Thé ou café? … (un peu de douceur dans un monde de brutes)


 

« Que dirais-tu d’un lac rose au matin sans rien d’autre que l’infini… »

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Lorsque le ciel est d’azur certains jours et que le soleil fait de jolies apparitions aux environs de midi, je suis aux anges, je m’installe à la terrasse d’un café, où, lunettes de soleil sur le nez, je bois l’azur. Oui, l’azur, moi j’le bois, les yeux fermés.  Comme un chat.  Puis  tout de suite après ça, je file chercher l’endroit le plus dégagé qui soit, j’essaie d’aller là-bas, plus  loin que le centre ville. Quand on cherche le green  et qu’on a cette chance d’habiter aux portes du  MARAIS POITEVIN*, on le trouve… Et là sur les bords de Sèvres, je marche comme ça d’un bon pas, avec le cou qui s’allonge  pour être synchro avec les jours qui rallongent, je marche, marche… marche encore  un bon moment sans trop penser, le nez au vent, dans le froid sec et vivifiant, en gobant la lumière. Ma manière à moi  d’échapper  à ce sentiment de pénombre hivernale.  Et, mine de rien, je défébrilise tout en m’aérant les neurones.

Mais voila, il y a aussi les jours  gris et de pluie comme aujourd’hui, où l’humidité de l’air nous pénètre  et nous fait nous sentir plus ou moins  mal dans notre être. Et alors ces jours-là  je prends ma pause chez moi au chaud. J’écoute de la musique de préférence tellement que je n’en peux plus  du  feuilleton Fillon à la télévision et de tout ce bourrage de crâne qu’on nous sert à longueur de journée sur ces chaines d’info continue. Je tiens à préserver ma liberté d’expresso…

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Un p’tit caf’ with me?  A moins que vous ne préfériez un thé…

Enfin bref, en y réfléchissant, (pour revenir à ce que je disais) il doit bien y avoir des raisons internes à ma psyché, si, au plus dur de l’hiver (janvier, février), j’ai surtout besoin de douceur pour m’aider à tenir jusqu’au printemps. Une tasse de café ou un mug de thé fumant, un bon livre (comme celui dont je vous parlais hier, LES VIES DE PAPIER* ), de la musique, et ça le fait tandis que l’hiver joue les prolongations à la fenêtre. M’est égal, moi, je vois que le rose que j’ai mis dans mon article. Mais bon l’heure file, la pause est finie. Solenus hirbernatus… ce n’est pas demain la veille que je pourrais m’offrir ce luxe hivernal dans un rocking-chair à mater les albums photos au coin du feu.  Ce n’est  donc pas que je m’ennuie en votre compagnie, mais je dois vous laisser; laisser aussi mon p’tit confort douillet pour affronter à nouveau les intempéries saisonnières.

Ah, au fait,  pendant que j’y pense: je vais m’absenter le temps d’un séjour à Paris avec mon amoureux, en vacances scolaires (il est prof).  Ensuite, retour en Suisse, où je reprendrai une activité normale sur WordPress. Cela dit, il y a plein de trucs à lire ici, je ne  vous laisse pas sans rien.

Je vous embrasse, prenez soin de vous.

SOlène

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A bientôt! Après Paris…

LES VIES DE PAPIER


Le soleil se lève et la cuisine prend forme, dévoilant ses détails.
Le réveil de ma ville est plus beau à mes yeux et à mes oreilles, que l’aube naissante dans quelque vallée bucolique ou quelque île paradisiaque isolée.
Dans ma ville, le soleil multiplie ses effets sur la myriade de fenêtres,et de vitres en reflets bigarrés qui font que chaque matin est unique.
La pâle lumière s’insinue par la fenêtre, curieuse de savoir ce qui se passe dans ma cuisine .
Elle tombe sur mon visage et ondoie.

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Et moi, je me pâme de plaisir, rien qu’à imaginer le réveil de Beyrouth… je lis, que dis-je relis ces lignes avec un bonheur somme toute difficile à décrire. Il faut les lire… les vivre, et c’est tout.

[…] “Marguerite Yourcenar […] lorsqu’elle traduisit les poèmes de Cavafy en français. […] Elle modifia complètement les poèmes, les francisa, se les appropria. Brodsky aurait dit qu’on ne lisait pas Cavafy, qu’on lisait Yourcenar, et il aurait eu tout à fait raison. Si ce n’est que les traductions de Yourcenar sont intéressantes en tant que telles. Elle desservit Cavafy, mais je peux lui pardonner. Ses poèmes devinrent autre chose, quelque chose de nouveau, comme du champagne.”…

Et là, comment ne pas penser à ma très chère  Danièle Saint Bois *  et son  Marguerite, Françoise et moi *que j’ai adoré.

Oui, parce que ce livre, Les vies de papier de Rabih Alameddine (Prix Fémina 2016) est un livre sur les livres ( mais pas que!). Un livre qui, donc, séduira forcément les passionnés de littérature (dont je suis). Et d’ailleurs, la couleur est annoncée dès les premières pages:

Des livres dans des cartons – des cartons remplis de papier, des feuilles volantes de traduction. C’est ma vie. Je me suis depuis bien longtemps abandonnée au plaisir aveugle de l’écrit. La littérature est mon bac à sable. J’y joue, j’y construis mes forts et mes châteaux, j’y passe un temps merveilleux. C’est le monde à l’extérieur de mon bac à sable qui me pose problème.Je me suis adaptée avec docilité, quoique de manière non conventionnelle, au monde visible, afin de pouvoir me retirer sans grands désagréments dans mon monde intérieur de livres. Pour filer cette métaphore sableuse, si la littérature est mon bac à sable, alors le monde réel est mon sablier- un sablier qui s’écoule grain par grain. La littérature m’apporte la vie, et la vie me tue.
Enfin la vie tue tout le monde” (p. 15)

Et comme je comprends ça, moi qui fuis le monde, celui surtout des chaines d’info continue comme BFMTV par exemple et de certains réseaux sociaux. La littérature me sauve, puis me rend à la vie…

Avec ce livre inspiré et inspirant, je me suis parfois un peu perdue dans les références littéraires, mais pour mieux me retrouver ensuite dans ce texte magnifique, émaillé de phrases parmi les plus belles encore jamais lues. Il faut dire aussi qu’ Aaliya, la narratrice qui est un roman à elle toute seule, ne m’a jamais lâché la main du début jusqu’à la fin. Et ce, sans que je sache toujours où elle m’emmenait! (c’est fort!) Epouse répudiée, fille mal aimée, soeur maltraitée et harcelée: entre passé présent, tout au long de son récit, cette femme d’âge mûr entrée en littérature comme on entre dans les ordres, m’a émue comme c’est pas possible. Et plus souvent qu’à mon tour! Cheveux bleus, vin rouge… (ça commence bien), elle est tout simplement vivante… Dans ses livres, au milieu des cartons, “célébrant la beauté et la détresse de Beyrouth” en constante mutation… alors qu’elle même est en pleine crise existentielle –ce qui, à 72 ans, se comprend aisément, “tandis qu’elle essaye de maîtriser son corps vieillissant et la spontanéité de ses émotions”, en même temps “qu’elle doit faire face à une catastrophe inimaginable qui menace de faire voler sa vie en éclats.”…

Mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire beaucoup plus. Sinon que “Les vies de papier”, c’est aussi un livre sur la condition féminine. Un très très beau portrait de femme.
Un ton léger et grave à la fois, des digressions que certains peuvent trouver déroutantes (mais comme j’aime justement) consacrées à la peinture sociale du Liban et à Beyrouth ville en guerre martyrisée par les combats… des réflexions avisées (la solitude est propice à l’introspection)… et malgré ça, une atmosphère envoûtante, bref un un livre que je n’oublierai pas de sitôt.

