ILS ÉTAIENT POUR TOI, CES POÈMES (2)


Photo mise en avant: merci à Stéphanie qui n’ a « pas pu attendre le tirage au sort du 15/12) ♡

 

📍

On ne lit pas, ni écrit de la poésie parce que c’est joli. On lit et écrit de la poésie  parce qu’on fait partie de l’humanité. Et l’humanité est faite de passion. La médecine, le droit, le commerce  sont nécessaires pour assurer la vie. Mais la poésie, la beauté, la romance, l’amour, c’est pour ça qu’on vit. – Le cercle des poètes disparus ( John Keating dans le film)….

 

🎧

 

🎼

 

À  TOI (en attendant le recueil)…

 

 

J’ECRIS MES CRIS

 

J’écris mes cris avec mon ventre, ma sueur et mon sang

J’écris  à  cor et à cris pour apprivoiser le manque

quand l’absence ne dit pas son nom

J’écris  la nuit sur un désert de cendres encore brûlantes

à  coup de couteau ou  bien de hache 

J’écris tout le temps comme ça

à bout portant du côté du silence

J’écris mes cris, te les écris aussi…

Puis  je m’écrie !

Et je les jette au vent… 

SOlène 

14/05/2020

 

LETTRE À MON AMOUR  (QUI NE LA LIRA PAS)

 

Alors voilà, j’ai fini de boire mon café, comme ça

debout devant la fenêtre

Feignant dignorer les promesses du ciel

J’ai regardé  le soleil se coucher…

Puis j’ai attendu que la nuit tombe

pour t’écrire sans papier ni crayon

dans la lumière du noir

une lettre que tu ne liras pas

pour cette simple et bonne raison

que je ne te l’enverrai pas.

Car vois-tu, ces mots que je pose sur mes maux

ne sont rien d’autre que les ondes

d’une mémoire qui s’ est figée à jamais

sur nos hiers et nos jours anciens

quand la terre tournait dans le chaos

de nos nuits d’amour sans lendemains

Et que nous attendions de cet amour-là

qu’il accouche de son étoile qui danse

Mais en vérité, ce que tu ne sais pas,

c’est que toutes ces choses non exprimées

elles sont parti crever au fond de mon âme

où  elles se meuvent pourtant encore

comme des lumières et des ombres

attachées deux par deux

dans une perpétuelle étreinte

À  tel point que je crains autant que je le désire

les voir  sombrer  à  force de chialer

encore plus que je pisse ces mots brûlants de fièvre

entre mes draps blancs trempés  de sueur.

Aussi  ce n’est qu’au petit matin que j’écrirai vraiment

Et encore seulement si quelque chose d’autre

me coule du coeur jusqu’au bout des  doigts

pour te dire, voilà je t’aime encore.

C’est peut-être ça, l’amour

ce qu’il reste quand il ne reste plus rien. 

SOlène

10/06/2020

***

DES MOTS DU BOUT DU MONDE

 

Et puis, il y a des jours comme aujourd’hui…

Des jours où le ciel prend la couleur d’un vieux jean délavé

tout déchiré de gris par les nuages

Ces gros nuages qui passent au rythme de mes pensées

Allongée sur le temps, les pieds en hier, la tête en  demain

je pense encore à  toi…

Tandis que mon coeur, lui, répond « présent » au vent du large

encore et toujours ce même vent qui gonfle les voiles de plaisance

tout autour du phare du bout du monde,

je t’écris  à  plat ventre, les tripes à même le sable

avec l’espoir qui se retire comme la mer

et le moral à marée basse

Car jamais personne n’entend les cris muets

qui prennent la forme des mots sur le papier

Alors que moi, je voudrais juste entendre ta voix

pour pouvoir lever les yeux, et te voir là

au moment où  tu me dirais

bah oui, je suis venu jusqu’au bout du monde

parce que moi aussi, je n’ arrête pas de penser à  toi

SOlène

Les Minimes

18/06/2020

***

LE CALME AVANT LA TEMPÊTE

 

