Canicule.. Suivi par « Norah Jones « Begin Again » (Norah Jones)


Avoir toujours été  celle que je suis, et être si différente de celle que j’étais. – Samuel Beckett… 

 

Le sais-tu ? Hier matin, j’ai bu un café en terrasse sur le vieux port, où les tours avaient disparu sous les brumes de chaleur. Et là dans l’air moite déchiré par le cri des mouettes affamées, je me suis souvenu qu’un jour, j’ai été Lally, cette fille d’encre et de papier qui aimait les marées basses, les embruns en pleine mer, le vent dans les voiles, le soleil à son zénith; et quand il se couchait sur les marais salants du côté d’Ars en Ré, certains soirs d’automne. Toi tu buvais de la bière blanche avec un zeste de citron, et moi je mangeais des caramel à la fleur de sel… Dis, te souviens-tu de cette ville que nous avons aimée, où nous nous sommes aimés ? C’était si fort qu’elle porte encore en elle non seulement les meilleurs moments et les plus beaux souvenirs, mais aussi la très vive blessure de la rupture et le fantôme de notre amour dont je ne peux à présent plus ignorer les plaintes et les gémissements quand il essaie de me dire qu’il est encore vivant, là sous les ruines de cette histoire que nous n’avons pas assez respirée.. A la fois le fruit de mes entrailles, comme un vieux nourrisson dont je n’accoucherais jamais autrement qu’en mots, dans une poème, ou une autofiction, et cette longue maladie qui m’a rongée des mois durant.  Et qui, après avoir tout ravagé, s’est consumée en moi comme un incendie pour ne laisser en mon coeur qu’un désert  de cendres sur lequel git une rose aux pétales séchées…

Le sais-tu ? Hier encore, j’ai marché, marché en plein cagnard de midi. Sur les remparts, sous les arcades, partout où nous allions bras dessus bras dessous, quand ta main tenait la mienne pour ne pas me perdre dans les méandres  de cette vie, chemin de pierres brûlantes, à laquelle on ne comprend pas toujours tout…

40°5 à l’ombre quand je suis passée devant le pavillon Fleuriau …  Je suais sang et eau en arrivant au Casino. Pourtant dans ma tête j’écrivais déjà ces lignes sans papier ni crayon, et que tu lis peut-être au moment juste où j’écoute Norah Jones, « Begin Again »…

En boucle

🎧

🎼

La musique de Norah Jones aura toujours été indéfinissable. Mélange de jazz, blues, country, pop…. Sa dernière collection de chansons regorge de singles électiques.

Coup de coeur

Le sais-tu ? Norah Jones était  jeudi soir  à  Montréal pour le Festival international  de jazz, devant une salle Wilfrid Pelletier de 3000 fans qu’elle a littéralement envoûtés. Concert qui s’est terminé sous un tonnerre d’applaudissements.

Te souviens-tu ? Montréal, l’eté dernier.. J’ai été  aussi cette fille d’encre et de papier, venue à  la rencontre de son père de ce côtés ci de l’Atlantique, quand la bouleversante nouvelle est tombée. Et  pour toi, Matt, j’ai pleuré ce jour-la toutes les larmes de mon corps.

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WHAT ELSE ?

Euh oui, je sais. Il serait temps que je me décide  à  le publier ( résigne â ce qu’il ne m’appartienne plus) ce « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne » , mon chouchou. J’y réfléchis, à dire vrai. Tellement, tellement  de gens qui écrivent ! Et puis surtout, il y a les deux autres. Un à la fois. Alors pourquoi ce billet ? L’effet canicule, l’inspiration en alerte orange.  Mon inconscient, ce petit canaillou qui ne me dit pas toujours tout, expliquerait cela sans doute mieux que moi. 

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L’important n’est pas ce que l’on a fait de moi, mais ce que je fais de ce que l’on a fait de moi.  – Jean-Paul Sartre.. 

20 réflexions sur “Canicule.. Suivi par « Norah Jones « Begin Again » (Norah Jones)

  1. C’est superbement écrit et quel merveilleux style tu possèdes ! Tu as le don de faire passer des émotions à travers tes mots et tes phrases qui me surprennent.
    Ce texte respirent la nostalgie, la mélancolie , une mélancolie qui cache une blessure fermée mais qui laisse encore parfois s’échapper une douleur secrète et pas encore totalement éteinte.
    Il semble que sous les cendres de cet amour survivent quelques braises infimes qui tentent de se réveiller parfois.
    Bientôt, cette ville qui vous a vu vous aimer et que tu aimes, gardera gravés en elle uniquement les beaux souvenirs alors que les mauvais moments ne seront plus que des fantômes qui seront dans l’impossibilité de réapparaitre. Garde donc cette rose aux pétales séchés car, sous ou dans un petit globe en verre, ce peut être très décoratif.

