LA RENVERSE


La renverse: période de durée variable séparant deux phases de marée (montante ou descendante) durant laquelle le courant devient nul. Syn.: l’étale.

La-renverse-d-Olivier-Adam-Flammarion

Je voudrais traduire cette impression que beaucoup d’autres ont ressentie avant moi: tout défilait en transparence et je ne ne pouvais pas encore vivre ma vie”  –Patrick Modiano…

J’ai pris le sentier longeant les falaises. Quelques fleurs de bruyère résistaient encore, parmi les premiers ajoncs et les restes de fougères brûlées par le froid. Je suis resté un moment là-haut, le temps de griller les cigarettes qui me faisaient office de petit-déjeuner, de m’emplir les poumons de goudron et d’iode congeal. Tout était parfaitement figé dans la lumière acidulée du matin. Au loin, un kayak glissait sur les eaux tout à fait lisses, d’un bleu tender de givre, semées d’îlots où somnolaient des cormorans frigorifiés, luisants et noirs, comme recouverts de pétrole. (Les toutes premières lignes)
J’ai pris le sentier longeant les falaises. Quelques fleurs de bruyère résistaient encore, parmi les premiers ajoncs et les restes de fougères brûlées par le froid. Je suis resté un moment là-haut, le temps de griller les cigarettes qui me faisaient office de petit-déjeuner, de m’emplir les poumons de goudron et d’iode congelé. Tout était parfaitement figé dans la lumière acidulée du matin. Au loin, un kayak glissait sur les eaux tout à fait lisses, d’un bleu tendre  de givre, semées d’îlots où somnolaient des cormorans frigorifiés, luisants et noirs, comme recouverts de pétrole. (Les toutes premières lignes)

Réfugié en Bretagne, Antoine (le narrateur) y tient une petite librairie, sous l’aile protectrice de Jacques. L’histoire commence un matin où après une promenade sur le sentier qui longe la falaise, il se rend au bar du coin. Quelques habitués y sirotent leur café. Et c’est là qu’il entend à la radio l’annonce de la mort de Jean-François Laborde, ancien sénateur maire d’une ville de banlieue parisienne et ancien ministre… Les démons du passé vont se réveiller lorsque en rentrant chez lui, il allume son ordinateur et y retrouve quelques articles concernant ce sordide fait divers qui, par le biais de sa mère l’a l’éclaboussé dix ans plus tôt, et par là même sa famille entière avec laquelle il a complètement coupé les ponts, depuis. Une page qu’il croyait tournée, mais c’était sans compter sur l’annonce de cette mort….
Olivier Adam, une très belle écriture! Riche, contemplative… La Bretagne, à la fois magnifique et sauvage y est super bien décrite. le bruit de la mer, la compagnie des oiseaux, les dunes et les oyats vibrant dans l’air frais du matin… Une atmosphère dans laquelle on ne baigne cependant pas au pays des bisounours, mais plutôt en pleine réalité sociale. C’est l’histoire d’une adolescence sacrifiée à cause d’ un scandale politico-sexuel, dans lequel la mère qui est la maîtresse d’un homme politique se révèlera complice. Monstrueuse! Distant et froid, le père, lui, n’a jamais eu le moindre geste de tendresse pour ses deux enfants, victimes innocentes de la duplicité des adultes. Sa lâcheté attire la honte sur les deux enfants. Un récit au cours duquel, Olivier Adam n’épargne personne. La famille avec des parents post-soixante huitards et terriblement égocentriques,en prend pour son grade. Mais c’est surtout la communication, quasiment inexistante entre les êtres (J’ai hésité à le rejoindre. Je ne voyais pas comment m’y prendre. Quels mots prononcer. Quels gestes effectuer. Nous évoluions dans les glaces depuis si longtemps qu’elles semblaient impossibles à fendre.) et celle corrompue des médias, que l’auteur décrit avec beaucoup de justesse comme étant à l’origine du mal.
Porté par une écriture particulièrement soignée et la sincérité de son narrateur, ce roman, somme toute, moraliste, tire sa force dans le fait qu’il nous donne une très forte impression de vécu. Comme si Olivier Adam avait réellement vécu tout cela. On pense, entre autres, à l’affaire George Tron. Mais pas seulement, car l’impunité des hommes de pouvoir, les lynchages médiatiques, la versatilité de l’opinion publique, tout ça nous renvoie à une triste réalité que l’on côtoie régulièrement… Il n’empêche que l’on ressort “secoué” par cette lecture tant le narrateur qui n’aime rien de plus que le silence de la nature, la lecture et la solitude, réussit à nous émouvoir à travers ses questionnements, ses doutes et enfin, mais trop tard, ses remords…

La Renverse parmi les trois finalistes du Prix des Libraires 2016. Verdict en mai...
« Avant même de prendre la fuite, j’étais déjà ailleurs »… ( » La Renverse » parmi les trois finalistes du Prix des Libraires 2016. Verdict en mai)…

QUOI DE NEUF TODAY?

La vie c’est un petit bout de lumière qui finit dans la nuit*

WHAT ELSE?

Y’A QUELQU’UN?*

*

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3 commentaires sur « LA RENVERSE »

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