Jour (s) étrange (s)… Suivi par « Lally, ses années pension »


Il y a des jours, des mois interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes, des secondes qui contiennent tout un monde. 

Jean D’Ormesson

Araignée du soir espoir… Endormie dans le lit de cette voix aimée et familière, j’ai trop bien rêvé cette nuit; rêvé que je dormais au creux de ses bras, comme au premier soir du reste de ma vie, avec en bruit de fond le tic tac rassurant du réveil en écho aux battements de mon coeur.

🕸🕷

A présent, c’est la pluie qui a pris le relais; la pluie qui bat son plein au moment où je change l’eau des roses.  Elles ont duré  toute la semaine, et sont encore belles. Sur la terrasse le vent a renversé le laurier rose qu’il serait grand temps de rempoter. C’est un jour étrange où je fais une croix sur le calendrier. Une croix de plus, c’est J moins…  Aujourd’hui l’automne s’est habillé de gris. Ce gris pisseux qui m’entraînerait presque dans des nostalgies plus lancinantes qu’un mal de dent…  Araignée du matin chagrin.

Sur le fil d’actualité Facebook où je ne fais que passer comme ça, vite fait, un aminaute* depuis bientôt une décennie nous fait un coup de sang, cause de tous ces gens plus choqués par la pub Nana ( les serviettes hygiéniques)  que par  toutes ces horreurs qui se passent tous les jours dans le monde. 18447 likes, 4377 commentaires et 34518 partages. J’hallucine.

Dessin de Hazel Mead

Mais c’est vrai que j’ai vu aussi sur Change, qu’ une pétition a déjà recueilli 10000 signatures  au motif que sur cette pub  – jugée dégradante, choquante, vulgaire, on aperçoit furtivement du liquide rouge sur une serviette hygiénique et des cupcakes en forme de vulves qui chantent. D’aucuns diront peut-être que pour vendre du papier toilettes, on n’a encore jamais montré le caca dessus, ni sur les mouchoirs jetables des crottes de nez ou de la morve. Soit ! Pour autant, on ne peut pas dire non plus que les règles,  ce soit un truc pornographique, que ce soit à la télé ou ailleurs. En même temps, l’autre soir, j’étais devant mon plateau tv, les yeux rivés sur le petit écran, quand soudain, la fille de la pub Nana est apparue en gros plan. Toute grimaçante de ses douleurs menstruelles, ou effarée par le débarquement – que sais-je exactement, elle a regardé dans sa petite culotte. Aussi j’avoue m’être mise à chipoter. Je n’avais plus faim. Et pourtant, j’adore les sushi.  Alors, me concernant, c’est juste une question du timing. Sinon,  je suis d’accord avec mon aminaute: sont fascinants tous ces gens plus offusqués par le sang des règles que par celui des guerres qui font des milliers de morts.

« Je vois trop de gamines dans mes écoles, depuis 11 ans, qui ne savent pas comment réagir quand brusquement, leurs corps changent. Combien de fois j’ai dû leur expliquer ce qu’il se passait, leur dire que c’était normal. Parce qu’elles n’osaient pas en parler chez elles, parce que personne n’en parlait à la maison. Combien de fois j’ai dû acheter des serviettes pour en mettre dans la pharmacie de l’école, parce qu’elles en avaient pas chez elles. J’ai regardé cette pub. Elle désacralise le corps féminin que l’on veut trop cacher, souvent. Ou trop montrer, c’est selon. Je suis davantage choqué devant une pub de voiture qui met une femme nue sans raison, mais bon. Visiblement, on ne fonctionne pas pareil, vous et moi. J’ai regardé cette pub. Elle n’a rien de choquante. Ce sont vos réactions qui me choquent, vraiment.

Je plains vos filles et vos fils, élevés dans une crainte d’un phénomène naturel mais gavés aux conneries audiovisuelles. »

En y réfléchissant, c’est peut-être ça qui m’a manqué, de ne pas avoir vu de pub Nana chez les bonnes soeurs à l’époque de mes premières règles auxquelles j’ai consacré une grande partie du chapitre, Mes années pension dans  Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne ( à paraître )

Araignée du tantôt cadeau….

WHAT ELSE ?

