Chère Marceline Desbordes-Valmore


Ceux qui nous sauvent de notre vie ne savent pas qu’ils nous sauvent

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Il faisait froid. Il y avait tellement de monde, et en vérité personne. J’ai cherché un abri, un lieu humain. Je l’ai trouvé: le dos appuyé contre un pilier, j’ai ouvert votre livre et j’ai lu votre poème Rêve intermittent d’une nuit triste. Je l’ai lu quatre fois de suite. Il n’y avait plus de foule, pus de froid. Il n’y avait plus que la lumière rose de votre chant –ce rose que Rimbaud vous a vole, entrant dans votre écriture comme un pllleur de tombe égyptienne. Qu’importe: vous revoilà. Intacte et régnant par votre Coeur en torche.
(…)

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Votre voix m’arrive avant les mots qu’elle porte. Vous lire c’est regarder le poitrail de l’oiseau qui se gonfle, vous savez, cette joie atomique qui lui monte à la gorge juste avant de chanter.
(…)

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Chère Marceline Desbordes-Valmore vous m’avez pris le Coeur à la gare du Nord et je ne sais quand vous le rendrez. C’est une chose bien dangereuse que de lire.
Christian Bobin
La grande vie

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« En feuilletant les livres de mon père disparu j’ai rencontré une femme*, avec ses mots, sa douceur, ses émotions, ses souffrances et sa douleur intense. De cette relation à distance en années, je ne suis pas sorti tout à fait indemne. Voici le résultat de cette rencontre en 12 chansons, comme 12 déclarations d’amour.* »

Pascal OBISPO de Marceline Desbordes Vlamore*

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BILLET DE FEMME*

(Clic*)

Marguerite, Françoise. Danièle…. À nous!!!


Partout je me trouve incongrue. Ici ou ailleurs. En exil. Sur ce talus, derrière le comptoir de la boulangerie où je donne encore un coup de main à Patricia en fin de semaine, à Paris dans le bureau d’un éditeur, comme je me suis trouvée déplacée dans l’église le jour de mon mariage, dans les salles d’accouchement que j’ai fréquentées, dans les chambres de maternités. Dans les rares réunions Tupperware auxquelles je n’ai pu échapper, dans les années soixante-dix. Déplacée avec les autres mères, satisfaites, gonflées de leur orgueil démesuré d’être mères comme si elles avaient accompli l’exploit sans précédent qu’aucune femme jamais avant elles n’avait réalisé. Déplacée en poussant des landaus, en allant chercher les enfants à l’école, déplacée dans les réunions de parents d’élèves, je le confesse, je l’avoue, je n’ai assisté qu’à une seule, mère inconsciente, mère déplacée dans tous les endroits du monde où l’on achète et où l’on vend, dans les salles de cinéma, dans les fêtes foraines, bref, partout, arrêtons l’inventaire.

Extrait de « Marguerite, Françoise… Et moi » de Danièle Saint Bois.

(En fait, ce sont les toutes premières lignes)

"Il y a longtemos j'étais écrivain. Je ne m'en vante pas, mais c'est vrai. Même mon éditeur... Ah, déjà ça ne va pas, ce "mon editeur", ce possessif sans partage. Ça vous a des airs de pimbeche prétentieuse. Mon éditeur.Pas le vôtre, ni celui de Tartempion, le mien, et, accessoirement, de quelques autres....certains ma foi des plus remarquables. Tenez, prenez Françoise Sagan, eh bien voila, voilà quelqu'un de mondialement connu qui a été publié par mon éditeur. Vous voyez?"....
« Il y a longtemps j’étais écrivain. Je ne m’en vante pas, mais c’est vrai. Même mon éditeur… Ah, déjà ça ne va pas, ce « mon éditeur », ce possessif sans partage. Ça vous a des airs de pimbêche prétentieuse. Mon éditeur. Pas le vôtre, ni celui de Tartempion, le mien, et, accessoirement, de quelques autres….certains ma foi des plus remarquables. Tenez, prenez Françoise Sagan, eh bien voila, voilà quelqu’un de mondialement connu qui a été publié par mon éditeur. Vous voyez? »….

 

Je ne sais pas vous, mais moi, elle m’a déjà prise sous son aile dame nécrivain, et –hop! Partie, envolée avec Danièle, la Solène! Partie, oui, de Rabourgris, un petit village de je-ne-sais-où (bah, Rabourgris, Niort ou Trifouillis les oies –hein!)… envolée pour ces contrées magnifiques de la litérature où –tenez-vous bien, nous allons grace la narratrice rencontrer Marguerite – attention, pas la première Marguerite venue, non, Marguerite Yourcenar, excusez-moi du peu, cohabitant avec Françoise Sagan… Vous auriez pu imaginer cela? Moi non plus. Je ne m’attendais surtout pas à kiffer autant. J’ai  souvent souri, beaucoup ri et, parfois même, essuyé des larmes… larmes de rire, mais aussi larmes du coeur, du trop plein d’émotions,  parce que par moments ça étreint… (genre quelque chose qui fait mal quelque part, sans que vous sachiez quoi exactement. Du moins sur le coup. )… alors oui, émue… émue, je l’avoue, plus souvent qu’à mon tour, mais n’est-ce pas ce qui fait une des qualités essentielles qu’on attend d’un livre? L’ émotion,  que dis-je, toutes les émotions qu’il suscite?