Rabih Alaméddine s’est mis dans la peau d’une femme de 72 ans, et surtout dans sa tête avec un talent fou. Un auteur à découvrir absolument. En tout cas pour moi.

SOlène

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Les lectures du monde de SOlène…. 

La littérature me sauve, puis me rend à la vie…

SOlène

WHAT ELSE?

Au fil des mes lectures et coups de coeur littéraires…*

NOTRE AMOUR


Le bonheur suprême de la vie c’est la conviction qu’on est aimé, aimé pour soi-même, disons mieux, aimé malgré soi même.

Victor Hugo

Ecris-moi quand je ne suis pas là. Parle-moi quand je suis là. Aime-moi toujours.

Victor Hugo à Juliette Drouet

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Il était là, écrit, dans la lumière de la vie,  quasi sûr de lui, bien avant qu’on ne le voit… Et même qu’on aurait déjà pu lire en lui comme dans un livre ouvert, à fleur des mots qu’on se disait. Et parfois même à fleur de peau dans nos silences* entre les mots.

Il était là sur nos sourires qui nous plaçaient au dessus de tout comme tout en haut d’un arbre imaginaire, où on se savait, ou plutôt, on se sentait sauvé de tous les dangers de l’existence et du monde. Et ainsi chaque matin que Dieu faisait, jusqu’au jour où l’absence de l’un est devenu présence pour l’autre.

C’est peut-être, enfin sûrement, comme ça que notre histoire a commencé. A dire vrai, ni toi ni moi n’en savons rien, elle a commencé, voilà tout. Et tout ce qu’on sait aujourd’hui, c’est que ça vient de loin, que c’est vrai et vraiment très fort entre nous.

Aussi c’est beau, trop trop beau et à la fois mystérieux comme les liens qui unissent les étoiles. C’est cette lumière-là du monde que tout un chacun attend depuis l’enfance. C’est cette lumière-là que je souhaite à tout le monde dans la certitude absolue d’être aimé pour soi.

SOlène -Extrait de  JARDIN SECRET, recueil de textes courts*

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C’est cette lumière-là que je souhaite à tout le monde dans la certitude absolue d’être aimé pour soi.

SOlène

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Les mots manquent aux émotions.

Victor Hugo

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L’écrit-tôt…

 

Un tout grand MERCI du coeur à  ma Suricate*, NICO* et Frédéric*  de s’être si gentiment

prêté au jeu  des Liebster Awards 2017*, ainsi qu’à Eveline, « Dans l’oeil d’une

flâneuse » qui m’a nominée. Et MERCI à vous, mes aminautes qui passez, likez,

commentez…

Bonne semaine à tous, et surtout prenez soin de vous.

A bientôt!

WHAT ELSE?

Rêve intermittent d’une nuit triste


« Mon âme se prend à chanter sans effort;
A pleurer aussi tant mon amour est fort!

J’ai vécu d’aimer, j’ai donc vécu de larmes;
Et voilà pourquoi mes pleurs eurent leurs charmes. »

Extrait de Rêve intermittent d’une nuit triste -de  Marceline Desbordes-Valmore* /  Sweetdreams -Syntharmonie…

Ô champs paternels hérissés de charmilles

Où glissent le soir des flots de jeunes filles !

Ô frais pâturage où de limpides eaux

Font bondir la chèvre et chanter les roseaux !

Ô terre natale ! à votre nom que j’aime,

Mon âme s’en va toute hors d’elle-même ;

Mon âme se prend à chanter sans effort ;

A pleurer aussi, tant mon amour est fort !

J’ai vécu d’aimer, j’ai donc vécu de larmes ;

Et voilà pourquoi mes pleurs eurent leurs charmes ;

Voilà, mon pays, n’en ayant pu mourir,

Pourquoi j’aime encore au risque de souffrir ;

Voilà, mon berceau, ma colline enchantée

Dont j’ai tant foulé la robe veloutée,

Pourquoi je m’envole à vos bleus horizons,

Rasant les flots d’or des pliantes moissons.

La vache mugit sur votre pente douce,

Tant elle a d’herbage et d’odorante mousse,

Et comme au repos appelant le passant,

Le suit d’un regard humide et caressant.

Jamais les bergers pour leurs brebis errantes

N’ont trouvé tant d’eau qu’à vos sources courantes.

J’y rampai débile en mes plus jeunes mois,

Et je devins rose au souffle de vos bois.

Les bruns laboureurs m’asseyaient dans la plaine

Où les blés nouveaux nourrissaient mon haleine.

Albertine aussi, sœur des blancs papillons,

Poursuivait les fleurs dans les mêmes sillons ;

Car la liberté toute riante et mûre

Est là, comme aux cieux, sans glaive, sans armure,

Sans peur, sans audace et sans austérité,

Disant : « Aimez-moi, je suis la liberté !

« Je suis le pardon qui dissout la colère,

Et je donne à l’homme une voix juste et claire.

« Je suis le grand souffle exhalé sur la croix

Où j’ai dit : Mon père ! on m’immole, et je crois !

« Le bourreau m’étreint : je l’aime ! et l’aime encore,

Car il est mon frère, ô père que j’adore !

« Mon frère aveuglé qui s’est jeté sur moi,

Et que mon amour ramènera vers toi ! »

Ô patrie absente ! Ô fécondes campagnes,

Où vinrent s’asseoir les ferventes Espagnes !

Antiques noyers, vrais maîtres de ces lieux,

Qui versez tant d’ombre où dorment nos aïeux !

Échos tout vibrants de la voix de mon père

Qui chantait pour tous : « Espère ! espère ! espère ! »

Ce chant apporté par des soldats pieux

Ardents à planter tant de croix sous nos cieux,

Tant de hauts clochers remplis d’airain sonore

Dont les carillons les rappellent encore :

Je vous enverrai ma vive et blonde enfant

Qui rit quand elle a ses longs cheveux au vent.

Parmi les enfants nés à votre mamelle,

Vous n’en avez pas qui soit si charmant qu’elle !

Un vieillard a dit en regardant ses yeux :

« Il faut que sa mère ait vu ce rêve aux cieux ! »

En la soulevant par ses blanches aisselles

J’ai cru bien souvent que j’y sentais des ailes !

Ce fruit de mon âme, à cultiver si doux,

S’il faut le céder, ce ne sera qu’à vous !

Du lait qui vous vient d’une source divine

Gonflez le cœur pur de cette frêle ondine.

Le lait jaillissant d’un sol vierge et fleuri

Lui paîra le mien qui fut triste et tari.

Pour voiler son front qu’une flamme environne

Ouvrez vos bluets en signe de couronne :

Des pieds si petits n’écrasent pas les fleurs,

Et son innocence a toutes leurs couleurs.

Un soir, près de l’eau, des femmes l’ont bénie,

Et mon cœur profond soupira d’harmonie.

Dans ce cœur penché vers son jeune avenir

Votre nom tinta, prophète souvenir,

Et j’ai répondu de ma voix toute pleine

Au souffle embaumé de votre errante haleine.

Vers vos nids chanteurs laissez-la donc aller ;

L’enfant sait déjà qu’ils naissent pour voler.

Déjà son esprit, prenant goût au silence,

Monte où sans appui l’alouette s’élance,

Et s’isole et nage au fond du lac d’azur

Et puis redescend le gosier plein d’air pur.

