Première fois (1)


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8 mai, fin d’après-midi

La première fois que je l’ai vu, c’était sur la plage juste en face de chez moi, où j’aime courir à cette heure incertaine, dans les souffles du vent, quand le cri des mouettes affamées et le ressac de l’océan déchirent cette page de silence de tous les instants de l’attente. Celle de la pluie annoncée, des premières gouttes dans les premières lueurs du jour ; celle du café noir pris un peu plus tard au comptoir d’un bar d’habitués, sur le Vieux Port, et de la première clope qu’on se grille en vivant l’instant comme une éternité.

Jusque là, avec les garçons, j’avais toujours fonctionné sur le mode cartésien –genre « j’appelle un chat un chat, et demande-moi plutôt si, là, ça me fait du bien ». Euh oui, parce que « le petit truc tout dur » ou « le bouton magique » ça me faisait pisser de rire au lieu de jouir.

Question d’éducation ou de complexes ? Les deux peut-être. Enfin sûrement. Sinon pourquoi sortir autant de conneries au moment de laisser tomber le Slim devant un garçon ?  Aussi étais-je vraiment obligée de lui balancer  les oreillers et le traversin, en pouffant comme une débile? C’est dire, en tout cas, si toutes ces histoires de « phéromones » et de l’accord parfait comme ça du premier coup, étaient du chinois pour moi. Mais alors à un point qui n’avait d’égal que toutes ces sornettes à deux balles de roucoulades et de prince charmant –« ils se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »… Pff, comme si le désir  de l’autre s’accompagnait forcément de l’envie de se reproduire.  Et comme si l’orgasme devait impérativement être suivi d’un « je t’aime mon amour ».

Certes, au dessus de mon clic-clac, le moteur mystère s’était souvent pris une claque, à force  d’explications et de méchants doutes exprimés. Mais en même temps, c’est ça l’esprit cartésien: un besoin irrépressible de tout bien comprendre, avant de laisser faire son corps qui, lui, saura bien trouver tout seul ses chemins de traverse. Ce qui s’appelle s’aimer en silence… Autrement dit, on laisse causer nos phéromones entre elles. Et on n’ajoute rien. Absolument rien, Parce que c’est comme ça d’abord que le corps, il apprend plein de choses. Des choses dont le nom n’est dans aucun  dico…

Seulement voilà, être  juste silencieuse et tout simplement émue, c’était encore trop tôt pour me demander ça, car c’est d’une dimension dont je n’avais alors pas la moindre idée, jusqu’au jour où….

Meuh… ce n’est pas Zorro qui est arrivé sans se presser-éé, mais l’Elu, le Beau, le Grand Matthieu Brillant, sans cape et sans chapeau. Avec sa gueule de baroudeur, son stylo et ses gros sabots d’écrivain que je n’ai pas vu venir. D’une phrase, il m’a attrapée au lasso de son humour indélébile qui n’appartient qu’à lui. Hmm… à partir de là, ne faut pas s’étonner que ça marque. OK j’arrête, d’toute façon, j’entends une voiture, c’est sûrement Mina…

SOlène -Extrait de « Bétail intime, journal dune conne qui se soigne » (encore en hibernage)

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