Lally, ses années pension

 

« Maîtrise de cendrillon en poche, je suis partie dans la vie avec ce même et sérieux handicap : croire que « à chacun sa chacune » (et, après tout, chaque prince a la princesse qu’il mérite). Aussi il aura suffit qu’une Blanche-neige vienne braconner sur mon territoire pour que mon beau château de sable soit emporté par une marée de larmes”…

🖋

Ce soir, je commencerai donc par te parler des frères machin. Et je te ferai remarquer que je n’ai pas choisi la transition la plus simple, car tu n’imagines même pas comment  ceux-là m’ont pourri l’existence. Ça a commencé, je devais avoir dans les douze et des poussières, j’étais en pension chez les sœurs d’puis le CP, et leur apparition (j’parle des frères machin, pas des bonnes sœurs) est forcément liée à tous les désagréments qui ont suivis. Et encore, « désagréments », le mot est faible, je trouve. Ce fut l’enfer, oui. Et pas comme au Monopoly où on peut repasser par la case départ. Non direct l’irréfutable, sans même un petit crochet par le purgatoire

 

 N’empêche que j’enjambe ces années qui ont précédé l’apparition des frères machin (de leur vrai nom nichons, ces monstres immondes qui ont transformé la pensionnaire normale que j‘avais étéjusque là, en une espèce de mammifère en uniforme bleu marine et blanc). Ben oui, parce que sinon, tu vas te choper un coup de déprime. Et la déprime, on ne sait jamais, ça peut parfois virer en grosse dépression.

 Alors voilà, il ne te reste plus qu’à imaginer un pensionnat de pauvres petites filles riches… Des bâtiments solides, cossus, nimbés de brume, et perdus au beau milieu de nulle part, avec plein de vert autour, et un immense ciel bleu au dessus…

(Bon, ça  y’est, tu vois le tableau ???)

 Ce jour là donc, les fenêtres de la classe étaient grandes ouvertes. Dehors, un jardinier passait la tondeuse sur les pelouses, et l’air autant chargé de pollen que de molécules hormonales, frémissait d’une odeur d’herbe fraîchement coupée, mêlée à celle de l’hémoglobine…Et moi là, assise derrière mon pupitre, je me tordais de douleur pendant le cours de Sœur Marie du Saint Sacrement. Même que j’ai vu la dernière heure de ma courte vie, arriver au moment juste de la prière d’avant la récréation. C’est depuis ça, d’ailleurs, que je sais qu’on peut mourir d’adolescence…

 Les êtres passent et s’effacent. C’est comme les choses, les êtres… un jour ils disparaissent. Je l’aimais vraiment beaucoup, moi, Sœur Marie du Saint Sacrement. Et elle aussi, elle m’aimait. Elle ne me l’a jamais dit, quand j’étais pensionnaire. Mais elle me l’a écrit après, au stylo plume, de sa belle écriture faite de pleins et de déliés, sur du papier à lettre qui sentait trop trop bon l’enfance.

 Parce qu’on s’est écrit nous deux, jusqu’à ce que… Ben oui, les êtres ça dure un peu plus longtemps que les roses, mais ça meurt aussi. Alors leur souvenir reste au fond du cœur, dans un p’tit coin…

 Dans un film, on enverrait le flash-back. Et « chère sœur » (comme ça que je l’appelais sœur Marie du Saint Sacrement, « chère sœur », comme j‘aurais dit « maman »), bref, « chère sœur » apparaîtrait frêle silhouette noire en cornette blanche, dans le dortoir rose. Le dortoir des « Mésanges ». Eh oui, j’étais une « mésange ».

 Allez, pas d’impatience, cher journal, j’envoie immédiatement la fuite -euh, pardonne-moi ce lapsus révélateur, je voulais dire la suite, bien entendu.

 Et donc ce sang répugnant qui me dégoulinait le long des gambettes, ça s’appelait «  les règles », mais tu l’avais compris, n’est-ce pas ? Et les règles, selon chère sœur, c’était ce qui permettait d’avoir des bébés…

 Pas facile à expliquer, mets-toi  à la place de chère sœur… loin très loin des choses du sexe, et face à une mouflette en pleurs qui, de son côté, n’avait pas, mais alors pas la moindre idée de comment que ça se fabriquait, les bébés.

