« Fuis-moi je te suis; suis-moi je te fuis »…. suivi de « Let It Be »


« Le coeur de l’homme est comme la mer. Il a ses tempêtes, il a ses marées, et dans ses profondeurs il a aussi ses perles. « 

Vincent Van Gogh

 

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 – “Fuis-moi je te suis”, tu vois Lally, ça marche. Qui aurais-pu imaginer l’année dernière encore que Chéri me chercherait partout ? Non mais tu te rends compte, il a été jusque chez ma mère ?!

-Oui en effet. Mais rassure-moi Mina, tu ne nous as quand même pas fait faire Paris-New York, New York-Montréal, puis tous les parcs de la province du Québec et ce road trip sur la 132 en Gaspésie dans l’unique but de tester les sentiments de ton mec?

-Bien sûr que non, banane ! T’es pas contente d’avoir vu d’aussi près les baleines ? On est pas bien ici avec des ours bruns comme plus proches voisins ?

Pour être bien, on est bien. Je crois même que je vais les planter là, mes héroïnes. Elles voulaient du dépaysement, elles en ont. A pan de falaise, le gite est noyé en pleine nature avec une vue imprenable sur la mer, y’a plein de vert autour de nous, plein de fleurs partout et plein de bleu au dessus de nos têtes  et devant nos yeux, à perte de vue…  Y’a Mina qui boit son café en scrutant les baleines au loin et Coco qui  chante “Let It Be” accompagné par Jérémy à la gratte.

Coco tombé en amour d’un gars du coin.  Un canadien hirsute comme nos  voisins ours, ce qui l’empêche pas d’être sympa -hein nous sommes d’accord.

Notre psychorigide de Coco amoureuse, qui l’eut cru? Et qui depuis la soirée homard autour d’un feu de camp, ne se voit plus vivre ailleurs qu’ici –l’hiver ? Même pas peur ! C’est pas à Vichy qu’elle verrait des nuits entières d’aurores boréales et des écureuils venir manger dans sa main…

Let It Be… Let It Be… j’ai cette chanson dans la tête,moi, maintenant, c’est malin.

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Un an plus tôt…

J’etais là, seule, face au perthuis d’Antioche et de New York ( un peu plus loin, certes )… Tu sais, là  où  l’on  était un soir d’automne, sur l’ile…

J’etais là, à  me remémorer le bonheur. Tous les espoirs étaient encore permis. Le soleil descendait sur la mer, lentement, sûrement, au fur et à mesure que le ciel s’empourprait, quand, soudain, la bête est revenue, ressurgissant comme un diable de sa boite au moment juste où  je l’attendais le moins.

J’ai d’abord essayé  de l’apaiser avec les mots qui me venaient, la caressant fébrilement dans le sens du poil…  là là, ça  va aller, c’est rien… Mais les maux, eux, ont la dent dure. J’avais beau murmurer  jusqu’ à en  perdre haleine toutes ces idioties qu’ on dit aux enfants quand ils se sont fait mal – ça  et souffler sur la plaie ou pisser dans un violon,  peine perdue !  C’était  ma vie entière  qui se débattait dans la gueule béante  de la bête. Toute ma vie éclatée qui volait en mille morceaux. Et le bonheur avec ! Alors j’ai marché, marché…   » Suis-moi, je te fuis… fuis-moi, je te suis« …. 1 km 600 à  marcher comme ça  d’un bon pas tout le long de la digue avec cette connerie qui me trottait dans la tête:  « Fuis-moi, je te suis… Suis-moi, je te fuis »… Je ne me rendais même  pas compte que je c’était surtout la raison que je fuyais. Ou peut-être  était-ce tout simplement elle qui m’avait abandonnée  en désespoir de cause. Mais suis-je bête, le coeur a ses raisons que la raison ignore. Et quand on aime à la folie, c’est, de toutes façons, rarement négociable.

La nuit tombait. Tandis que je marchais  sans concessions tout en réfléchissant à ce que j’allais faire,  et j’ai dû  prendre ma décision en même  temps. Puisque c’était comme ça, l’année prochaine j’irai seule à  New York. Puis comme dans la foulée  j’étais arrivée  au phare des baleines, je me suis tout à  coup souvenu que les baleines, tu voulais les voir là-bas, tout là-bas, de l’autre côté  de l’Antlantique.

Du bout de l’île à  l’autre bout du monde, je l’ai imaginé , le nez au vent du large, un soir de l’été  dernier. Je me souviens avoir  inspiré  à  plein poumon l’ air marin, puis  expiré l’air et  la bête  est sortie pour; peut-être, aller  se chercher  une  niche plus confortable  que mon coeur en miettes.

 Du bout de l’île  à  l’autre bout du monde, c’est comme ça que  je suis arrivée  cahin-caha au bout du chagrin et que j’ai fini par  vaincre la bête. Au fond tout ça, ce n’est jamais aussi grave qu’on peut le penser.   

