« POURQUOI PAS »… Suivi par « PAR-DESSUS TOUT »


Photo mise à  la une: la tour Eiffel vue de Montmartre….

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Pour être  heureux, il faut éliminer deux choses: la peur d’un mal futur et le souvenir d’un mal passé.  – Sénèque….

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« POURQUOI PAS », À  PROPOS….

Alors « pourquoi pas » c’est le moment où  tout bascule, le moment où  finalement j’accepte l’amour de quelqu’un, d’un homme… que j’accepte de l’aimer, moi aussi. C’est le moment où  je décide que l’amour que j’ai pour mon fils est plus fort que tout, et qu’il va pouvoir finalement me sauver.

Se demander « pourquoi pas être heureuse » au lieu de toujours me dire « pourquoi être heureuse ? »,  « pourquoi aller bien ? »,   « pourquoi si ? »,  « à  quoi bon ? » …. Et là,  tout simplement d’un coup,  j’ai  soudainement l’impression de refuser de refuser…. de dire oui à la vie, et oui au champs  des possibilités gigantesques qui s’ouvrent  à  moi, et que je ne voyais plus depuis des années. 

Il a fallu ôter petit à petit toutes ces couches de superficialité pour voir la lumière, et il y avait un horizon très grand. Et ça, c’est une autre chose. 

ROSE, il y a 3 ou 4 jours à  l’occasion de la mise en ligne  sur YouTube de ce nouveau titre, extrait de Kérosène.

J’ADORE !

De la Butte Montmartre….

PAR-DESSUS TOUT

Et par-dessus tout continue de
croire qu’on ne se remet pas d’avoir
aimé si fort,
même si on te dit que tu es mièvre
avec ce genre d’idées dans la tête,
même si on te dit que ce n’est pas
comme cela que tu avanceras dans la vie,

et par-dessus tout continue de
nourrir les chats errants dans le jardin
avec les restes du dîner,
même si on te dit qu’il vaudrait mieux
les tuer
ou t’en occuper pour de vrai,
même si on te dit que ce n’est pas une bonne
façon de vivre que de faire les choses à moitié,

et par-dessus tout ne t’en veux pas
si tu n’es pas capable de coucher avec
le premier ou la première venue,
ne t’en veux pas si tu n’es capable de coucher
qu’avec le premier ou la première venue,
même si on te dit qu’il faut te détendre,
même si on te dit qu’il faut te calmer,
ne t’en veux pas de ne pas savoir
dormir seul
ou de ne pas savoir dormir à deux,

et par-dessus tout continue d’écrire à propos
de la couleur de ses yeux
quand vous vous retrouviez pour une nuit
dans une chambre inconnue,
continue de penser que l’amour véritable se loge
où il veut,
et que tu l’accueilleras quelle que soit la forme
qu’il prendra,

même si on te dit que tu n’as plus l’âge de ces choses-là,
même si on te dit qu’il faut que tu vives et que tu prennes
soin de toi,
réponds la vérité : ici tout va bien sauf que tu n’es pas là,

et par-dessus tout n’attends pas le bon moment,
le bon endroit, les parfaites conditions,
n’attends pas que ce soit parfait, que la terre
tourne à la bonne vitesse,

rien n’est grand dans ce monde
sinon l’amour que l’on porte en soi.

COULON Cécile

Recueil de poèmes, sortie mars 2020

Couverture: Pierre Émile Havette

Préface de Barz Diskiant

WHAT ELSE ?

Un p’tit caf’with me ?

Très  très  bon lundi  ainsi qu’une excellente  semaine à  vous tous.

A bientôt  sur vos blogs, et au plaisir de vous lire.

Coeurdialement

SOlène

🌹

Merci pour votre fidélité à ce blog 🙏

 

 

« Battements de coeur »…. suivi par « C’est donc rien », en passant par « Le lit défait »


Face aux rideaux apprêtés 

Le lir défait et nu

Redoutable oriflamme

Son vol tranchant

Éteint  les jours franchit les nuits

Redoutable oriflamme

Contrée presque déserte 

Presque

Car taillée de toutes pièces par le sommeil

Et l’amour

Tu es debout au pied du lit

Je t’aime et je dors avec toi. Ecoute-moi.