 Mais quand même, j’ai eu droit à ma première « serviette hygiénique », ce truc qui ressemble à une couche de nourrisson justement, mais en plus petit… Et j’étais là, en train de me bouffer l’ongle de l’auriculaire gauche, en me demandant pourquoi qu’ça m’arrivait à moi, sans qu’l’ange Gabriel me soit apparu ?

 En parlant de couche, tu as le droit de sourire : j’en tenais une bonne. Persuadée comme j’étais désormais d’attendre un enfant. Je te l’accorde, c’était fort de café. Mais alors à un point que tu n’imagines même pas. Mouais, parce que, en plus, les frères nichons grossissaient à vue d’œil. Et pour moi, ça ne faisait pas l’ombre d’un doute : c’était le lait…

 Transformée la pensionnaire -j’te dis, en une espèce de mammifère en uniforme bleu marine et blanc. Ah, elle était chouette la « mésange », comme ça affublée de mamelles !

 Euh, oui,  parce que je ne te l’ai pas encore dit, mais ma pension, elle était en pleine cambrousse. Et dans toutes les cambrousses, il y’a des vaches. Je crois même bien que dans le village, il y’avait plus de vaches que d’habitants. Des vaches avec des mamelles énormes, tellement qu’elles étaient gonflées de lait. Et je savais bien que le lait, il ne servait pas qu’à faire la crème fraîche, le beurre et le fromage, mais également à nourrir les veaux.-hé, je les avais vu téter, les bestiaux au doux regard lobotomisé… Mais c’était clair de chez Clairefontaine : moi, les frères nichons, ils me dégoûtaient. Grave. Je ne voulais pas d’eux, et puis c’est tout. Et pas d’un bébé dans le ventre, non plus. Aussi faut me comprendre : je n’avais même pas 13 ans…

 Je veux bien croire tout ce qu’on me raconte, l’instinct maternel, le bonheur de l’allaitement tout ça… moi j’dis qu’à 13 ans déjà, j’me sentais pas faite pour la reproduction. Le seul bébé que j’avais eu l’occasion de tenir dans mes bras, il avait vomi sur mon T-shirt. Et cette odeur de lait caillé – Berck !

 Dieu merci, neuf menstruations plus tard, je veux dire par là neuf mois après mes premières affaires, je n’avais toujours pas mis bas.  Aussi, que les choses soient bien claires (je la fais courte, parce qu’à la longue, ça pourrait gonfler) : il eut sans doute fallu que je posasse les bonnes questions à la bonne personne au bon moment (ma mère, aux vacances de Noël, par exemple), mais je ne le fis pas. Et je trouillais alors ma life, d’avoir un « divin enfant » mort dans mon ventre, qui – pour preuve, ne s’était pas arrondi. L’enfer, j’te dis.

Jusqu’ à ce que, un beau jour enfin, au réfectoire, dans un moment d’intense illumination, j’ai tout compris toute seule comme une grande, en observant de près une partie de pattes en l’air entre deux mouches diosophila melagogaster, plus communément nommées « mouches à vinaigre ». . Comme ça, sur le coup, j’étais grave dégoûtée tellement que c’était dégueu d’imaginer ma mère dans cette situation pas ordinaire avec mon père. Alors j’ai agité les mains devant ma figure, pour chasser vite fait ces sales pensées, au nez et à la barbe du Christ en croix, et -j’te dis pas comment tout de suite après ça, je me suis mise à kiffer la Sainte Vierge Marie, sa maman au p’tit Jésus.

 Bon, c’est pas le tout, mais ne m’en veux pas pour le raccourci que je vais te faire prendre tout à coup. Car, fini le pensionnat chez les bonnes sœurs, et bel et bien finie ma période mystique : nous voilà dans Paris, à deux pas des Buttes-Chaumont, le bahut… J’ai de nouvelles copines, bien que, pas très dégourdies les meufs. Même qu’elles sont trop nulles, à croire encore au prince charmant. En plus, leurs amoureux je leur trouve tous des têtes de mari. Ben, c’est que de  mon côté, je ne vois pas ce que je ferais d‘un mari, ni ce qu‘un mari ferait de moi… Aussi, je les trouve énervants, moi, les garçons à toujours mater si « il y a du monde au balcon ». Comme si ils n’avaient jamais vu de leur vie du 95 C, et surtout comme si ça compensait qu’il n’y ait personne au grenier (et vlan, prenez ça en passant, dans les dents)…

 Mouais ben, en tout cas, mon mec à moi, il sera à la fois sapeur-pompier-super-héros et poète maudit (ou auteur de best-sellers) à ces heures, genre çui qui préfère les cerveaux aux gros lolos –na.