Que de l’oiseau gris l’hymne haute et pieuse

Rende à tout jamais son âme harmonieuse !…

Que vos ruisseaux clairs, dont les bruits m’ont parlé,

Humectent sa voix d’un long rythme perlé !

Avant de gagner sa couche de fougère,

Laissez-la courir, curieuse et légère,

Au bois où la lune épanche ses lueurs

Dans l’arbre qui tremble inondé de ses pleurs,

Afin qu’en dormant sous vos images vertes

Ses grâces d’enfant en soient toutes couvertes.

Des rideaux mouvants la chaste profondeur

Maintiendra l’air pur alentour de son cœur,

Et, s’il n’est plus là, pour jouer avec elle,

De jeune Albertine à sa trace fidèle,

Vis-à-vis les fleurs qu’un rien fait tressaillir

Elle ira danser, sans jamais les cueillir,

Croyant que les fleurs ont aussi leurs familles

Et savent pleurer comme les jeunes filles.

Sans piquer son front, vos abeilles là-bas

L’instruiront, rêveuse, à mesurer ses pas ;

Car l’insecte armé d’une sourde cymbale

Donne à la pensée une césure égale.

Ainsi s’en ira, calme et libre et content,

Ce filet d’eau vive au bonheur qui l’attend ;

Et d’un chêne creux la Madone oubliée

La regardera dans l’herbe agenouillée.

Quand je la berçais, doux poids de mes genoux,

Mon chant, mes baisers, tout lui parlait de vous,

Ô champs paternels, hérissés de charmilles

Où glissent le soir des flots de jeunes filles.

Que ma fille monte à vos flancs ronds et verts,

Et soyez béni, doux point de l’Univers !

Marceline Desbordes-Valmore*

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« Votre voix m’arrive avant les mots qu’elle porte (…) Votre voix à vous : le chant d’une rivière inquiète qui ne dort jamais. Ce n’est pas une image. Je vais chercher là-bas de quoi éclairer ici. C’est ce qu’on appelle poésie, n’est-ce pas ? (…) Croyez le ou non, mais en entendant le chant de la rivière dans le bois de Saint Sernin, j’ai vu un livre plus beau que tous les livres. Il était signé Marceline et s’écrivait avant ma naissance, après ma mort, tout le temps et toute l’éternité »

Christian Bobin

L’OUBLI


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Comme un doux parfum de renouveau, le printemps n’est plus très loin… 

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C’est arrivé un soir de février presque printanier, qu’une odeur d’encre embaumait. Tout simplement vêtu des mots de l’amour qu’on n’avait pas encore fait, il est entré dans ma vie, pour y suivre le cours de mes pensées d’autant plus facilement que tu en étais absent. Envoyé de l’invisible telle une poignée d’étoiles, je l’ai pourtant vu de mes yeux vu… Il était là, dans cette pièce où il décollait le chagrin des murs. Et lorsque les souvenirs ne furent plus que lambeaux dans le coin le plus sombre de ma mémoire… je l’ai vu de mes yeux vu, caresser la chair de la page blanche, et, pour la première fois depuis longtemps, je me suis endormie dans le lit d’une voix qui n’était pas la tienne… Ce n’est que le lendemain, dans l’instant éphémère des choses et le clair obscur des sentiments, qu’enfin j’ai compris… Car au même moment, le facteur temps m’apportait l’heureuse nouvelle qu’est l’oubli qui précède tout nouvel amour. Je ne m’attendais pas à ressentit cette petite joie, j’n’voulais surtout pas t’oublier. Mais elle était là, comme une évidence dans l’instant et l’indéfini du ciel. Et cet instant-là, tu vois… je l’ai vécu comme une éternité, dans la certitude que ce qui n’est plus, n’a jamais existé.

SOlène -Extrait de  « Jardin secret », recueil de textes courts

Tous droits réservés

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Nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l’instant présent, ne pourraient exister sans faculté d’oubli -Nietzsche….

WHAT ELSE?

SOUVIENS-TOI D’OUBLIER*

Spéciale Saint va-t-en loin!


 

Je vous donne un chagrin d’amour. C’est très intéressant, un chagrin d’amour. Pendant que vous souffrirez, vous ne vous ennuierez pas… -Henri Jeanson …

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« Qu’est-ce qu’elle nous fait, là, Coco, une imitation de Jean- Pierre Bacri, ou elle a définitivement viré acariâtre ? »

-Il faut la comprendre tu sais, Lally. Elle se prépare à passer sa première Saint Valentin sans Chouchou.

Oui bon, vu sous cet angle à l’éclairage d’un début d’explications venu de Mina, je suis d’accord que la situation de Coco n’est pas des plus enviables. Je suis là, debout dans le métro parisien, coincée de bon matin entre une grande tige anorexique toute pâlotte aux yeux aussi rouges qu’un lapin atteint de myxomatose et une brunette qui ferait plutôt envie que pitié, si ce n’est qu’on la sent prête à mordre l’oreille de son voisin de wagon cause qu’il prend toute la place avec son sillage trop puissant –« pfff… il cocote pire qu’une nana !!! »- Face à nos reflets dans la porte vitrée, et au bord de l’asphyxie (moi aussi), j’me dis qu’il faut peut-être pas attendre que Coco s’avale un Xanax pour faire quelque chose. Alors je tente un tout petit sourire en tirant légèrement sur mes zygomatiques. Peine perdue. Complètement fascinée par sa paire de bottines Louboutin en daim zippé , Mina n’a même pas relevé ne serait-ce que le bout de son nez. Quant à Coco, elle profite que les portières viennent de s’ouvrir à la station Gambetta pour sauter sur le quai en hurlant qu’ « il faut vite sortir de là, on continuera à pied, les filles »… qu’elle va vomir, sinon.

Bouhouhouh… !!!

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Le café suspendu*, tradition napolitaine, est désormais présent sur certains comptoirs français…

Bref, c’est comme ça que les trois déracinées (de la présence physique de l’être cher) que nous sommes se retrouvent à la fois face à leur destin et trois « cafés suspendus » –encore une ironie du sort ! Sauf que même si à nous voir échouées au comptoir, on te ferait plutôt penser à l’épave du Titanic qu’au beau Léo tout triomphant au proue du bateau, grâce à ces trois petits noirs payés chacun le double qu’ils valent habituellement, on a tout à coup mille raisons de trouver la vie plus jolie. D’abord d’une pierre deux coups : on se fait plaisir en faisant plaisir. Avec ces trois petits noirs servis au comptoir, on vient d’en offrir trois autres à trois personnes démunies. Qui, lorsqu’elles entreront dans le bistrot, pourront demander si il n’y a pas un « café en attente » pour elles, et alors on leur servira ceux payés par nous… Ensuite, on se rappelle qu’on s’est donné rendez-vous à Paris pour fêter le nouvel an chinois, pas la Saint Valentin –hein Coco ?!