Paul Eluard, extrait du poème   » De l’ennui à l’amour »

(Exergue du roman « Le lit défait » de Françoise Sagan »)

Août 2017, sur une plage de l’Adriatique en Croatie, une femme seule vient de terminer « Le lit défait » de Françoise Sagan, d’en lire la dernière phrase:

Et lorsque levant les yeux, elle aperçut son reflet dans la glace, lorsqu’elle vit cette femme brune, si sombre et si fatale, entourée de toutes ces roses matinales et mortes embuées de rosée, elle ne put s’empêcher  de penser que, de toute façon, en même temps qu’un bel amour, Edouard lui avait offert un beau rôle. 

La femme referme le livre, sourit.  » Et elle que dirait-elle ? Paul lui a-t-il offert, sinon un beau rôle, un bel amour ? »

Cette femme s’appelle Anna. Elle est éditrice, mère de deux enfants, Gabriel et Hugo nés d’une première union avec Étienne. A noter qu’Hugo, le cadet est autiste comme Antoine, le fils de Cécile  Pivot.

Anne, vous l’aurez compris, c’est l’héroïne  de « Battements de coeur », le premier roman de Cécile Pivot, fille de Bernard Pivot. Roman dont je viens de terminer la lecture.

C’est l’histoire d’une séparation après  dix années de passion. C’est somme toute assez banal. Sauf que ce roman à  l’instar de celui de Françoise Sagan justement,  est écrit  avec beaucoup d’intelligence et  une telle acuité qu’on y croit. Il en a tout cas de forts accents de vécu. Ce qui rend le récit terriblement vivant et vibrant d’émotions.   

Page 150:

Elle ne saurait dire d’où lui vient ce désir irrépressible  d’observer son couple au microscope, mais l’analyse est minutieuse.

(…)

A force d’être trituré, malaxé, malmené, palpé, leur amour devient un monstre sous la lentille grossissante et floue qu’elle ne reconnaît plus. Elle a perdu l’amour de sa vie en cours de route, mais ne sait ni quand, ni où,  ni comment. 

Page 194:

Cet homme ne cessera jamais de lui plaire, ses mains de l’émouvoir. Une fois guérie de lui, leur histoire loin derrière eux, peut-être même éprise d’un autre, elle ne pourra lui proposer de devenir son ami. Parce qu’il est l’homme de sa vie et qu’il le restera. 

Page 196

Si le hasard dans quelques années les fait se croiser, ils se reconnaîtront  bien sûr  parmi la foule dans la seconde, intuitivement. Leurs regards s’accrocheront l’un à  l’autre le plus naturellement du monde. Pour Paul jamais personne ne sera plus familier qu’Anna, pour Anna, jamais personne ne sera plus familier que Paul. Mais ils seront devenus des inconnus l’un pour l’autre. 

Page 198

Merci le Lexomil

Page 207

Elle appréhende ce qui l’attend. Il n’y aura pas de relâche, elle ne fait pas le poids  Elle est vaincue d’avance. Il y aura la jalousie dévorante, obsessionnelle (…. ) Il y aura la colère, la haine (… ) Il y aura pire que tout, la conviction qu’elle l’aimera toute sa vie et que sa peine sera sans fin.  Les médicaments maintiennent Anna dans un état second  » tranquille au fond de l’abîme  » 

C’est exactement ça jusqu’au « grand effondrement ». Et pourtant Anne est une femme forte.  D’une lumineuse mélancolie (page 119 et 213) qui va finir par basculer du côté des ombres. 

Les sentiments amoureux tout comme nos failles dans ce domaine sont de l’ordre de l’universel et a la fois ce que nous avons de plus intime. La littérature les réveille ou les révèle. Tant et si bien qu’en vous parlant d’Anna, j’ai l’impression de vous livrer une grande part de mon intimité.

Et puis peut-être que notre enfance, quels que soient nos succès ultérieurs finit toujours par nous rattraper.

