôt sa mère que Mina avait à tous les coins de rue, au bout de son portable, on a ri comme des folles en rêvant d’un monde où on aurait toujours des lunettes de First Lady sur le nez, un monde où on ferait sautiller not’ carré rafraichi, et voleter not’ mini robe haute couture vintage, en rentrant not’ ventre…  un monde où on porterait des Adidas avec nos robes -eh oui, today c’est possible avec les Stan Smith de filles sans lacet, avec le petit talon et le bout ouvert…  un monde où on serait Google earth soi même à force qu’on s’envolerait mentalement pour piquer droit sur l’endroit où on aurait envie d’aller… et enfin, un monde où dès qu’il ferait beau on boufferait des glaces au melon et à l’abricot, et on serait OK pour aller boire un verre au Café Wha, chaque soir que Dieu fait…

(Bah si j’étais magicienne, comment je filerais aux gens le virus que j’ai en moi du bonheur fait de grandes et petites choses qu’il est bien plus simple qu’on croit de mettre dans sa life, ce doux moteur du bonheur dans la lumière du ciel, et qui fait ronronner not’ corps)…

Mais attention les filles, l’abus d’alcool nuit gravement à la fidélité. Euh, ben oui, comme on commence à le savoir, il y a comme qui dirait un os entre Mina et son homme.  La raison ? On s’en fout (sans doute, monsieurroutine, le tueur en série du couple), lui éprouve un besoin viscéral de chair fraiche qui le pousse à reluquer d’aut’s fesses, et leur belle famille recomposée est plutôt décomposée d’puis kek temps.  Du coup, Mina est desperate et quasi frustrée. Alors hier, quand elle a croisé le regard d’Andrew, beau mec, chaud bouillant devant, elle s’est dit « why not ? », sans préméditation aucune…. Tennis sobres et pieds nus dedans, un jean blanc, une chemise bleue Oxford  un peu délavée et pas repassée… Un prince ! Un crétin de prince charmant avec le p’tit foulard indien autour du cou ! Et today, Mina, a un putain de mal de crâne et quelques souvenirs flous, dont une grosse connerie au compteur.  Mais c’est pas d’sa faute à Mina, d’toutes façons, c’est Andrew qui lui a fait un rentre dedans terrible.

Ben ouais, j’ai bien vu comment elle était trop contente de se réassurer côté séduction. 1 partout, la balle au centre ! Pour autant, elle le dit, elle le répète, son objectif à Mina, c’est de durer, durer avec chéri, et ce matin elle nous a fait jurer que cet abus d’alcool restera entre nous (secret, donc). Si elle y tient, hein ! Pis pourquoi, nous, on ferait souffrir son amoureux en lui dévoilant cette chose énorme qui est écrite désormais sur son front ? Quoi que, si j’étais à la place de Mina, je me poserais les bonnes questions. Parce que, quand même, rouler une pelle à son voisin de table au Café Wha, et plus parce qu’affinités…  Bon ça veut pas dire que ce dernier est le nouvel homme de vot’ vie, mais un sacré détonateur, qu’on le veuille ou non (« Ah ça fait du bien !), en tout cas, çui qui vous a aidé à mettre le doigt sur vos vraies envies… et il serait p’têt temps de regarder la vérité en face.

Mouais, sauf que Mina, elle se souvient plus très bien, et que pour alléger le poids de son infamie, elle s’emploie déjà à remodeler l’histoire. On va dire que, c’était il y a longtemps, très longtemps, et que Mina, elle est comme la môme Piaf: elle s’en fout du passé !!!

Bon assez écrit pour ce soir, j’vais aller reposer mes idées, faut qu’elles dorment un peu, demain  dimanche, c’est prévu qu’on aille à une messe en Gospel dans une chapelle de Harlem.

Et même qu’à travers les brumes de son ivresse, pas plus tard qu’hier en rentrant du café Wha, Mina qui commençait à se rendre compte qu’elle était allée trop loin nous a rappelé qu’il ne fallait pas louper ça… Pour moi c’était clair qu’elle avait quelque chose à se faire pardonner.

 

8

Oh happy day!

 

Waw, si on ne voulait pas se faire remarquer, c’est loupé ! Aujourd’hui dimanche, jour du Seigneur, on s’est levé tôt pour assister à l’une de ces fameuses messes Gospel dans Harlem. The « must see » de New York, parait. Et nous voilà donc, tout de blanc vêtues,  à l’Elmendorf Reformed Church. Proche de la bouche de métro,  c’est la plus vieille église de cet immense quartier situé au nord de Manhattan. On a beau se faire le plus petites possible dans les derniers bancs de la rangée du milieu, nous ne sommes pas  les seules touristes blanches à attirer les regards par là. Petits signes de têtes et grand sourire aux lèvres, toute l’assistance couleur locale est tournée dans notre direction. Même que certains fidèles viennent nous saluer et nous demandent comment on va, d’où on vient, si New York nous plait… tandis que la pasteure qui nous accueille, nous explique que si nous sommes venues pour la partie Gospel, nous ne sommes pas obligées d’assister aux prières.  Chacun est libre, dit-elle, tout sourire.