Comme il me semble loin, soudain, le temps où je pleurais sur mon sort au fond de ma taupinière, avec pour seule compagnie mon chat bipolaire ! Je meurs d’envie de leur dire à Mina et Coco, qu’hier soir mon Roméo m’a envoyé par mail la plus belle déclaration en rimes que j’aie jamais reçue. Mais ce serait pas gentil, car je ne suis pas si sûre que ça que le bonheur des autres soit contagieux. En tout cas, certainement pas quand il nous renvoie à notre propre échec. Pour l’heure je crois sincèrement qu’il vaudrait mieux discuter de l’avenir de l’humanité. Alors voilà ce que je propose pour commencer : la vasectomie de Kanye West, tout aussi radicale pour l’empêcher de se reproduire, que la castration chimique, mais moins barbare…
Et puis bon, Coco, arrête un peu de tirer cette tronche de six pieds de long ! D’accord tu t’es fait ramasser par ton mec, mais pas par la vie que je sache ! Quoi que…

Mouais… ben n’empêche… souviens toi du pragmatisme dont tu faisais preuve à cette époque pas si lointaine où tu me disais que c’était ridicule de pleurer pour un mec qui avait une petite… -« Selon tes dires, Lally »- Soit ! Tant que j’étais pas guérie, je sortais que des conneries… Tu sais Coco, je dis ça… je dis rien. Euh…si, au fait ! On pourrait établir des projets pour l’été prochain. On retourne à New York? *A moins que…

-L’ascension du Kilimandjaro, ça vous tenterait ?

-Eh bien moi j’avais pensé qu’on pourrait plutôt aller au Kenya, propose à son tour Mina qui vient de lire les neuf leçons du guerrier Massaïe*

Au même moment, l’image des fameux figurants Massaie d’ Out of Africa doit nous revenir à l’esprit en même temps que l’envie de revoir ce film qu’on avait adoré.

Eh bien voilà, nous ce qu’on va faire vendredi prochain : un plateau TV en se matant Out of Africa, pelotonnées bien au au chaud toutes les trois sous la couette de Mina. Aussi à voir le rose revenu sur les joues de celle-ci, c’est comme les étoiles dans les yeux de Coco, de fort bon augure, et je peux d’ores et déjà te dire que la Saint Valentin … NO WAY!

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-T’as pas vu la boite de Kleneex, Lally ?

-Là, Coco… Sous tes yeux !!

Pff … Rien qui me désole plus que de voir ma Coco comme ça, la tête en vrac avec tout ce mucus qui lui sort du nez. Le pire c’est qu’elle voudrait nous faire croire que c’est à Paris au défilé du jour de l’an chinois qu’elle s’est chopé la crève. Evidemment la pluie qu’on s’est pris sur le dos, c’est comme la pollution : des coupables toutes trouvées! A d’autres, Coco, mais pas à moi !! Je suis passée par là, ici même, avant toi. Et les murs de cette maison du marais poitevin s’en souviennent… Cause des larmes qui nous brouillent la vue, pas possible d’y voir clair à dix centimètres devant soi…

Quant à Mina, c’est pas mieux –remarque ! Elle est là, bas en haut, haut en bas, d’une pièce à l’autre, à traîner comme un boulet la misère de son célibat forcé, dans une vieille paire de Charentaises ayant appartenu à Violette, et qu’elle a trouvées dans l’entrée en arrivant ce matin. Puis soudain, l’image du bouquin de Levy qu’elle s’est lu dans le TGV de l’aller, traverse ma tête en éclair : sûr qu’il n’est pas étranger à  la dramaturgie de la situation. Aussi je vois arriver le moment où nous allons devoir faire face à un wagon de questions existentielles : d’où viens-je ?, où cours-je ?… Quel est le sens de ma vie  (sans chéri)?…Ou même encore le sens des sens quand l’essence ciel n’y est plus. Et tout de suite après ça, il faudrait être sourd comme un vieux pot pour ne pas entendre dans le silence de ses sanglots, cet ultime soupir de martyr (de la passion amoureuse) venu en même temps que les mots mensonges, lâcheté,  trahison… IN-COM-PRE-HEN-SION, encore une fois !!!… Je connais ce refrain par cœur. Et même les couplets qui vont avec. Mais sur le coup, alors que la blessure est encore vive, personne n’est en mesure d’expliquer à quel moment, ni pourquoi et comment, toute notre vie a basculé en un instant…Ce n’est qu’avec le recul qu’on comprend. Un certain temps après… Quand à force de chercher trop de réponses,  on a fini par se fatiguer soi-même de ne trouver rien d’autre qu’encore et toujours des questions. Et qu’alors on comprend surtout qu’il vaut mieux pour y voir plus clair, faire le tour du pâté de maisons que celui d’une question. C’est comme ça, c’est la vie.

Bon, c’est pas l’tout, les filles. Je vous rappelle que si nous sommes venues jusqu’ ici, après avoir modifié le programme du week-end, c’est pour aller voir demain la toile géante de Dali exposée  à La Rochelle, nous sommes d’accord ? –« Oui, Lally »- Qu’en attendant pour fêter ce soir notre saint va-t-en-loin de celib’s épanouies, on a prévu une orgie de fruits de mer lors d’un dîner aux chandelles devant le DVD de Out of Africa  -« saint va-t-en loin, ouaiiiis ! Comment on ferait sans toi, Lally » ?- Vous ne feriez pas, les filles.

Une joie partagée est une double joie. Un chagrin partagé est un demi chagrin –Jacques Deval.

Je dis ça, je dis rien… C’est juste que je n’oublie pas que lorsque j’étais dans un état pitoyable, elles étaient là pour moi.  Que je ne perds pas de vue, non plus, qu’avoir retrouvé l’amour ne nous met pas à l’abri ; qu’il est difficile voire impossible, quand on aime vraiment, de passer à travers les gouttes. Pour autant, à un moment quand même, il faut se le moucher un bon coup, ce chagrin –pas vrai, Coco ? Et se faire un gros bisou consolateur sur la joue.

SOlène, « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne. »*

(Tous droits réservés*)

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UN JOUR NOTRE PRINCE VIENDRA… 

« Si l’amour c’est aimer plusieurs fois, plusieurs hommes, plusieurs corps, alors je ne veux plus qu’on m’en parle. » -Un heureux événement (2005), de Eliette Abécassis.

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La vérité là direct : si j’ai choisi cette citation, c’est parce que j’ai ce même ressenti, la même déception, quelque part, qu’Eliette.  Si l’amour se limitait à un corps, ça voudrait dire que « l’amour c’est l’infini des caniches » et que L-F C aurait raison.

 Alors que… Oui bon, je sais… on ne compte plus les études qui nous ont démontré, prouvé par A+B que  que le toucher et le contact physique, c’est archi trop nécessaire pour être au top dans notre tête et dans notre corps. Aussi une fois qu’on a intégré le bien fondé de cette nécessité, quoi faire (si on est une fille) en attendant le bon ?

 En ce qui me concerne (et n’engage que moi) je vous le dis tout de suite : pas question de me jeter comme une morfale sur tout ce qui est poilu, dans la rue !!

 Pour autant je ne me vois pas, non plus, me la jouer belle au bois dormant –genre y’a plus qu’à roupiller en attendant…

 En attendant quoi, d’ailleurs ? Hein, je vous le demande !! Qu’un beau et grand brun au regard de velours déboule comme ça, sur son cheval blanc, et nous révèle ainsi à la vie par un beau matin de printemps en nous roulant la pelle du siècle. Mouahahah…

 Non sérieusement, les filles (et les garçons) : dans la vraie vie, un soir pluvieux  et  froid de fèvrier comme aujourd’hui, on a plus de chance de voir débarquer, casque de scooter à la main, en bas de chez soi, un chauve ni-petit-ni-grand  au regard de ciel délavé : « salut ! Tu m’offres un café ? »…

 On l’a vu venir l’animal, vu que ça fait des mois qu’il nous dragouille, et que trois minutes plus tôt on était debout devant la fenêtre à regarder la pluie tomber sur les carreaux.

 

Mouais… et après qu’est-ce qu’on fait ? Ben on commence par rallumer les étoiles dans nos yeux. Puis on met Lana Del Rey (« Once Upon A Dream », par exemple), les bougies qui sentent bon et les dosettes dans la Senséo. C’est pas le tout, mais on va se le boire ce kawa… !!!

