BURNING LOVE


La première fois que je l’ai vu, c’était sur la plage juste en face de chez moi, où j’aime courir à cette heure incertaine, dans les souffles du vent, quand le cri des mouettes affamées et le ressac de l’océan déchirent cette page de silence de tous les instants de l’attente. Celle de la pluie annoncée, des premières gouttes dans les premières lueurs du jour ; celle du café noir pris un peu plus tard au comptoir d’un bar d’habitués, sur le Vieux Port, et de la première clope qu’on se grille en vivant l’instant comme une éternité.

SOléne

(Tous droits réservés)

"Elle était une fois"...

« Elle était une fois »…

C’est le déluge.

 Je viens de regarder le DVD de Sex and The City, le film ; et telle que tu me vois, là, échouée sur le canapé comme une grosse merdasse lasse de tout et de rien du tout, je suis en train d’écrire à la main, parce que j’ai éteint l’ordi pour éviter tout risque de surtension. J’ai fait le plein de Kleenex pour la nuit, au cas où les émotions referaient surface… Une minute d’inattention et c’est tout de suite les grandes eaux.

 Surtout que je (ne) suis (qu’) à moitié rassurée, vu qu’hier soir au téléphone, Matt avait l’air plus titillé par sa nouvelle énigme que par le désir charnel. Mais on ne sait jamais.  Une brune incendiaire au 90 E qu’il croiserait au bureau de tabac ou à la boulangerie de son quartier… Ou même encore, à la poste… Rien que d’imaginer un tel scénario peut faire ressurgir d’un seul coup d’un seul, tout ce qui commence à peine à se décanter, exactement comme une lame de fond ramènerait tout à la surface de l’océan qui pourtant paraissait calme.

 Et justement mon cœur se serre en repensant à la postière. Enfin pas trop (un petit bout de bobo qui commencerait à guérir ?)… Qu’est-ce qu’elle vient faire là-dedans la postière ? Ça, c’était dans les heures qui ont précédé mon « rêve prémonitoire ». L’après-midi était bien avancée, Matt avait mis un temps fou avant de décrocher –genre il se lavait les mains dans la cuisine, qu’il m’a dit, et n’avait pas entendu la sonnerie du téléphone à cause de l’eau qui coulait…

 (Je le connais, Matt, et sa manie qu’il avait à Paris de se laver les mains dans la kitchenette, après les avoir mis dans ma petite culotte. Comme si il n’y avait pas de salle d’eau chez lui…)

 « Tu ne pourrais pas me rappeler un peu plus tard ? La fille de la poste vient de m’appeler, je dois aller chercher un colis avant que ça ferme »

.

(Depuis quand la poste appelle les gens pour les prévenir qu’un colis est arrivé ? D’habitude, c’est le facteur qui les livre à domicile –non ? Et si on n’est pas là, il laisse un papier dans la boite aux lettres)

 « J’y suis déjà allé ce matin, prendre un colis que je n’avais pas pu réceptionner hier. La fille s’est aperçu qu’il en y en avait un deuxième ».

–      Mais tu as lui as donné ton numéro de portable ?

–      Mais non, voyons !

–      Ben alors comment elle l’aurait eu ?

–      (Silence)… Euh… je n’ai pas pensé à lui demander (Re-silence)…

 Bref, ce n’est qu’au bout d’un moment qu’il s’est souvenu avoir ouvert un compte à la poste le surlendemain de son arrivée à Clermont. « Et mon conseiller de placements est dans cette même agence. C’est peut-être ça… ».

(Un compte à la poste, ça fait riche ! Et il pensait que j’allais gober ça ?!)

 Malgré tout, en y repensant, là, en écrivant, si la fille de la poste venait de l’appeler de la poste, il ne pouvait pas au même moment, chercher du doigt le point G dans le vagin de la postière… Ouf, j’ai cru qu’il n’avait plus de bug !

 Oh, Matt a été un très très bon coup. Puis tour à tour, un moins bon coup, un mauvais coup et plus rien du tout. Les abus de tabac et d’alcool, les nuits blanches devant l’ordi et le stress de la dernière promo, étaient probablement la cause. Mais j’en ai fait toute une montagne : s’il ne me désirait plus, ça voulait dire qu’il ne m’aimait plus.

 Euh… « Un bon coup » je reconnais que l’expression serait plus appropriée dans le vestiaire d’un club de foot, que dans la bouche d’une jeune femme (plus si jeune que cela, d’ailleurs), ben, une bonne alchimie on va dire. Oui, parce que Matt, même si je l’ai trouvé plus souvent moche que beau, j’ai toujours été attirée par lui comme par un aimant –va comprendre !  Aussi je n’oublierai jamais notre première nuit où il m’a tout donné (et plus encore). Le visage collé à la sueur de son corps, j’avais l’impression de boire son souffle entrecoupé de mots. J’en suis sortie toute décoiffée : waouh, un intello charnel, je ne pensais pas que ça pouvait exister !

 Oui, eh ben ça me revient : quand il a décroché avant-hier, je l’ai trouvé un peu haletant… Mouais, il serait temps qu’il arrête la clope.

SOlène – « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne », à paraitre!

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Vous pouvez également commencer à lire « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne »:

Chapitre 1 (Première partie)

Chapitre 2

Chapitres 3 et 4

Chapitre 5

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13 commentaires sur « BURNING LOVE »

    1. Oui, y’a quelque chose dans ce goût-là, ou un truc dans le kawa (je carbure à ce liquide noir nommé « désir »)… Merci Fred de toutes ces marques d’intérêt laissées ici ou là… J’aimerais comprendre par quel miracle j’ai pu lire « Un papillon en hiver » et pourquoi maintenant, quand je clique sur ton Gravatar, ça me conduit à ton Gravatar, et là… pas de lien pour aller chez toi… Euh tu fermes quand t’es pas là? De mon portable, WordPress me dit « deleted »…
      Bon ben, à bientôt, j’espère.

      1. Bah 😖
        Je n’ sais pas ce qui se passe sur ta machine ???
        Mon petit blog est toujours ouvert, j’accueille par tous les temps et tout le temps 😉

        À bientôt… Ça va le faire
        Belle journée
        Bisous 😊😊

      2. Décidément… Les lois de l’informatique et des blogs sont mystérieuses. 😁
        La vie des bugs dans les blogs…
        J’espère que ça va vite se résoudre.
        Bisous. À bientôt. Belle soirée 😚

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