Seule exactement à  l’ endroit où  tu aurais dû  être  avec moi, j’ai réécrit les dernières pages de « Bétail intime » * (Clic*) pour que ça  se finisse bien pour  mes trois héroïnes, alors que moi, ici sans toi,  je me cherche encore dans ma propre histoire.

I trought I was  your love.

But at the end,  I’m  (perhaps) just nothing ...

 

Que c’est beau !

 

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Bonne semaine à tous ! A bientôt sur vos blogs.

 

Seuls les vrais solitaires, quand ils se rencontrent, peuvent s’aimer sans s’abîmer. Parce qu’ils n’ont pas besoin de se fuir, d’exercer un pouvoir sur l’autre ou de considérer la durée comme une fin en soi.

Didier van Cauwelaert

11 réflexions sur “« Fuis-moi je te suis; suis-moi je te fuis »…. suivi de « Let It Be »

  1. Au calme, sans un bruit autour de moi, j’ai lu attentivement ce que tu as écrit. Et c’est certainement grâce à cette tranquillité que tes mots s’impriment puissamment en moi. Surtout les dernières phrases qui sont à la fois sublimes, émouvantes et un petit peu tristes. Je dis « un petit peu »car le temps à atténué le chaos… même s’il réapparait parfois.
    Mais, ma Solène « ce satané bétail intime, dont je connais quelques bribes depuis 5ou 6 ans maintenant…. quand est-ce qu’on pourra le lire en entier? ». Je te taquine ma Solène adorée😀 Si j’ai hâte, c’est parce que j’aime ton écriture. Quand je te lis, c’est comme si tu chapardais mon esprit…je tombe dans ton livre ( je te rassure, je le récupère ensuite…mon esprit😉)
    Gros gros bisous plein de tendresse et d’amour pour toi ma Solène d’amour que j’aime tellement 😘❤

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    1. Hello ! Merci mon Pitou pour ton commentaire et l’intérêt porté à ce que j’écris….
      Oui, je sais…. je sais….
      En fait j’écris, oui mais après tout le reste, je ne suis pas sûre que ça m’intéresse, ou plutôt si, je suis sûre que ça ne m’intéresse pas vraiment. Cela dit après presque toute une année passée surtout à recoller les morceaux et essayer de comprendre l’incompréhensible – euh… pas très envie d’en parler! Revenons à nos moutons: les bouquins.
      Je laisse se terminer ces vacances pendant lesquelles, j’ai retrouvé l’envie -plus que l’envie d’avoir envie, d’ailleurs, le bonheur absolu d’écrire.
      Ce billet écrit à la « va vite » – un premier jet qui demandait à être retravaillé, n’est qu’un pâle reflet de ce que j’aurais aimé qu’il soit.
      Quant à « Bétail intime »…. je le confie finalement à l’édition traditionnelle. L’éditeur va se charger de la mise en page définitive et des corrections tout ça …. Ce qui me retire une grosse épine du pied, tu dois t’en douter. Et puis… et puis, on verra bien. J’avance au jour le jour sans vraiment tirer de plan sur la comète.
      Aussi, c’est vrai, tu sais : par moments, je me cherche encore dans ma propre histoire. Mais par moments seulement.
      Le reste du temps, je me laisse porter par le cours de la vie et profite intensément de ce magnifique été.
      Parfois des nuages, encore de la pluie et même des orages. Mais ça passe, et le beau temps revient toujours.
      Je te fais de gros bisous. J’ai vu que j’avais des commentaires interessants d’un ami, et je vais lui repondre.
      A très bientôt, mon Pitou. 😘🌹

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        1. De rien, mon Pitou. Elle s’imposait peut-être car depuis plusieurs semaines je ne m’attarde pas bcp sur Facebook. Le temps de mettre un lien, liker un truc ou deux et je me sauve comme je suis venue, incognto 😀
          Et puis faut dire, y’a le manque de temps. Ce temps que je préfère consacrer à d’autres activités.
          Aujourd’hui cependant je fais un peu exception à la règle. Visites des blogs amis, réponses aux commentaires et blablabla ici et là 😉😘🌹