Deux mains qui se frolent… Deux bras qui nous enlacent… un petit bisou dans le cou… Pas besoin dêtre folle amoureuse pour partager un moment de tendresse autour d’un café.

 Tout va pour le mieux, donc, dans le meilleur des mondes (on est dans le monde de Solène, ou on l’est pas)… C’est juste qu’un flirt doit rester un flirt. Et là où c’est fort de kawa, même pas ça se corse ! Parce qu’on est une grande fille (pas coincée, mais quand même un peu sérieuse), qui plus est, sincère, et n’aimerait pas que ce garçon-là s’accroche à nous comme une bernique à son rocher. Pas la peine de se lancer dans les grandes explications, y’a X raisons qui font qu’au fond on sait pourquoi ça pourrait pas le faire avec ce dernier, dans la durée. Alors comme on aime par-dessus tout que les choses soient claires, on ne lui laisse pas croire le contraire de ce qu’il en est entre nous, vraiment.

 

 C’est de petits gestes de tendresse dont il s’agit, de confidences aussi, tant le moment s’y prête. Qui, si on ressent un minimum de feeling et de complicité, se prolongeront par la suite avec des échanges par SMS via nos Smartphones. C’est, entre autres, pour ça qu’on a un Smartphone, pour textoter avec nos amis et nos amourettes, vous serez d’accord avec moi… Et vous noterez au passage ce terme d’amourette qui résume tout ce que je vous ai dit auparavant.

 Une amourette qui passe par là… Et qui fait qu’en attendant le bon, on se prend d’autant moins la tête, qu’on sait qu’un jour… notre prince viendra. (C’est tout le mal que je vous souhaite, les copines)

 Votre fidèle servitrice plumitive

Sincerely Yours

SOlène

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-Mais alors cette Lally de « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne », c’est un peu toi, au fond ?

-Forcément que c’est moi. Surtout dans le verbe, quand Lally devient un vrai tonton flingueur. La plume est une arme comme les autres après tout. Pour autant même si j’aime être ça, je ne suis pas que ça… Aussi des fois j’me demande si j’suis pas un peu maso sur les bords… Mouais ben –remarque, c’est ce qui nous rend terriblement vivants ! Besoin de beaucoup beaucoup d’émotions pour me sentir exister, c’est pour ça que mon écriture en regorge. Mais ce  ne sont pas les lecteurs qui vont s’en plaindre, note bien !

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« Si le lecteur le souhaite ce livre peut-être tenu pour une œuvre d’imagination » (Hemingway dans l’un de ses textes)

Vous pouvez aussi lire:

Guérir le mal par le mâle*

 

L’inaccessible étoile


Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. En effet, l’homme avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu’il désire, qui le soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte, et pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige disparaît devant l’objet même ; rien n’embellit plus cet objet aux yeux du possesseur ; on ne se figure point ce qu’on voit ; l’imagination ne pare plus rien de ce qu’on possède, l’illusion cesse où commence la jouissance. Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d’être habité, et tel est le néant des choses humaines, qu’hors l’Être existant par lui-même, il n’y a rien de beau que ce qui n’est pas. […]

Vivre sans peine n’est pas un état d’homme ; vivre ainsi c’est être mort. Celui qui pourrait tout sans être Dieu, serait une misérable créature ; il serait privé du plaisir de désirer ; toute autre privation serait plus supportable.

Jean-Jacques ROUSSEAU, La Nouvelle Héloïse, 1761

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L’écrit-tôt….

Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d’être habité (…) Il n’y a rien de plus beau que ce qui n’est pas –Jean-Jacques Rousseau…

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« Tu te souviens, Lally, avec Matt dans le virtuel, vos cerveaux en osmose allaient comme sur des roulettes ? »…

Mina m’a demandé ça tout de go presque deux heures après le décollage de l’avion.

-Euh, oui, mais pourquoi cette question ?

-Eh bien je me demandais si rester inaccessible ou le redevenir n’est pas le seul moyen de rester l’unique objet de fantasme, la seule aimée, désirée au-delà de tout ?

-J’ai bien peur que si, j’ai répondu sans y avoir vraiment réfléchi.

 A ce moment-là précisément, regard tourné vers le hublot, je buvais au goulot l’eau tiède et pétillante d’une mini bouteille en plastique. L’appareil avait pris sa vitesse de croisière et on devait être quelque part à onze mille mètres d’altitude au dessus de l’Atlantique. Des bandes de nuages gris argentés glissaient dans l’aérienne douceur du ciel, et je me disais qu’elles se déposaient probablement dans un endroit secret de mon cortex, quand j’ai senti se poser sur mon bras nu, la main moite et brûlante de Mina.

-Ça veut dire quoi naturellement gazéifiée, que quelqu’un a pété dedans ?

Et alors là, j’ai compris que Mina ne me laisserait pas dormir pendant le vol Paris-New York… Le khôl en berne, le teint terni, elle riait moyen de sa blague; a very bad blague qui ne lui ressemblait pas du tout…

SOlène –    Extrait de « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne »*

WHAT ELSE?

merci
A bientôt!

Il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse –Nietzsche…

UN ANGE PASSE… « Sublime & silence » (2)…


« Je caresse ton absence
La montagne et l’errance
Et puis l’ennui…  »

 

WHAT ELSE?

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« Il y a un moment pour tout et un temps pour toutes choses sous le ciel. […] un temps pour se taire et un temps pour parler. » -L’Ecclésiaste (3, 1, 7)….

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C’est à l’heure du premier café que je commence à écrire ces lignes… et tout de suite, là,  juste en dessous de ces grands espaces  infiniment purs, infiniment blancs…  je me dis qu’en y réfléchissant, la vraie solitude ce  n’est certainement  pas ces paysages enneigés et désertiques, mais plutôt les murs d’immeubles percés de fenêtres dont on ignore tout des gens qui les habitent…  La vraie solitude, c’est dans les villes où plus personne n’a le temps… La vraie solitude c’est dans le bruit et l’agitation… La vraie solitude, c’est quand on n’entend plus rien…

Et alors que j’écoute en boucle, Sublime et silence, je comprends  soudain ce qui (en dehors de la voix orgasmique de Julien Doré) me fait tant aimer cette chanson… La fuite, l’absence, l’ennui, et  la mort aussi… elle dit tout en peu de mots et sans grandes phrases, ni emphase… Mais elle donne du sens parce qu’elle a parfaitement intégré les silences nécessaires au tempo… C’est un peu comme ces points de suspension dont j’use et abuse; c’est pour moi du souffle entre les phrases… une respiration… un temps de réflexion…  Aussi parfois quand je ne trouve pas les mots, ça se peut qu’un ange passe…

“Le silence est le cadeau des anges dont nous ne voulons plus, que nous ne cherchons plus à ouvrir.” -Christian Bobin…

Oui, et c’est dommage, car  ce silence-là appelle au recueillement, un temps de repos et de ressourcement…

Ce silence-là absolu des cathédrales évoque le sublime… C’est un moment à soi que l’on arrache au temps pour entrer comme par magie dans une sorte d’éternité.  Amen.

Bon dimanche à toutes et à tous.  Prenez soin de vous, et n’oubliez pas ceci, ce sont les silences qui font la musique de nos vies.

SOlène

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Le monde de SOlène nominé aux Liebster Awards 2017


… « je t’ai nominée aux Liebster Awards 2017 …. j’aime tant ton blog ♥ »

Dans l’oeil d’une flâneuse bretonne*

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Alors merci, un tout grand MERCI du ❤ à Eveline. Un bien joli prénom pour une belle personne. Bretonne qui plus est. Et comme parmi vous certains le savent déjà, la Bretagne et moi, c’est une magnifique histoire d’amour et d’amitié.

