« LA VIE CONTINUE » (2)


Bien sûr la vie continue, tout le monde le dit! Mais, moi, la beauté et le calme de la nature ne parviennent pas à me faire penser à autre chose que les attentats de la semaine dernière -André Conan (Sur Facebook)….

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Bien sûr la vie continue…. rares sont ceux qui se suicident après la perte d’un être cher. Et pourtant la douleur est là. Et pourtant il y a des deuils qui ne se font jamais. Nous hier, on ne pouvait pas en parler sans cette boule dans la gorge. On avait encore les larmes au bord des yeux et le coeur lourd, lourd, lourd. Alors si on arrive encore à dire « même pas peur », on ne peut pas dire « même pas mal ». Parce qu’on a mal. Très mal! Mais la nature est là, immuable et belle. Et tu as raison de te ressourcer sur ces plages magnifiques de Bretagne. Respire. Un bon bol d’iode! En pensant à nous. Ça n’empêche pas le recueillement le bruit de la mer. Au contraire. Et oui, la vie continue. Il y a eu un avant le 13 novembre, il y a un après le 13 novembre. Mais la vie continue, oui, André -L’équipe du MDS sur Facebook.

Aux proches des victimes

Je pense à toi qui as perdu un fils, une fille, un père, une mère, un frère, une sœur, un mari, un compagnon, un ami. Je pense à toi et au trou noir dans lequel tu es tombé cette nuit du 13 novembre.
Comme d’autres avant et après nous, nous y sommes tombés il y a 12 ans et je sais à quel point ce trou est profond. Je sais le temps qu’il faut pour en sortir.
Parfois, on ne dirait pas tant on tient à faire bonne figure, à rester debout. On se raccroche à ce qui nous tient, nos proches, les enfants, les amis mais au fond, une part de nous est mort avec lui, avec elle.

Toutes les bougies allumées, toute la solidarité autour de toi, tous les messages des amis, tous les gestes de gentillesse et toute la tristesse partagée sont là pour te soutenir.
Sans que tu le saches vraiment consciemment, chaque bribe d’humanité, chaque bribe de solidarité, chaque bribe de civilisation sera précieuse aussi dérisoire te semble-elle aujourd’hui.

Le chemin du deuil est long et te clouera à terre quand les autres auront naturellement repris le cours de leur existence, car le plus dur, c’est de trouver comment vivre sans lui, sans elle, sans ces moments partagés banals ou exceptionnels, vos complicités, vos rires, le fait de compter l’un sur l’autre.

Moi j’aimais qu’il me serre dans ses bras quand nous nous retrouvions, j’aimais alors sentir son odeur, au creux de son cou. J’aimais nos longues marches silencieuses dans la ville, lui toujours du côté des voitures, moi toujours sur le trottoir protégée et lorsque je me retrouvais du côté des voitures, il me rattrapait par l’épaule pour me mettre à l’abri.
Aussi loin que je me souvienne et jusqu’à 33 ans, l’âge de sa mort, il a agi comme ça, en frère attentionné.

Alors je sais la peine que c’est que d’être amputé de cette part de vous même, d’accepter que sa vie s’est arrêtée là, parce que des hommes en ont décidé ainsi, qu’ils ont élaboré, prémédité, organisé de tuer, de le tuer, d’arrêter sa vie, ses rêves, ses ambitions, ses désirs.

Mais ce que ces terroristes ne pourront pas t’enlever c’est ce qui vous unit et qui dans 10 ans, 20 ans, 30 ans te serrera encore le cœur mais te fera aussi sourire en repensant aux fou rire que vous aviez, à une émotion partagée, à tout ce qui t’a rempli de joies avec lui ou elle et qu’ils n’ont jamais dû connaître ou qu’ils ont dû enfouir bien loin au fond d’eux.
Car, s’ils avaient senti cela, ils seraient incapables de tuer.

Ils croient qu’en nous blessant à Beyrouth, Bagdad, Madrid, NY ou Paris, ils accéderont à un bonheur qu’ils ont été incapables de trouver ici bas.
Même vivants, ils étaient plus morts que nos morts.

Ce que nous avons est infiniment riche et précieux, nous les avons eux, ceux qu’ils ont tués et ceux qui restent. Car nous serons encore et encore, capables d’aimer, de rire et de pleurer, pas tout de suite, bien sur, mais un jour prochain.

Maia, sœur de Jean-Sélim* tué par des terroristes en 2003

Maïa Kanaan- Macaux

(Sur Facebook)

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Aujourd’hui l’ONU manque d’humilité et d’humanisme, tout simplement. Pour moi, c’est un bel idéal qui s’écrase… il faut combattre la sclérose de ce système élitiste qui s’autosatisfait. Moi j’ai choisi de le faire de l’intérieur… je sais qu’un jour je reviendrai, un peu comme Ulysse, dans la ville où je suis né. Mais d’ici là, il me reste beaucoup de chemin à parcourir : arrivé à ce que je croyais être le bout de la course, je constate, en écrivant ce livre, que je ne suis qu’au début.”…
Il s’appelait Jean, il s’appelait Sélim…. Jean-Sélim est l’auteur de « Ma guerre A l’indifférence  » ( Laffont)

Il a été tué par des terroristes en 2003

LISONS-LE (pour prendre réellement conscience de cette indifférence )

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