Elle a beau avoir lu tous les romans du monde, savoir qu’à travers les siècles,  les victimes de l’amour parviennent à  se relever alors qu’elles se pensaient détruites, se raisonner en se disant qu’elle aussi un jour se sentira à  nouveau vivante, qu’il suffit de se montrer patiente, cela lui est d’aucun secours. 

QUATRIÈME DE COUVERTURE0

 » Elle aime la ville, lui la nature. Elle aime la mer, lui la campagne. Elle lit beaucoup, lui peu. Elle est bordélique, lui maniaque. Elle se couche tard, lui s’endort tôt. Elle goûte les bourgognes, lui les bordeaux. Ces dissemblances deviennent vite un jeu entre eux. Ils se séduisent, se défient, tentent de se convaincre qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre, mais c’est perdu d’avance et ils le savent. »

Tout oppose Anna et Paul hormis une même habitude des relations sans lendemain. Et pourtant ces deux grands solitaires vont s’aimer. Passionnément.  Un amour si dense si parfait, qu’il suffirait d’un rien pour qu’,il vole en éclats.

Ils se rencontrent, s’aiment et se séparent, c’est classique, me direz-vous. Mais Anna analyse, elle veut comprendre. Pour tout vous dire, le livre m’est tombé des mains à trois reprises jusqu’à la page 76. Et puis quand je l’ai repris pour la quatrième  fois quelques jours plus tard, je ne l’ai plus lâché jusqu’à la fin.

Elle n’oubliera jamais Paul, l’aimera probablement  jusqu’à la mort. Il a été, est et sera l’homme de sa vie. Elle repense au « Lit défait » de Françoise Sagan. Elle a sa reponse: Paul lui a offert un bel amour.

Piètre consolation, j’ai pensé alors. Et quel gâchis ! Mais l’épilogue aussi singulier qu’émouvant qui va suivre est juste ma-gni-fi-que. Et en même temps qu’ il explique le titre, Battements de coeur, il m’a laissée, me laissera encore longtemps, je crois, le souvenir d’un roman  d’une grande délicatesse, écrit  avec justesse et élégance. 

Une chanson de Rose qui pourrait parfaitement acconpagner une scène  du livre, quand Anna et Paul se retrouvent dans un café « sans âme, près du Forum des Halles ».  Ce sera d’ailleurs  la dernière  fois qu’ils se voient….

🎶 C’EST DONC RIEN 🎶

C’est malheureux tu sais
Nos cœurs bringuebalants
Autour d’un café
Ne font même plus semblant
C’est triste comme la pluie
Ça le corps me l’oublie
C’est donc ça que deviennent
Les amoureux fichus
Quand le vent les amène
A se tomber dessus
C’est donc ça c’est donc rien
Qu’il reste de ma peine
Et de ce mal de chien
De la tendresse humaine
Des bricoles et c’est tout
Rien de plus ni de moins
Sais tu comme je m’en fous
Sais tu comme je mens bien
C’est triste comme la pluie
Ça le corps me l’oublie
C’est donc ça que deviennent
Les amants d’autrefois
Quand la vie les amène
A s’tomber sur les bras
C’est donc ça c’est donc rien
Qu’il reste de ma peine
Et de ce mal de chien
De la tendresse humaine
De la tendresse humaine
J’ai beau fouiller ma cervelle
Et t’supplier d’mentir
Y’a rein à faire je me pèle
Là dans ce souvenir
C’est donc ça c’est donc rien
Qu’il reste de ma peine
Et de ce mal de chien
C’est donc ça c’est donc rien
Qu’il reste de ma peine
Comment vont tes parents
T’en est où d’tes chansons
Sinon rien de spécial
Tiens une photo d’Solal
Ton frère s’est marié je crois
Laisse cette fois c’est pour moi

 

WHAT ELSE ?

 

 

« Les femmes sont amoureuses et les hommes sont solitaires. Ils se volent mutuellement la solitude et l’amour. » – René  CHAR

( Citation mise en exergue dans le roman de Cécile Pivot)