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Bon, c’est pas le tout, je dois d’abord expliquer les Liebster Awards:

Ces nominations permettent de mettre en avant des blogs
qui se lancent dans l’aventure…

***

(Eh bien disons que l’aventure a vraiment commencé, quand j’ai décidé de réveiller mon blog de son long sommeil, il y a à peine 2 mois)

***

En principe,  ce sont des blogs  qui ont moins de 200 followers!

( Oups! je n’en suis plus très loin)

***

WHAT ELSE?

Les règles sont simples :

 

Après avoir livré 11 secrets sur soi ,

 

  • Citer la personne qui nous a nominée.
  • Répondre aux 11 questions posées.
  • Nominer 11 autres blogs.
  • Leur poser, à notre tour, 11 questions

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Ce qu’il y a de beau dans un mystère, c’est le secret qu’il contient et non la vérité qu’il cache. –Eric-Emmanuel Schmitt…. 

 

11 “secrets » sur moi:

J ‘aime la solitude, et pourtant, je ne peux absolument pas imaginer ma vie sans ceux que j’aime (mon homme, nos familles respectives et certains amis)…

J’écris depuis tout petite; dès que j’ai su former des mots avec les lettres de l’alphabet, puis très vite des phrases. Toujours un stylo dans la main (ou à la bouche) avec un air inspiré, j’ai commencé très tôt à me raconter des histoires.

J’écris parce que je ne peux pas faire autrement. Tous les jours quasiment.  Mais je n’ai aucun rêve de gloire. Je privilégie la vie…

Comme Eveline, je suis fascinée par le ciel; ses couleurs changeantes, les couchers et levers de soleil, la lune et les étoiles… Tous les ciels en fait. Y compris ceux de l’amour et des orages de la vie!!

Je tiens par dessus tout à ma slow life au green * …

Le bruit de la mer m’apaise, me berce…  J’ai un besoin vital d’océan.

J’aime vivre entourée de mes livres. J’en achète beaucoup. Parfois j’en prends à la bibliothèque municipale(mais quand un livre me plait vraiment, alors je finis par l’acheter pour l’avoir à portée de main)… Je relis souvent les mêmes. Par exemple, Victor Hugo, Baudelaire, Jean-Jacques Rousseau, Louis-Ferdinand Celine… j’ai “grandi” avec eux. Alors j’y reviens régulièrement… C’est comme ça, mais il n’y a pas qu’eux, tous les classiques en général.  Et la littérature anglo saxonne. Et puis…

Je suis une fan inconditionnelle du Petit Prince.

J’ai dormi longtemps, vraiment très longtemps avec un doudou; trois ans à peine que j’ai arrêté. Mais il est toujours sur mon lit…

J’adore les chiens et les chats (chez nous ils font partie intégrante de la famille). Impossible de me faire manger du cheval ou du lapin! Pour cause…

J’ai la phobie de l’avion et des araignées.

 

Mes réponses aux questions posées par Eveline:

Pourquoi ce blog?

C’est mon refuge, un peu mon deuxième chez moi… J’aime y venir écouter de la musique en buvant mon café tôt le matin, ou même encore temps d’une pause.  Mais pas que,  j’y écris aussi en ligne pour le plaisir. Et parce que j’aime partager ces écrits… partager et échanger des idées d’un blog l’autre...

Trois mots pour te décrire…

Passionnée, sélective, carpediemiste

C’est quoi le bonheur pour toi? 

C’est être avec les miens, c’est faire ce que j’aime faire… écrire, écouter de la musique, me balader… lire… boire un café en gobant les rayons  du soleil, attablée à une terrasse… c’est donner, partager, échanger…  Le bonheur, c’est une suite de petites choses agréables qui se vivent pleinement, intensément dans l’instant… tellement d’occasions dans une journée pour être heureux!

Ta vie ne serait pas la même sans…

Avoir du vert autour de moi. Autrement dit, si je n’avais pas fait ce choix de quitter Paris pour vivre dans le marais poitevin*

Qu’elle est ta journée idéale?

Sereine… avec un temps pour tout (activité détente)… bien remplie, ou à glander -c’est selon. Cela dit, j’ai un principe: ne pas reporter au lendemain ce que je peux faire le jour même… 

De quoi es-tu le plus fière? 

Fière, c’est beaucoup dire si on parle de quelque chose (job, travail d’écriture… ), mais sinon, oui, je peux l’être de ma famille. En tout cas de mes proches, « la smala »…

La personne que tu admires le plus:

Oups! Ni fan dans l’âme,ni groupie (encore moins)… personne à dire vrai si on parle « célébrités ».  Peut-être une certaine admiration pour l’homme de ma vie…

Ton film préféré?

Y’en a plein! Alors le premier qui me vient: UN JOUR*

Quel livre me recommandes-tu?

Clic* (à toi de choisir)

Quel est ton dessert préféré? 

Pareil, y’en a plein! Allez, le premier qui me vient, encore une fois: la tarte Tatin (tiède et caramélisée, avec de la crème liquide -hum)

Quel a été ton dernier fou rire? 

Waw… 😀 je n’ose point le dire, car je dois te l’avouer: dans l’intimité, j’ai parfois un humour débile.

 

Voilà mes nominations:

 

Michèle, l’oeil buissonnier… pour son univers poétique, la tendresse qui émane de ses méli-mélos et nos émotions jumelles, bien souvent…

Tony, A travers Brooklyn… lui le garçon, moi la fille, mais on se ressemble extrêmement.

Fred, synchronicités… mon promeneur solitaire, il est celui qui croise des papillons dans une forêt en hiver… il est d’une sensibilité à fleur des mots, il écrit sincère, profond… ça vient de loin,  et j’aime ça…

Cecile, Au coeur de ma plume…  la Suricate, c’est elle, c’est un soleil, un concentré de bonne humeur… elle aime raconter son enfance sur l’île de Madagascar où elle est née… elle écrit aussi des histoires (inventées, « au gré de son imagination »), et des nouvelles, dont une La lumière a été publiée sur le site de « é-crire aufeminin »… ❤

Fréderic, Si on parlait culture…  si comme lui, vous êtes passionné de cinéma, de musique, d’histoire, de littérature, d’art et de culture en général, n’hésitez pas! De bons moments en perspective… car, en plus, Frédéric est très sympa.

La Page @Mélie… « Contre le blues, le meilleur remède c’est le rock…. »… C’est bien simple, Mélie, ça fait 10 ans qu’on se connait, et voilà: j’adore!

NICO…  IMAGINAIRE DE RIEN… RiT ET RÊVE… « on est jamais trop vieux pour être jeune ! »(Walt Disney), oui sauf que lui, mon ami Nico depuis 10 ans aussi, il est (encore) jeune, pétri de talent et d’humour.

MIMI… INTERDIT D’INTERDIRE… “parfois dopée mais jamais contrôlée”… une amie, ma Mimi. Depuis 10 ans, elle aussi… Son blog, il fait comme le mien a fait longtemps: le beau au bois dormant.  Mais si seulement, elle reprenait du service, ce serait génial, car elle est unique en son genre.

Alain… « De tout, de rien, parfois un peu d’humour… Et des photos, pour ne pas oublier… ». En fait, Alain et moi nous sommes voisins, aux portes du Marais poitevin. Mais je ne le savais pas,je l’ai appris ces jours-ci. Nous partageons donc les mêmes paysages, et ce n’est pas rien. C’est maintenant ma région de coeur, et je ne pourrais  plus la quitter. En tout cas, jamais trop longtemps.