Bah, puisqu’on est là, bien sûr que si, on va rester…

Et moi qui pensais qu’on allait tous se lever, taper dans nos mains et chanter « Oh happy day »… ben non, ça c’est dans « Sister Act », le film.  Mais on n’est pas au ciné, en vrai ça démarre par un petit discours pour remercier les fidèles avec un « thank you » suplémentaire  à notre intention.  Rêveuse et déconnectée depuis cette sortie au café Wha, Mina ne  quitte pas les musiciens des yeux, fascinée par la basse, la batterie, les cymballes, le saxophone et autres instruments dont je ne connais pas les noms ; alors que Coco ne peut pas s’empêcher de soupirer en jetant des regards autour d’elle. Pff depuis ce matin c’est comme ça. Mademoiselle est d’humeur boudeuse parce que depuis notre arrivée, elle n’a encore pas pu joindre Chouchou par téléphone.  De toute évidence, ce dernier a l’air de très bien se passer d’elle. Aussi ça fait de l’ombre  à son image de femelle dominante plus sûre du tout, que c’était une si bonne idée que ça d’venir enterrer sa vie de jeune fille dans la capitale des célibataires. Bref ce qu’il leur faudrait, là tout de suite à Mina et Coco, c’est un peu plus de plus de peps et d’enthousiasme.  Déjà qu’ moi pauv’ pomme qui par amitié acquise n’a qu’un seul souci, maintenir les copinettes en gaieté et leur servir de guide pendant toute la durée de notre séjour dans la Big Apple, j’ai presque plus d’idées où aller après Central Park, tantôt…  Mais peut-être irons-nous voir l’Apolo* et le Cotton club* avant…

Au moment juste où j’y réfléchissais, les membres de la chorale se lève en entonnant « Mmm… Mmmmm… Mm…  » …  « Ooowooo…ooh »…

Ça y’est,  c’est parti ! Les deux mains en l’air, une vieille dame de couleur dirige la chorale comme une chef d’orchestre, sauf qu’elle n’a pas de baguette, puis elle chante au micro. Il y a soudain des pleurs, de la trans…  des frissons…  de l’impro avec les fidèles qui remercient Jésus… Des « free huges » accompagnés de « God bless you »…

Ensuite un duo homme femme met le feu…  Les chansons, on ne les connaît pas, mais on est tous debout. Au milieu des fidèles qui crient et dansent, on tape dans nos mains et on fait semblant de chanter, les larmes aux yeux d’émotion… Le groove nous gagne… Impossible de résister. 45 minutes de Gospel, pendant lesquelles la musique nous emporte. Nos corps bougent en rythme avec une énergie qu’on ne soupçonnait même pas en nous, l’instant d’avant.  « Trop kiffant ! »….

-C’aurait été dommage de louper ça.

Et c’est Coco qui le dit. Mais Mina et moi, ne pouvons qu’aquiescer. D’autant plus qu’après la messe, nous les françaises tout de blanc vêtues, avons été invitées par la pasteure en personne, pour partager le repas des fidèles autour d’une grande table, dans la bonne humeur et la convivialité.  Sans aucun doute, ce moment restera notre meilleur souvenir de New York.

www-kizoa-com_www-kizoa-com_collage_2015-02-07_05-45-28_2-2

 

9

I ‘M IN

Au pays de la fashion et de la démesure, on a vite fait de perdre les limites qu’on s’était fixées soi-même, pour aller encore plus libre et toujours plus loin, shoppiner ou guincher entre filles seules…

DE P’TITS MATINS FOOTING, OÙ LES ÉCUREUILS DE CENTRAL PARK NOUS ACCOMPAGNENT, EN APRÈS-MIDI DÉLIRE SOIF D’AUJOURD’HUI, ET TELLEMENT EXPLOSÉES DE CONTRADICTIONS QUE C’EN EST PARFOIS PRISE DE TÊTE, EN SOIRÉES BLING BLING, MAIS PAS TROP, OU GUIMAUVE SALÉE JUSTE COMME ON AIME, IL ARRIVE QUE, TELS DES GRIMLIES APRÈS MINUIT, ON SOIT EN TRAIN DE MUTER, ET QU’ON SE RETROUVE BLOTTI AU CREUX D’UN FAUTEUIL, À PARLER PENDANT DES HEURES, DANS LA NIGHT FEVER, DE CES CHOSES QUI NOUS FONT VIBRER, RÊVER ET RÉINVENTER NOS VIES… BREF DES ÉCHANGES INFINIS DE CONFIDENCES SUR L’AMOUR ET L’AMITIÉ, BECAUSE ON SAIT TROP PAS COMMENT ÇA COMMENCE, CES HISTOIRES-LÀ, PROFONDES ET VIVIFIANTES COMME L’OCÉAN, MAIS UN JOUR, ON EST DEDANS, ET PUIS VOILÀ.