 Hé, c’est que je visais haut ! Sauf que j’avais beau dire quant au solide cursus en connerie de mes copines et faire la grande à coups de « moi je » et de « y’a qu’à », je  n’ai pas fait mieux qu’elles : maitrise de cendrillon en poche, je suis partie dans la vie avec ce même et sérieux handicap : croire que « à chacun sa chacune » (et, après tout, chaque prince a la princesse qu’il mérite). Aussi il aura suffit qu’une Blanche-neige vienne braconner sur mon territoire pour que mon beau château de sable soit emporté par une marée de larmes. C’est que mes phéromones n’avaient pas encore pris le pouvoir sur les garçons, et qu’ils ne tombaient pas comme des GI sur une plage du débarquement, en Normandie. Oh, c’est vrai que par la suite j’aurais –si je l’avais vraiment voulu, très bien pu devenir une ogresse de la consommation, comme les copines. Enfin à ma façon. Et en attendant… Sauf que pas de sentiments, pas de sexe. Et que le sexe, c’est comme les abdos, moins on le fait, moins on en a envie. Et puis si c’était pour jouer la méduse échouée au fond d’un lit, je préférais encore rester chez moi avec un bon bouquin sur la spiritualité. Parce que j’étais sûre, au fond, qu’un jour viendrait où je serai de nouveau prête à (re) tomber amoureuse. Si, si !!

SOlène

(100% réel)

Tous droits réservés

Billie Eillish

🎶 Coup de coeur 🎶

 

34 réflexions sur “Jour (s) étrange (s)… Suivi par « Lally, ses années pension »

  1. Aussi étrange cet article que ce jour avec ce ciel gris et ses règles qui nous tombent dessus. Pas d’amour pas de sexe c’est la descente aux enfer. Tout muscle qui ne travaille pas s’atrophie. Vaut mieux en rire. J’hésite entre le hihihi ou le hahaha. Bonne journée Solène. Bisous ensoleillé plein d’énergie positive.

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    1. S’atrophie… ou bien, gare aux toiles d’ataignée. 🕸🕷
      Rhoo, j’ai un humour qq peu pourrave, des fois. Merci de ton indulgence, Charef.
      Et sinon, oui, comme tu dis: il vaut mieux en rire. Et j’avoue que l’autodérision fonctionne à plein rendement chez moi. Je ris de moi-même et c est ce qui me sauve, je crois bien.
      Merci à toi, mon ami poète, pour ta sagesse encore une fois, et pour les bisous ensoleillés comme pour l’énergie positive qui font chaud au coeur par les temps qui courent.

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  2. Bonjour SOlène, je me souviens de cet extrait du Journal d’une conne qui se soigne, ça doit même être un des premiers articles que j’ai lus sur ton blog. En tout cas un des premiers dont je me souviens.
    Je n’ai pas vu la pub de Nana (hihi, je n’ai pas la TV), mais j’en ai entendu parler.
    Eh oui, avec le sang menstruel, c’est à un drôle de tabou qu’ils s’adressent. Le sang menstruel, celui qui fait de la femme une sorcière, que l’on a pourchassée et persécutée pendant des siècles et sous bien des climats…
    Et pendant ce temps en effet, des atrocités ont lieu partout sur la terre, mais ça, c’est montrable !
    Merci pour la belle photo de toile d’araignée, et excellente journée. 🕸️☕️🌹🌞

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    1. Oui, cet extrait, chapitre en entier plutôt, fait partie d’une des pages connexes à « Faites connaissance avec Lally, ma nouvelle héroïne » Et, en effet, j’y ai retrouvé tes commentaires de l’époque. Ça fait pile poil un an, tu travaillais encore sur Paris, tu te « gavais » d’opéra les soirs en semaine, parce qu’après tu irais moins souvent « Après » nous y sommes, c’est maintenant… à présent L’eau de la Seine a coulé sous les ponts se Paris, et voilà, quoi. Ainsi va la vie

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        1. Oups ! Pas vu ce comm-. Pas de notif ça débloque vraiment gmail/wordpress)
          Moi, un côté janseniste ?! C’est nouveau, ça. 🍌
          C’est malin, y’a « 7 milliards » de gens qui vont le croire 🤣
          Il est tard ( bien bossé 💪 ). Moi dodo.