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    1. Merci Yann pour ce commentaire qui me touche. Me sens moins seule, soudain. Parfois l’impression d’écrire pour les murs, sinon. Bah, je me suis fait une raison depuis longtemps. Et si je continue à écrire, c’est avant tout pour moi, et surtout parce que je ne peux pas faire autrement
      N’empêche que même en toute modestie, cela fait du bien de savoir qu’on a été vraiment lue et d’avoir partagé toutes ces émotions avec un lecteur. S’il devait n’y en avoir ce serait ( je choisirais) celui-là.
      MERCI du ❤

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      1. Ma chère Solène, tu as un lecteur fidèle et assidue pour au moins deux raisons. J’aime cette façon que tu as de raconter une histoire qui mélange intelligemment autobiographie et fiction.
        A cela s’ajoute un style que j’apprécie énormément qui nous transporte aisément dans ton monde et donne l’impression qu’on est à tes côtés sans que tu le saches.

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        1. Merci infiniment, mon cher Yann’. Je suis bien sûr tres touchée, car tu n’es pas, mais alors pas du tout en reste pour l’écriture.
          L’écriture, je compte bien m’y remettre et surtout surtout ( comme en realité, je n’arrête pas d’écrire), je vais me consacrer pleinement, sérieusement a mes projets d’édition et à leur concrétisation. J’ai jusque là fait passer avant ma vie privée. Qui j’avoue m’occupait pleinement. C’etait une question de choix. Mais voilà, on ne fait pas toujours les bons. L’important quoiqu’il arrive, c’est de continuer à avancer. Et de ne pas hésiter à changer de route lorsque celle que l’on suit ne nous mène nulle part.
          Bisous, et douce nuit à toi. Avec toute mon amitié. Merci d’être là.

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  2. Tiens! La pulsion de l’article et de la publication, oui, c’est un phénomène d’effervescences, très « alchimique » et c’est très intéressant à observer, il y a des périodes, oui, et je n’ai pas encore trouvé la clé de l’énigme(ni les ingrédients) alors que cela peut être l’absence (Haaaa! l’absence selon Frédéric Dard!!!) durant des jours, et des jours…. Écrire est un « passe temps), un choix de vie artistique, une pulsion…? Il y a bien des réponses dans les Annales Akashiques…, J’ai noté la vision de Khalil Gibran à ce sujet dans laquelle on trouve référence à l’Akashique, mais rien d’étonnant,

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    1. Interessant, ça m’interppelle évidemment…. Pulsion, phénomène d’effervescence « alchimique »…. je reviendrai sur ton commentaire, la canicule passée. Déconnectée, réfugiée dans ma sauvegerie, je ne sais plus trop quoi, en fait. Mais ça va revenir – je le sais, je le sens, l’envie d’avoir envie, cette envie, que dis-je ce besoin, voire même cette nécessité d’écrire.
      En tout cas MERCI 🙏 merci d’avoir demandé l’accès à mon blog, merci pour ton… tes commentaires qui me réveillent, me ramène à moi, à la vie surtout. J’en redemande ! Merci infiniment. Et BIENVENUE.
      A tres bientôt, je vais visiter ton blog, y passer le temps qu’il faudra. Au plaisir de te lire.

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      1. Wow! Voilà qui fait frais à l’Être par ces temps caniculaires pour nos Corps.. Le blog est loin de transmettre l’idée d’une mise en Jachère, on y remarque plutôt des talvères, ces bordures de champs qui restent à leur état sauvage du fait de l’impossibilité, lors des retours de la charrue et son attelage de retourner la terre vouée à la culture et où s’amoncellent, au fil des ans toutes sortes de dépôts de graines déposées tant par le vent que par les oiseaux, animaux et autres phénomènes! Et pour l’écriture, il en va aussi, très certainement, notamment lorsque l’on écrit avec ses tripes, avec sa chair, avec son sang, c’est physiologique, autant il peut y avoir un rythme digne du cardiaque, autant il y a des pauses, comme le sommeil,
        Malcom Lowry a écrit « A dessous du volcan »… Et je me souviens avoir eu cette impression d’un livre écrit ainsi, par pulsions autant que par pulsations… C’était lors d’un été comme celui-ci, que nous traversons comme si nous étions au sortir de la bouche d’un sèche-cheveux d’un hotel colonial !!!
        Vous verrez, lorsque vous visiterez la pages de mon Espace d’expressions, il y a cette sorte d’éructation volcanique permanente, qui ne refoidit JAMAIS!

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