Elle n’est pas d’ici, elle n’est plus d’ailleurs…  A Rabourgris où elle vit en exil, loin, bien loin du cercle germanopratin, elle se « consacre à l’écriture ». Mais je vous laisse découvrir ce que dit l’héroïne de Danièle Saint Bois, à ce propos… Une héroïne qui lui ressemble comme une soeur jumelle, cela dit en passant. Une nécrivaine qui, pendant quelques heures par semaine travaille dans la boulangerie du village. On n’a pas toujours le succès qu’on mérite  et il faut bien mettre un peu de beurre dans les épinards. ( si la littérature nourrissait son homme, ça se saurait, de toute façon)…  En tout cas comme quoi, il vaut mieux éviter de raconter notre vie à la boulangère du coin -des fois qu’elle serait écrivain…  Je dis ça, je dis rien. Juste envie que son livre… euh, ses livres se vendent comme des petits pains, voilà.

Plus je lis #danielesaintbois plus je suis accro (j’en suis à mon troisième après Voyage en Suède*

  et L’Âme des soleils noirs *)….

"Mais qu'est-ce qu'un nécrivain ? s'interroge et nous interroge si justement Roger Grenier (...) dans la préface d"un recueil de nouvelles de ‪#‎francisscottfitzgerald‬ dont la plus pathétique (...) et qui me va comme un gant, La Fêlure, donne le titre au bouquin: Un simple raconteur d'histoires ou quelqu'un qui cherche à exorciser les tragédies qu'il porte en lui? Hein? Qui peut répondre à ça, honnêtement? " - Extrait de Marguerite, Françoisè... Et moi. de ‪#‎danièlesaintbois‬ ... Eh bien pour moi, lectrice, un écrivain c'est quelqu'un qui écrit comme cette auteure et qui m'emporte, me réjouit, me donne envie de partir a la découverte de son oeuvre ( 13 titres dont 9 chez Julliard).... J'en suis à trois livres lus. Et accro. A lire absolument!
« Mais qu’est-ce qu’un nécrivain ? s’interroge et nous interroge si justement Roger Grenier (…) dans la préface d »un recueil de nouvelles de ‪#‎francisscottfitzgerald‬ dont la plus pathétique (…) et qui me va comme un gant, La Fêlure, donne le titre au bouquin: Un simple raconteur d’histoires ou quelqu’un qui cherche à exorciser les tragédies qu’il porte en lui? Hein? Qui peut répondre à ça, honnêtement?  » – Extrait de Marguerite, Françoisè… Et moi. de ‪#‎danièlesaintbois‬ …
Eh bien pour moi, lectrice, un écrivain c’est quelqu’un qui écrit comme cette auteure et qui m’emporte, me réjouit, me donne envie de partir a la découverte de son oeuvre ( 13 titres dont 9 chez Julliard)….

Drôle, féroce, Danièle Saint Bois n’a pas sa langue dans sa poche. Avec un humour décapant, elle décrit la traversée du désert d’une femme écrivain amenée à travailler comme vendeuse dans une boulangerie. Pamphlet contre les inégalités, le cynisme des puissants et la bêtise galopante, Marguerite, Françoise et moi est aussi un hommage à la lecture –seule planche de salut dans ce monde cruel-, un manuel de survie par temps de crise et un puissant antidote contre la morosité. (Quatrième de couverture)

"Marguerite, Françoise et moi" de Danièle Saint Bois, aux Editions Julliard;
« Marguerite, Françoise et moi » de Danièle Saint Bois, aux Editions Julliard

« Le style de Danièle Saint Bois, nerveux, mordant, emporte tout sur son passage au rythme d’un torrent dévalant une montagne. Passionnant comme un récit fantastique »
Jean-Paul Chaintrier, Sud Ouest.

« On rit beaucoup en lisant l’autoportrait de la narratrice, ses tribulations, de la boulangerie de Rabourgris à la Villa Mont-Noir, lieu d’enfance de Marguerite Yourcenar devenue une résidence d’écrivains. Mais on est ému aussi des portraits à la fois décapants et admiratifs de Marguerite Yourcenar et de Françoise Sagan.« 

Josyane Savigneau, Le monde.fr

9782260018087