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  2. A la lecture de ce billet, je me suis régalé ; Non que je prenne plaisir à lire le malheur des autres mais par la façon dont les errements de cette jeune femme sont décrits et narrés avec tant de justesse et de recul.
    Voilà une très elle façon de narrer la souffrance de cette femme qui ne parvient pas à se défaire de son mal d’amour, un amour qui lui colle à l’âme et la hante. On ressent aisément comme une obsession cette absence qui pèse sur les pensées de la jeune femme au point de faire obstruction aux autres pensées. Une jeune femme qui semble avoir voulu mettre n pratique l’adage « loin des yeux, loin du cœur » et qui attend que et adage fasse ses preuves. Elle est prise dans un engrenage, engrenage qui est fort bien résumé dans cette pette phrase si imagée : «Suis-moi, je te fuis… fuis-moi, je te suis ». Dans cette phrase, tout est dit. La jeune femme erre, marche, essaie de fuir cette absence en appliquant semble-t-il la méthode Coué qui est décrite dans ces mots «là là, ça va aller, c’est rien… ». Le chagrin est là, bien présent, presque tentaculaire par moments mais il est trop vrai qu’en amour, la raison n’a pas son mot à dire et que la méthode Coué n’est d’aucune utilité. Tu l’expliques très justement dans cette phrase : «, le cœur a ses raisons que la raison ignore. Et quand on aime à la folie, c’est rarement négociable »
    Quant à cette escapade en Gaspésie, on s’y croirait. On imagine aisément le décor et l’ambiance détendue et amicale avec un « Let it be » que je devine quelque peu « massacré à la guitare car, à mon avis, seul Paul Mac Cartney au piano ou Georges Harrison avec sa guitare pouvaient lui donner ce côté magique. Mais après tout, ce « Let it be » semble apporter du bonheur dans la petite bande. Mais pourquoi ce guitariste n’a-t-il pas joué la Gaspésie de Félix Leclerc ?
    Pour ce qui est de Mina, elle est amoureuse et prête à tout pour rester avec son amoureux, même affronter l’hiver rigoureux de la Gaspésie. Surpris que cette jeune femme psychorigide soit tombée amoureuse ? Mais ne dit-on pas que l’amour, quand il vous tombe dessus, peut transformer un être, transfigurer une personne ? Ça semble être le cas de Coco.
    En préambule, j’avoue avoir beaucoup apprécié la citation de Van Gogh.
    Un billet formidablement bien écrit dans lequel la sensibilité fait son œuvre, un écrit où le don d’observation et d’analyse de l’auteur que tu es font des merveilles. Je t’avoue que j’envie ta façon d’écrire et pourtant, aux dires de mes connaissances, j’ai soit disant une bonne plume. Ces gens seraient-ils obséquieux ?

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    1. Merci Yann, un tout grand MERCI du coeur pour ce commentaire réconfortant. Etant dans la dernière ligne droite et pétrie de doutes, tu n’imagines même pas comme comme ça me permet de relâcher la pression. Je vais pourvoir envoyer le bébé à l’éditeur comme promis à la rentrée, un peu moins « angoissée ».
      Je voulais te dire aussi, tes amis blogueurs ont raison, car j’ai pris beaucoup de plaisir à lire tes trois premiers articles sur ton récit de voyage en famille de l’autre côté de l »Atlantique. Comme je te le disais, je ne sais pas faire ça…. « Déformation professionnelle » peut-être, je transforme tout en « littérature ». Même que je suis incorrigible, les miens se retrouvent embarqués dans une histoire sans avoir rien demandé, je change les prénoms et ça fait la rue. Bah, ils ne m’en veulent pas, ils s’y sont habitués depuis le temps. Même que ça les amuse et nous a valu parfois de mémorables fous rires. Dans « Bétail intime » je ne suis pas sûre que ça fera rire les trois hommes (en un ) dans le personnage de Matt; ni même en Chouchou et Chéri (les ex de Mina et Coco). Après tout, tant pis, c’est leurs trucs hein, moi j’invente rien. Rire.
      A bientôt.
      SOlène
      solenev79@gmail.com

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      1. Tu dis transformer tout en « littérature » ? Le littéraire que je suis est aussi un conteur-narrateur qui écrit des fictions ou des poèmes. Une de mes œuvres se trouve d’ailleurs sur le blog et s’intitule  » Mystères éoliens ».
        D’après ceux qui l’ont lu (une trentaine de personnes), je devrais le faire publier mais je doute de mon, style et ne suis pas certain que la qualité de l’histoire vaille la peine que celle-ci soit éditée.
        Actuellement et depuis un an et demi, j’écris une fiction bas sur les souvenirs d’un jeune appelé de la guerre d’Algérie. Ce que j’y raconte est un mélange de témoignages de deux anciens soldats, de pieds noirs qui habitaient en Algérie, de souvenirs d’enfant adolescent entendus à la radio ou lus dans le journal et d’évènements vécus « .
        J’y ai aussi inclus les rares témoignages d’Algériens arrivés en France dans les années 80, des hommes qui avaient participé à cette guerre d’indépendance.

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        1. Ben si j’ai bien compris, beaucoup de lecture. Alors à tres vite, Yann. Je vais evidemment venir lire tout ça. Si je ne trouve pas, je te demanderai. Ce sera le soir quand j’ai plus de temps. Plutôt que regarder la télé 😉

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    2. PS: pour ce qui est de l’éloignement; je pense que ça permet d’y voir plus clair, remettre les choses à la place qu’elles méritent, ni plus ni moins. On a tendance à idéaliser la personne qu’on a choisi d’aimer. Parce que cette dernière a fait en sorte que… Alors on baisse la garde, on fait confiance et…. forcement on est déçu.
      Oui cette pauvre Lally a dû faire un grand travail sur elle 😀 (et moi avec)

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