Sans rancune… Suivi par Lou Doillon – « All these nights « 


Tu avances dans ta vie comme un voyageur
qui sait que le train, que l’avion, que le navire
est déjà parti mais qui court tout de même
jusqu’à la porte d’embarquement
il faut le voir ce voyageur rassembler
ses forces dans les derniers mètres
qui le séparent du guichet
fermé, désert, attendant le voyageur suivant,
il faut le voir, ce retardataire, fondre de sueur,
demander s’il est encore temps alors
qu’il sait, ce voyageur, que c’est fini.
Pas à jamais,
que c’est fini pour l’instant.

Tu avances dans cette vie où les ruptures
t’ont creusé un trou profond à la place du coeur :
dedans tu entasses des apparitions,
tu empiles des sanglots, ton corps est bien rangé,
tu as souffert longtemps, si longtemps qu’aujourd’hui
tu considères que guérir pourrait t’ennuyer.
Le soir tu fuis à pas rapides la danse des oiseaux
au-dessus des arbres nus. Tu reçois ce message :

est-ce que notre histoire continue ?
Tu réponds en tremblant :
mon histoire continue,
mais ton chapitre est clos.

C’est un drôle d’automne qui commence :
je vois le ciel échanger son manteau pour
d’épaisses laines d’orages et de brouillards,
je vois cela à travers les vitres des wagons sans âge,
des librairies nouvelles et des chambres d’hôtels
où l’on me donne le droit de me baigner des heures
dans l’eau brûlante et potable. C’est un drôle d’automne
qui commence, je le traverserai comme un
voyageur qui croit savoir ce qui arrivera :
il est venu à l’heure, son bagage à la main,
mais le prochain bateau,
il ne le prendra pas.

Sans rancune.
Nous avons si bien vécu. Et nous continuerons. Un peu
moins bruyamment. Tu sais, on peut silencieusement
désobéir et faire chez soi une longue révolution.
Sans rancune.
Nous avons si bien perdu, il fallait s’appliquer pour
chuter de cette façon. Aujourd’hui j’admets que
c’est presque terminé et que nous nous entêtons,
comme ce voyageur,
à courir après un train, un avion,
que nous ne pourrons jamais rattraper.

Mais courir pour rien c’est cela mon aventure
et je ne veux pas entendre,
pas maintenant, pas tout de suite,
je ne veux pas qu’on me raconte
la fin.

COULON Cécile

WHAT ELSE ?

 

 

🎶 ALL THIS NIGHTS 🎶

(Toutes ces nuits)

Here by the ocean where the water meets the cause she awaits
Told he’d be gone and mention how
long he’d have to stare back at the sun
And the years that keeps on spinning,
A finger that keeps waving all the years spent alone

Here by the Great Wall for his men, for his pride he fights
Lost all he could claim,
nothing left now but his name against the winds he drifts
away
And the years that keeps on spinning,
His tears that keep on rolling all evenings far from home

Shall last in between her sorrow and his dreams seaside (?)

He’s met with every stranger,
always seeking the same answers, something to hold,
something to keep
For his years to keep on spinning,
For an end to this longing of evenings lost alone

Coup de coeur

Belle journée à tous ! Avec un tout grand MERCI pour votre fidélité. A ce soir.

L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient,

Et l’homme est las d’écrire et la femme d’aimer.

Baudelaire, Crépuscule du matin

19 réflexions sur “Sans rancune… Suivi par Lou Doillon – « All these nights « 

    1. Il y a toujours toujours de l’espoir – tant qu’ il y a de la vie. Comme il y a toujours toujours du soleil derrière les nuages. Et par temps gris, souvent de belles éclaircies. Ainsi va la vie, avec le beau temps après la pluie, après l’hiver le printemps. Rien n’est figé, jamais.
      Quant aux trous, je pense qu’ils finissent toujours par se refermer. Une plaie ne reste pas béante, elle se referme et cicatrise. Un jour.
      Merci pour et pour ta lecture et pour ton commentaire, Cecilevalentine. Belle soirée à toi, à bientôt. Sur ton blog.

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    1. PS: A propos  » Mon histoire continue, mais ton chapitre est clos », je trouve ça un peu léger. Et contradictoire avec « je ne veux pas connaître la fin ».. Mais bon, ce soir, j’suis de mauvais poil ( je l’ai été presque toute la journée), et dans tout le reste du poème il y a de très très beaux passages.

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      1. Bah non, c’est la réponse de l’autre, cellui qui est parti(e) en laissant l’auteur(e) du poème à sa solitude. L’auteur(e) demande « Est-ce que NOTRE histoire continue » et l’autre répond « MON histoire continue, mais sans toi… » C’est comme ça que je comprends ce paragraphe, du moins.

        Aimé par 1 personne

  1. Mais non, Jean-Louis. Elle reçoit un message: est-ce que notre histoire continue ? Elle réponds: mon histoire continue, mais ton chapitre est clos. Enfin, je dis elle, mais elle, Cécile dis « tu »….
    Bah, pas grave. Suis fatiguée, moi, ce soir. De mauvais poil, et fatiguée. Pas physiquement, intellectuellement. Je comprends plus grand chose.
    Juste que tu me dis que j’avais liké sans commenter ( « comment taire ce qu’on n’ose pas dire sur WordPress » ? )….. En effet, j’avais liké, mais j’ai dû reliker – déjà d’une. Et de deux, mon commentaire ayant disparu également, je m’en suis étonnée ( nervée contre WordPress, encore une fois). Mais sinon, il n’y a rien de particulier que je n’ai osé-ou-pas-osé dire sur WordPress, le cas échéant, je le fais de vive voix sans 7 milliards de témoins 😉
    Bien rentré au bercail ? Belle et douce nuit à toi.

    Aimé par 1 personne

  2. Très beau poème qui me parle vraiment, surtout en ce moment de ma vie si particulier … « tu as souffert longtemps, si longtemps qu’aujourd’hui tu penses que guérir pourrait t’ennuyer »
    Belle nuit douce Solène.

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