La mer est belle ce soir

et le soleil qui brille sur elle en se couchant

ne reflète rien de ce que je ressens

Assise là sur un rocher face au phare du bout du monde

là où les vagues se heurtent et se brisent

là où le vent souffle plus fort

Je t’ aime autant que je te hais

Je t’aime parce que c’est plus fort que moi

Je te hais pour le mal que tu me fais

avec les tiens de « je t’aime » qui me reviennent

comme ça, mine de rien, dans les embruns

au même goût de sel que mes larmes

Autant en emporte le vent, moi, je veux bien

Mais il ne faudrait pas pour autant qu’ on emporte notre histoire

 

La mer est belle ce soir

et  le bruit du vent qui passe ne dit rien d’autre

que ces histoires-là  sont banales, et vieilles comme le monde

L’ amour n’était sans doute pas si profond qu’ on nous l’a fait croire

Parfois, plus les mots sont beaux, plus ils sont faux

Alors il vaut peut-être mieux être  déçu

Que continuer à  espérer  dans le flou

 

La mer est belle ce soir

A l’horizon c’ est le calme plat

Le calme avant la tempête

La grande tempête  du dedans

 

SOlène

Dimanche 21/06/2020

***

 

RIEN D’AUTRE QUE ÇA

 

Passant dans le feuillage éblouissant de vert

Écoute dit le souffle du vent

Le bonheur, ce n’est rien d’autre que ça

Ces rires d’enfants sous ta fenêtre

Et le piallement des moineaux

Ne se souciant pas du lendemain

 

Montant lentement à son zénith au plus haut du ciel

Regarde, reprend le soleil

L’amour ce n’est rien d’autre que ça

Ce rayon de lumière  qui danse

Sur ton drap éclatant de blanc

Et les grains de silence

aussi légers que des poussières d’or

Dans la pénombre de ce matin d’été

Rempli par l’absence de l’être aimé

 

Aussi je sais bien, mon amour

Que le froissement d’ailes des papillons

Frôlant à peine cette petite fleur sauvage

Poussée  en bordure du temps

Ce n’est rien d’autre que ça:

Tout ce qui ne dépend pas de toi, ni de moi

Mais qui pourtant éclaire nos vies chaque jour

Et ça suffit bien

C’est même beaucoup

Tout comme cette encre qui coule

Pour te dire toujours à  peu près la même  chose:

Je t’aime

Rien d’autre que ça: je t’aime… Et puis voilà.

SOlène

26/06/2020

***

ENTRE CHIEN ET LOUP

 

Il ne fait plus vraiment nuit, ni encore jour

C’est l’heure étrange entre chien et loup

Où ma main te cherche dans le lit sens dessus dessous

Recroquevillée au fond des draps comme un faetus

Arraché au ventre de sa mère, je tremble de froid

L’âme perdue dans l’impudique nudité des songes

je me souviens á peine de ton souffle dans mon cou

Pas plus ni moins que  de mon abandon

Quand tu calmais ma fièvre à  coup de reins

Les projets que l’ on  fait dans ces moments-là

Fol intervalle entre la sève et le fruit

Sont des châteaux de sable que la marée emportera

La saison ne dure pas si longtemps

 

Il ne fait plus vraiment nuit, ni encore jour

C’est l’heure incertaine entre chien et loup

Où le grand sapin, seul témoin de ces corps à corps

Commence à  agiter sa cime avant même

Que l’oiseau caché sous les toits ne se mette à  chanter;

L’heure inspirée où  le café coule, el l’encre aussi

Au rythme des nuages dans  l’infini  du ciel taché de  nuit

Et de mes pensées qui s’effilochent sur la nuque de l’été assoupi…

L’heure où l’histoire s’inscrit dans la durée en lettres de sang

Car les mots qui viennent savent de nous

Ce que nous ignorons d’eux et de cet amour

Qui refuse de mourir

SOlène

27/06/2020

***

LES JOURS GRIS

Dans ma chambre j’ai tiré les rideaux

Mis de la musique, allumé des bougies

Trempé des petits écoliers dans le café au lait

Etalé des vieux vyniles et des livres partout parterre

Invité monsieur R, Baudelaire et Louis-Ferdinand

 

Les jours gris comme aujourd’hui

Où le ciel est lourd de pluie

Je veux pas le voir pleurer sur la mer

Même si c’est marée basse

Je peux pas changer le monde

Mais je peux nous rêver d’autres vies

 