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  3. Je n’ai rien saisi à ce grand charabia des uns et des autres par rapport à cette pub. En effet quand tu vois le nombre d’horreurs au quotidien, moi ce qui me choque ce sont ceux qui sont choqués par quelque chose d’aussi naturel que le sang des règles.
    Mais bon le monde ne tourne pas rond, alors…
    Si on en parlait plus facilement et plus librement, les jeunes filles sauraient, elle prépareraient ce moment comme un accueil, une liberté et non une punition divine ou je ne sais quoi.
    Mais voilà on a des tabous et on les protège bien, on préfère dire aux enfants qu’on fait un bébé en s’embrassant sur la bouche!
    Cachez ce sang que je ne saurai voir…surtout cachez vous…évitez de trop vous montrer…évitez d’exister…
    Heureusement il y a les mots pour nous sortir de toutes ces incohérences, pour nous donner de voir plus haut, plus loin!
    Affectueuses pensées pour cette nouvelle semaine SOlène!

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    1. J’avoue que moi, non plus, je ne comprends pas bien tout ce tintamare pour une pub avec un peu de liquide rouge dessus.
      Il y a tellement de choses plus graves que cela dans la vie et à travers le monde. Comme les guerres en effet, avec leur milliers de victimes innocentes et tout le sang versé, du vrai sang, là pour le coup.
      Je l’ai ecrit, mais c’est vrai, c’est peut-être justement d’avoir vu une pub Nana qui m’aura manqué lors de l’apparition de mes premières règles. Parce que quel drame ! Tout ce que je raconte dans ce chapitre de « Betail intime » ( et qui m’a inspiré le titre) est 100 % réel. Le pire, c’est que la souffrance, l’angoisse tt ça, aura duré des mois. Le pire souvenir de mes « tendres années », c’est ce passage de l’enfance à l’adolescence en pensionnat chez les soeurs et au sein d’une famillle (maternelle) bourgeoise et catho en Normandie. Surprotégéé, certes. Mais….
      « Le sang des règles, c’est ce qui permet d’avoir des bébés ».
      Euh, oui, mais encore ?
      Et donc je me suis retrouvée ( dans ma tête), moi aussi,  » enfantée par l’opération du Saint Esprit). Et je raconte pas le flippe Enfin si, je raconte tout ça dans le chapitrer  » Lally, ses années pension ». Aujourd’hui, j’en ris (de moi-même), mais quel traumatisme ! Qui aurait pu être évité si la pub Nana avait existée 😉
      Affectueusement à toi aussi, Marie. Grand merci pour les lectures, tes commentaires et ta présence amicale. Tt cela m’est d’un grand reconfort par ces temps de surmenage et suractivité. Trouver le temps pour sa passion après une journée ordinaire de travail à temps plein, pas tous les jours facile facile.
      😘❤🌹
      Au plaisir de te lire sur ton blog.

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      1. Ah ! Solène, j’ai été plus chanceuse que toi car, à 3 ans 1/2, j’ai assisté à la naissance de mon p’tit frère (décédé le 31 octobre 2016), j’étais alors assise sur les genoux de mon père devant la porte de la chambre à la maison. Le sang, je l’ai vu et vu passer … j’ai vu le bébé tout frais sorti avant que ma grand-mère le lave. Par après, curieuse comme je suis, lorsque c’était le temps, j’ai suivi ma mère allant aux toilettes avec quelque chose de blanc dans les mains. À la dérobée, sans qu’elle me voit j’ai observé ce qu’elle faisait de ça … avec les années, j’ai compris. Si bien qu’à 8 ans, je savais tout. Lorsque le temps de l’école arriva, j’écoutais les filles du secondaires qui en parlait souvent à côté du vrai et en arrivant à la maison, je rapportais tout cela à ma mère qui me dit alors … tu peux les écouter tant que tu voudras mais, ne prends pas la parole parce qu’elles vont te trouver trop jeunes pour que tu leur en apprenne. Ce que j’ai compris tout de suite. Mais il m’a fallu attendre jusqu’à 14 ans pour que cela se produise en moi … une chose est sûre je fus préparée de lonque main en pas pour rire, hein !!!
        Bonne soirée,
        Solène !
        Bisous♥