Niala-Loisobleu … Artiste et peintre des mots… et le talent assurément pour les trouver ces mots ainsi que les images pour aller chercher, lorsqu’il y a résonnance ce qui se trouve au fond nous…

Christine du Quebec… une cousine de la francophonie, qui a habité en Suisse et en France.

 

Quant à mes questions: 

Pourquoi ce blog?

Si tu devais te décrire en trois mots…

Les choses dont tu ne saurais te passer dans la vie…

Si tu étais un animal…

La citation d’auteur qui te guide (ou te correspond le plus)…

Le premier livre qui t’a vraiment marqué (e), ou qui a bouleversé ta vie…

Le dernier que tu as lu…

Si demain on t’offrait un billet d’avion pour la destination de ton choix, quel pays choisirais-tu?

Quelle est ta conception du bonheur?

Quelle est la qualité qui t’émeut le plus chez une femme (pour les hommes), chez un homme (pour les femmes)?

A contrario, qu’est-ce qui peut être rédhibitoire, et te faire fuir…

 

 

 

En mode, « je ne suis pas là pour le moment, mais vous pouvez laisser votre message; je vous répondrai dès mon retour ». Belle journée à tous, à plus tard!

La parenthèse inespérée


Sans doute l ‘avez-vous remarqué : notre attente – d’un amour, d’un printemps, d’un repos – est toujours comblée par surprise. Comme si ce que nous espérions était toujours inespéré. Comme si la vraie formule d’attendre était celle-ci : ne rien prévoir, sinon l’imprévisible. Ne rien attendre, sinon l’inattendu –Christian Bobin, L’éloge du rien….

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Il est des moments magiques, où l’on voudrait retenir le temps… Il est des instants où le monde du rêve se superpose à la réalité transfiguré -SOlène….

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Magie et providence réunies, l’image de son visage radieux comme un soleil est entré dans mon esprit, en même temps que sa voix qui prononçait mon prénom. Et je me suis entendu prononcer le sien avec cette sensation étrange d’être en train de toucher l’essence d’un rêve…

« Eh, Anita, my best, es-tu vraiment là ? »…

Pas de doute, c’était bien elle…Elle dans cette ville où je mettais les pieds pour la première fois… Où tout –sauf le hasard, a fait que j’étais là, hier, de l’autre côté de la frontière… à plus d’ un millier de kilomètres de l’internat * où l’on avait dû se voir pour la dernière fois –on avait quoi ? 16 ans ou presque…

(Hier encore, je pensais à elle. En souriant comme à chaque fois que je me remémore nos  années pension *)

Nous suivons tous des chemins différents dans la vie, mais, peu importe où nous allons,

nous apportons partout une petite parcelle de l’autre. -Tim McGraw…

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Deux cafés plus tard, le temps d’échanger nos numéros de portables à une terrasse chauffée, de placer deux mots sur l’  horloge biologique *qui s’affole… puis de parler encore un peu, une couverture posée sur les genoux; elle, de son ex futur mari (« du coup je me retrouve avec une robe de mariée sur les bras, mais tu me connais ! Quand il m’a dit que la femme de sa vie, c’était sa mère, j’ai compris que ça ne pourrait pas le faire »)… et moi de mes bouquins ( des deux publiés, des 3e  et 4e qui hibernent encore aux fins fonds de mes tiroirs au bois dormant)… c’était déjà l’heure de se quitter.

-Je file, des courses à faire. Mais je t’appelle  plus tard dans la soirée et on se revoit demain –promis ?

Demain on y est déjà. Et c’est ce soir qu’on a rencard pour un dîner de filles au restau avec des copines à elle… une autre parenthèse, mais attendue celle-là. Et j’ai hâte d’y être !

SOlène –Extraits de « Jardin secret », recueil de textes courts*

(Tous droits réservés)

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Douce heure du soir -Lausanne, janvier 2017…

 

WHAT ELSE?

Rêver de la vie*

REMEMBER WHEN ( Suivi de « Voyage, voyage!!)…


« On oublie pas pas parce que on se remémore, on se remémore parce que on oublie »

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Juste une ondée en fin de journée… Ciel bleu à peine nuageux, soleil radieux, il a fait super beau today, dans le marais. Même temps presque chaud, qu’à Central Park, il y a deux ans jour pour jour, avec juste un vent léger qui promenait dans l’air les effluves de mon parfum… L’Instant de Guerlain… J’ai fermé les yeux, une fraction de seconde. Et le souvenir est revenu me chatouiller les narines, en tempo avec le clapotis de l’eau… Ce n’est plus des ragondins que je voyais, mais des écureuils… Il n’y a jamais de pourquoi à un souvenir. Il arrive comme ça dans les effluves d’un parfum, et parfois sur des notes de musique avec les paroles de cette chanson qu’on s’interdit d’écouter.  Remember When*

(…)

Il arrive à l’improviste, sans être invité. Et tu ne sais jamais à quel moment il partira. Tout ce que tu sais, c’est que quoi tu fasses, il revient toujours… Même si ça ne dure qu’un instant… Sauf que now, je sais comment faire. Y suffit de ne pas s’attarder. Alors dès que le souvenir s’est pointé, j’me suis remise à marcher. J’ai marché sans regrets, sans concession… j’ai marché au rythme du vent, sans regarder en arrière… Pour fuir le tsunami de cet amour fou revenu en force… fuir pour ne pas être noyée, pour ne pas être emportée…

Mais alors pourquoi, cette fois, c’est moi qui, la nuit venue va chercher ce film en noir et blanc ? Je suis là, dehors, assise devant la table de jardin, et je fume une cigarette, en suivant des yeux la fumée, puis plus loin que la fumée, plus haut, toujours plus haut jusqu’au ciel… Combien de fois, j’ai nagé dans cette mer immense, en pensant à toi, le regard perdu dans ce ciel bleu marine. En demandant pourquoi aux étoiles. En n’entendant pour toute réponse, que leur silence embarrassé… Comme cette nuit encore. Mais suis-je bête ! Quand on aime jusqu’à s’oublier, se perdre, on peut tout trouver, sauf un « pourquoi ».

Alors oui, je pars demain, loin… plus loin que la mer, plus loin que l’horizon, là-bas

(…)

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J’irai dans l’oubli au-delà du bien et du mal me réconcilier avec moi-même  -Michel Rio

Le véritable voyage de découverte  ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à voir avec de nouveaux yeux –Marcel Proust….

C’est René (DESCARTES) qui, dans ses Méditations métaphysiques, affirmait que, on ne peut mieux trouver le monde, qu’auprès d’un poêle réfugié dans sa chambre.

Tout serait là, d’après lui, « nul besoin d’horizon exotique pour rencontrer le réel ». Suffirait d’être attentif etc. Bref en gros, d’être un peu « à soi » et blablabla…

Mouais… sauf que René OUBLIE DE DIRE, qu’il fût lui-même un grand voyageur, qui s’est risqué jusque dans des territoires interdits, avant de se réfugier dans sa chambre.

Tu me diras, il y a aussi Socrate qui est allé trouver la Pythie, un « long chemin papa », pour s’entendre dire ce fameux « Connais-toi même » devenu légendaire depuis.