Les jours gris, c’est comme des nuits sans étoiles

Tout est à réinventer

J’écris des poémes et des « je t’aime »

Je dessine des soleils et je cueille leurs rayons

Que je t’offrirais si jamais tu venais

 

Les jours gris, ça me fait peur

Toutes ces heures sans entendre ta voix

Pourtant je ressens du bonheur

Rien qu’à t’imaginer là

SOlène

29/06/2020

 

Aimer quelqu’un c’est le lire. C’est savoir lire toutes les phrases qui sont dans le cœur de l’autre, et en le lisant le délivrer.  C’est déplier son cœur comme un parchemin et le lire à haute voix, comme si chacun était à  lui-même un livre écrit  dans une langue étrangère.  – Extrait de « La lumière du monde » de Christian Bobin….. 

Il y a de la dédicace dans l’air ! 🖋

 

Clic  *

 

 

17 commentaires sur “ILS ÉTAIENT POUR TOI, CES POÈMES (2)

    1. Pour SOlène

      Oui, car sur un blog, les poèmes se perdent dans la nuit du flux et la nuée du temps. Alors qu’un recueil, on passe devant, en coup de vent, on le feuillette sans que jamais ses feuilles ne tombent.
      Un recueil de poésie vit toujours au printemps.

      Aimé par 2 personnes

  1. Bonjour Solène. Quand je lis tous ces magnifiques textes que tu écris sur cet amour au passé révolu, je me dis que ce que vous avez vécu devait être magnifique (en tout cas dans ta tête et dans ton corps). Tu as mis beaucoup d’espoir dans cette relation. Aujourd’hui encore tu la vis intensément mais elle est stérile car à sens unique. Les mots que tu nous livre sont beaux comme l’âme qui les écrit. Je souhaite qu’elle ne sombre pas dans les chimères d’un passé douloureux mais se ravive dans un amour neuf avenir. Je te souhaite du fond du cœur de le rencontrer et qu’il te fasse oublier ce nuage qui s’attarde au dessus de ta tête et de tes nuits.
    Bonne soirée
    Alan

    Aimé par 2 personnes

    1. Bonjour Alan. Eh bien comment dire ? C’est étrange le ressenti d’un lecteur. Étrange et – ma foi, intéressant. En tout cas, ça m’interpelle.
      En fait, c’est vrai que les poèmes qui parlent d’un moment précis, d’un état passager…. ne racontent rien de ce j’ai vécu ( de magnifique, ou pas tant que ça, d’ailleurs). Et non, vivre intensément (dans la realité) un amour qui ne serait pas réciproque, tu vois, ce ne serait même pas envisageable. Il n’y aurait par conséquent pas de commencement. Et donc rien, mais alors rien de ce que ces poèmes laissent croire au lecteur attentif que tu es pourtant. Je t’en remercie au passage.
      La nostalgie, j’aime. Mais seulement en poésie. Dans un roman déjà beaucoup moins. Voire pas du tout. Dans « Bétail intime », par exemple, c’est de l’autodérision à fond.
      Bref, tout ça pour dire que non, je ne suis pas dans l’attente de quoi que soit. Ma vie correspond à un choix que j’ai fait. Un choix qui me correspond. Et au quel je me tiens, car je sais très exactement ce dont je ne veux pas. Autrement dit, ce que je vis me convient. Très très bien !
      Cela dit, bien sûr, quelqu’un m’inspire. La situation aussi. Mais ça s’ arrête là.
      Enfin bref, y’a aucun souci. Bel après-midi á toi. A bientôt. Au plaisir de te lire.

      J'aime

  2. Impossible d’écrire un commentaire à la hauteur de ta poésie. Tes tripes sont imprégnées sur le papier, ton sang, son encre. Ça me parle, me remue aux larmes , comme si c’était moi qui vivait cette histoire d’amour. Les histoire d’amour heureuses où malheureuses sont les plus belles. Un jour tu retrouveras un nouvel amour .Tu es très touchante et inspirante Solène .. Bisou😘♥️💐

    Aimé par 2 personnes

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