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        1. Oh merci Colette pour ce commentaire. J’aime bien comme tu racontes.
          Justement, je me rends compte à quel point j’ai été « surprotégée » et de toutes ces choses dont personne jamais, ne parlait devant moi. Quand mon petit frère est né, ils ont « poussé » jusqu’à m’emmener dans le jardin, me montrer le plus gros des choux et me dire, tu vois, c’est là…. Les garçons naissent dans les choux et les filles dans les roses. Et le pire, c’est que je l’ai cru. A cinq ans, je n’avais même pas remarqué le ventre de ma maman. A présent, il me semble que tous les enfants savent au moins ça…. que le bébé est dans le ventre de la maman. Je connais un un ptit bout, qui a deux ans sait déjà que sa petite soeur était là. Comme lui, avant elle.
          Mais toi, à 8 ans, tu étais plus vive, plus « éveillée » que moi qui gobais tout ce qu’on me disait 🤣
          J’ai bien changé, plus rien n’arrête ma soif de savoir. Fini aussi les « bloquages » qui ont suivi.
          Ah, et puis, tu sais pas, mais jusqu’à 15 ans, je voulais devenir religieuse. Pas rentrer au Carmel comme soeur Thérèse ( ma pension n’était pas loin de Lisieux), non ça, ça me faisait peur, mais partir en Afrique. Ça m’a passé quand j’ai quitté l’internat pour retourner vivre à Paris avec mes parents. Je pense que c’etait plus une question d’influence ( ou d’exemple) qu’une vocation. 10 ans chez les soeurs. Oui, quand même.
          Des gros bisous à toi, ma chère Colette. Et merci pour ce petit bout d’enfance partagée. ❤

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      2. Ah ! Moi, je savais qu’il était dans le ventre de ma mère et c’est moi, que lorsqu’elle confectionnait un petit vêtement pour lui, allait le déposer dans le tiroir de la commode.
        Bon dimanche !
        Gros bisous♥

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  4. Ah j’adore ! Du début à la fin ! Déjà là pub Nana, merci à eux. Je la trouve drôle, elle désacralise les règles, ce truc que tant de filles comme toi et moi ont vécu comme l’enfer sur terre, cette idée que l’on va mourir là sur un banc d’école … Elles étaient où nos mamans ?
    Merci pour ses années pension, où je me retrouve, bon pour moi c’était moins chic mais dans la tête c’est pareil.
    Bises et tendresse Solène.

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    1. Merci Cathy, un tout grand MERCI du coeur pour ta lecture et pour ton commentaire.
      Touchée.
      C’est vrai que c’est le grand traumatisme de mon enfance, cette fin de l’enfance. Quand j’y repense, ben oui je me dis que la pub Nana m’aurait bien été utile à ce moment là.
      Des gros bisous, Cathy. A très bientôt.