Bon alors, the list: ketchup, beurre de cacahouète, Dr Pepper, céréales et cookies. Euh voui, Mina, chuis sûre de vouloir ramener  » ces trucs grave gras » qui font fantasmer le yankee qui sommeille en chacun de nous, dès qu’on parle de junk food. Même que les bagel cream cheese, ça cause à tout le monde -pas vrai, les filles ? OK, les chewing-gums au goût super chimique, c’est p’têt pas la peine. En revanche, le DVD de New York New York – en VO, please, j’y tiens ! Y s’ra pour nos soirées d’exception entre copines, quand je remonterai sur Paris, j’ai dit.

A propos de soirée d’exception, on s’en est fait une la veille du retour, dans le clair obscur d’un p’tit resto new yorkais, où la déco était trop belle, le serveur trop cool, le dîner sucré trop good, et, pour le coup, l’addition trop salée. Bah, au pays de la fashion et de la démesure, on a vite fait de perdre les limites qu’on s’était fixées soi-même, pour aller encore plus libre et toujours plus loin, shoppiner ou guincher entre filles seules.

« Le choix du coeur est toujours préférable à celui de la raison », qu’elle nous a sorti Mina -encore elle.  Bon d’acccord, elle souffre du syndrome de la blonde qui doit sans arrêt s’efforcer de prouver qu’elle n’est pas idiote, mais chuis d’avis que, là, elle a loupé l’occasion de se taire.  Ben oui, parce que j’aime mieux pas imaginer, ce que ça donnerait si on se mettait toutes et tous à suivre uniquement not’ feeling ?! Un peu, oui, qu’ça nous conduirait plus souvent qu’à not’ tour, à faire des conneries plus grosses que nous !!!  A part quand on a 17 ans, l’âge où on est pas sérieux du tout, après ça devient beaucoup plus compliqué. OK, il faut savoir être spontané, se lâcher…  En plus, l’amour est un domaine où les conseilleurs ne sont pas les payeurs, mais ça n’empêche, on est toutes et tous, faits de raison. Alors faut arrêter, Mina, avec ces histoires à la con de prince charmant qui te réveille d’un baiser, un beau matin.  D’abord moi, chuis pas  du matin, et je risquerais de lui coller des torgnoles dans sa tronche, si ce crétin s’avisait de  de me faire un bisou sur le bout du nez (Psst: sourire). Non, sérieux, c’est comme l’aut’ avec ses yeux de cocker qu’a perdu sa gamelle, cet Andrew qui lui chouinait à l’aéroport, sous le crachin, que ça le désespérait de la voir partir loin de lui, de l’aut’ côté de l’Atlantique.

Hé, c’est pas le vulgaire boy friend du paté de maisons, à deux rues d’ici !  Et faut dire que la Big Apple, c’est un peu loin. Oui quand même ! Un peu loin à  7 heures 30 heures de vol direct ( sans escale ni correspondance), un peu loin dans les 400 et quelques Euros en classe éco, suivant la période et comme on compte. Donc y peuvent pas se  voir tous les 4 matins, surtout que pour elle, le matin, c’est midi à quatorze heures, vu le décalage horaire.  Autrement dit, ils n’ont plus qu’à s’aimer avec le retardateur, un ordinateur, un clavier… Mais ça se trouve, ça peut être follement excitant de vivre dans une bulle virtuelle, et de passer des soirées en tête à tête avec un ordi, en piquant du nez devant son écran, dès que l’aut’ détourne son regard de la Webcam…

Moi, me moquer ?! Jamais de la life ! M’enfin, Mina, tu me connais ?! Pis d’abord, chuis d’accord: une love-story, si elle est pas résolue, reste éternelle. On vit avec.

Hmm, j’ai compris ça toute seule, sur le sable mouillé à la plage du phare des Baleines, à l’heure où la marée descendait, et où les souvenirs olfactifs de l’Atlantique remontaient à la surface. Même que j’me suis perdu le coeur, à force de chercher des yeux, en vain, à l’horizon turquoise, la skyline de Manhatan. Jtd (je t’adore) NYC, jtm New York ! Les amours impossibles ? Y’a que ça de vrai, parce qu’elles durent jusqu’à la nuit des temps.

Houla, I’M IN ! Et cuite comme un homard, but that’s another story !

 

 

SOlène

(Tous droits réservés)