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  5. Je dois t’avouer que je me suis régalé à lire cette histoire de ta découverte de ta puberté au pensionnat chez sœurs. Bien que ce passage de ton adolescence se soit avéré difficile pour toi, tu as eu le don de la raconter sur un ton mélodramatique tout en y ajoutant une bonne dose d’humour avec, parfois, de l’auodérision. Ce qui fait que j’ai lu cette histoire parfois en te plaignant et d’autres fois en riant discrètement dans ra faon de tourner en dérision cette période. Un texte qui vaut son pesant de cacahuètes !
    Il y a la découverte de ceux que tu appelles méchamment les frères machin, ces deux intrus qui apparaissent sans que tu aies donné ton avis et qui vont avoir le culot de grandir et grossir. Et te voilà qui te compare à un mammifère en uniforme ! Pire, plus tard, tu compares ces fameux frères au pis ds vaches en déduis rapidement qu’ils sont là pour permettre aux veaux de téter. J’imagine le tableau en souriant mais pas comme toi à l’époque.
    Puis arrive ce flot inattendu d’hémoglobine qui ‘effraie. Bien sûr cette chère sœur va te donner ce qu’il faut mais question explications précises pour rassurer, elle ne pouvait pas être très au courant la brave religieuse. Bien sûr, ti tu penses que c’est comme ça que viennent les bébés mais tu te rassures à peine à moitié en pensant à l’archange Gabriel qui ne t’a pas rendu visite. Que veux-tu, il avait eu une Vierge à prévenir, on ne lui avait pas donné l’ordre de réitérer cet exploit !
    Quel dommage que tu n’aies pas demandé à ta maman alors que c’tait la seule personne à pouvoir te rassurer en rentrant dans les détails. Malheureusement tu n’as pas agi. Tout comme toi, j’étais en pension chez les Pères quand j’avais le même âge et un jour, j’ai reçu un coup de pied volontaire dans l’entre jambes. Pour la première fois je me tordais de couleur.
    Aux vacances de la Toussaint, rentré chez mes parents, ils faisaient venir le médecin de famille qui m’a fait baisser mon slip et à commencé à me tripoter les deux petites boules auxquelles je n’avais pas prêté attention. Ce médecin a dit alors : «Elles descendent ben !» J’ai raconté ce qui m’était arrivé et il m’a expliqué que c’était normal mais que, pour compenser, j’allais avoir du poil au menton !
    A côté de ça, ta découverte de la façon dont on faisait des bébés grâce à ta vision de deux mouches copulatrices est hilarante surtout quand on lit ta réaction et ton incantation secrète pour la Vierge, son Fils et Dieu le Père … Un délice à lire !
    Plus tard, tu t’affirmes et découvres les garçons que tu parais mépriser parce qu’ils ont des têtes de maris : je trouve la comparaison amusante et vacharde pour les maris biens sous tous rapports.
    Les garçons qui s’intéressaient de près à tes charmes en prennent pour leur grade puisque tu leur supposes un Q.I. de méduse !
    Par contre tu recherches le petit ami avec des qualités introuvables en un seul homme. Ensuite tu commences à chasser le petit ami mais tu n’es pas assez guerrière et on vient te piquer ceux sur lesquels tu as des vues. Ton idée de filles qui viennent braconner sur ton territoire montre que tu as l’instinct de la chasseuse mais assez aguerrie face à la concurrence. La preuve ? Tu avoues que tu n’étais pas capable d’en faire tomber autant que les soldats durant le débarquement malgré des atouts certains et visibles qui ne compensaient pas le manque d’expérience et d’agressivité.
    Heureusement tu étais convaincue que le bon, le seul, l’unique, celui qui aurait les qualités que tu lui demandais de posséder arriverait un jour. Un texte autobiographique que j’ai adoré et qui sentait vraiment le vécu.

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    1. Oh Yann, cher Yann, je n’ai pas assez de mots pour te dire merci et toute ma reconnaissance à la fois pour tes lectures attentives et pour tes si généreux commentaires.
      Le temps me manque tellement qu’il m’arrive de – non pas culpabiliser, mais d’être en pétard contre moi-même pour mon manque de discipline quant à ma gestion du temps. C’est pour ça que ce matin, pas de grasse matinée, reveillée tôt pour répondre aux commentaires. Aussi, j’espère bien avoir rattrapé ce soir une grande partie de mon retard de lecture sur les blogs. Il pleut dru, une tempête est annoncée avec des vent violents de 130 km/h, donc pas de balade sur la plage aujourd’hui. Mais peut-être pas, non plus, de travail sur mon manuscrit. La tournée des blogs s’impose.
      Des bisous, un bon dimanche et à plus tard, donc.

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  6. Tout ce qui est caché et tabou entraîne des commentaires et des réflexions exagérés. Alors que l’on s’habitue à voir les images de guerre sans s’offusquer. Mais je dois dire que plus rien ne m’offense aujourd’hui, car on voit de tout et de plus en plus de tabous dévoilés. Je viens d’une génération où tout était caché, une amie m’avait parlé des règles sinon jamais je n’aurais su ce que c’était. Était-on plus malheureux ou plus arriérés? Je ne crois pas, chacun son époque.
    J’ai bien aimé te lire
    Amitiés

    Aimé par 1 personne

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