Ben oui, parce que « je » est un autre – pas vrai ? « Une invention de la grammaire qu’ils ont dit Nietzsche et Freud… Et donc ce « je », le seul et unique moyen qu’il a de savoir ce qui le définit, ce qu’il aime (ou pas !), ce qu’il veut vraiment, c’est en allant hors de lui-même… Partir pour mieux revenir à soi… Autrement dit, le dépaysement qu’on va chercher sous d’autres cieux correspond à un voyage jusqu’au bout de…

Meuh, je n’allais pas dire de la nuit, mais de soi. Un voyage dont on ne revient jamais, puisque lorsqu’on revient, on est un autre.

Alors adieu journal !!! Allez, ne t’inquiète pas, ce sont les effets des premières chaleurs, un bon orage là-dessus…

SOlène –  Extrait de « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne »*

(Tous droits réservés)

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Dans les prochains jours, 9 chapitres en exclusivité de « Bétail intime, journal d’une conne qui se soigne »…. 

 

« Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique »

(de Martha Medeiros -poétesse brésilienne, et non de Pablo Neruda…)

Coup de ❤ musical

Lana Del Rey -Chelsea Hôtel

JE REVIENS D’HIER


« Je sème des petits bouts de moi et parfois des petits bouts de vous. Je crois que l’histoire vient de là » -Toujani Mouna

A Mouna Toujani

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Je reviens de loin, j’reviens d’hier, d’il y a longtemps…
J’ai traversé des déserts et des tempêtes de silence…
J’ai erré jusqu’au bout de mon rêve, comme une âme perdue dans la lumière du noir…
Je reviens de loin, j’reviens d’hier, de ces petits matins gris qu’on défend secrètement, avec le chagrin qu’ils soient sans lendemain…

Quand de ces jours interminables de brouillard… de ces brumes impénétrables, les mots ne sortent plus, on est là, indéfiniment seul, avec un étau dans la poitrine, une boule dans la gorge, et surtout ce besoin de comprendre pourquoi-comment, on en est arrivé là… face à ce mur de silence à la fois cruel et méprisant.

Certains hommes sont si lâches, parfois, qu’ils préfèrent garder comme un arrière-goût de violon dans la bouche. Nul n’est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. Alors nos larmes n’ont plus qu’à se consoler toutes seules. Et l’on a plus d’autres choix que de répondre nous aussi, par le silence… Ou plutôt par des hurlements silencieux venus du plus profond de notre nuit sans étoiles…

.
Mais toi, Mouna, comme par miracle tu m’as entendue, et tu es venue aussitôt, poser tes mots et ta voix sur mes maux.

Aussi ce jour-là, de la vidéo *, j’ai repris ma plume pour t’écrire et je ne l’ai plus lâchée depuis… Pour ça qu’aujourd’hui je reviens d’hier, te dire merci d’être celle que tu es, et pour ce que tu fais.

Solène – Extrait de « Jardin secret », recueil de textes courts*

(Tous droits réservés)

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Nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l’instant présent, ne pourraient exister sans faculté d’oubli -Nietzsche….

L’OUBLI*

(Clic*)

JE ME SOUVIENS…


On a besoin, au cours de ce cheminement intérieur, de se remémorer les moments heureux, pour ne pas douter d’avoir aimé, d’avoir été aimé. Se souvenir, c’est ça aussi : être certain d’avoir été en vie.

Laurence Tardieu –La confusion des peines….

 

A toi qui ne seras peut-être jamais que  le plus beau de mes livres*…

 

 

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Ce n’est pas qu’la pluie m’ennuie ni que je sois triste d’être loin de ta vie, maintenant, mais… j’me souviens de ce matin-là, où j’ai compris en un éclair qu’j’t’aimais, et qu’toi aussi tu m’aimais…et j’étais sûre alors de pas m’tromper, comme si au même moment notre cœur bondissait de notre poitrine pour aller se lover dans celle de l’autre…

 

J’me souviens, c’était l’heure où tout se fond dans l’flou comme en rêve ; cette heure incertaine entre chien et loup, quand… la vie nous arrive en pochette surprise, dont on défait fébrilement le papier dans la joie de l’instant… et l’inconscience de ce qu’il a de fragile et d’éphémère…

 

Et puis j’me souviens de cette nuit-là, étoilée, où… tu m’tenais la main, quand tu m’as dit tout ça :

 

– « Si ça devait finir entre nous, je ne vivrais plus que dans mes souvenirs »

 

– « Tu n’imagines même pas à quel point je tiens à toi »

 

– « Enfin, peut-être que plus tard, tu comprendras que j’t’aimais vraiment »

 

Mais « plus tard », on y est déjà, et presque à l’aube de demain dont on ne sait rien… Et j’me souviens comme d’hier de ta voix dans le noir de la tanière, comme d’une certitude qui ouvrait l’infini.

SOlène –Extrait de « JARDIN SECRET », recueil de textes courts*

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Nulle perte n’est ressentie avec autant d’acuité que celle de ce qui aurait pu être. Nulle nostalgie fait autant souffrir que la nostalgie des choses qui n’ont jamais existé.” (Les vies de papier de Rabih Alameddine…

 

A quoi servent  les  livres s’ils ne nous ramènent pas vers la vie,  s’ils ne parviennent pas à nous y faire boire avec plus d’avidité?

Henry Miller

WHAT ELSE?

L’OUBLI*

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Grand soleil dans vos coeurs à tous! Belle journée, à bientôt.

 

La maison isolée (ou les pensées de S.)…


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L’écrit-tôt.

Ce matin, j’ai ressorti  du fin fond de son tiroir “La maison isolée”, mon tout premier manuscrit, écrit il y a…  Oh la la, ça date! C’était… c’était à la fin du siècle dernier.  Je l’ai feuilleté vite fait,  autrement dit je n’ai lu que quelques pages en diagonale. Il m’est très vite tombé des mains.  Mais quand même, tout en buvant mon café devant l’écran de l’ordi que je venais d’allumer je me suis dit que j’aurais peut-être dû mettre “ou les pensées de Solène” en sous titre. D’abord, j’aime bien les sous titres.  Et puis, ça correspond bien à cette maison isolée qui n’existait que dans la tête mon héroïne. Ségolen qu’elle s’appelait – »Royal » comme prénom, je trouvais à l’époque.  Et, en plus, ça rimait avec SOlène –la bonne aubaine, quoi!

Mais plus sérieusement, vous devez vous demander pourquoi je vous parle aujourd’hui de ce manuscrit au bois dormant –ou je me trompe? Ben tout simplement parce que j’en ai parlé à l’un de vous avant hier dans un commentaire à propos de son billet du jour intitulé   “Un papillon en hiver”. Promeneur solitaire perdu dans pensées tandis qu’il marchait dans une forêt proche de chez lui, il est tombé sur un papillon… UN PAPILLON EN HIVER!*  Mais je ne vais pas tout vous raconter, je préfère vous laisser le plaisir de cette lecture.

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La paix vient de  l’intérieur, ne la cherchez pas à l’extérieur -Boudha....

Enfin pour en revenir à “La maison isolée”, c’est la citation mise en exergue que je trouve intéressante:

Le goût de la solitude et de la contemplation naquit dans mon coeur avec les sentiments expansifs et tendres fait pour être son aliment.

Le tumulte et le bruit les resserrent et les étouffent, le calme et la paix les raniment et les exaltent. J’ai besoin de me recueillir pour aimer. J’engageai maman à vivre à la champagne. Une maison isolée…

Jean-Jacques Rousseau –Rêveries d’un promeneur solitaire.

Oui, c’est un extrait de la dixième promenade des rêveries. Inachevée, certes. Mais la plus belle à mon gout…  Aussi pourquoi  Rousseau, alors que je n’étais pas finie, non plus? Parce que mon premier choc en philo…  Et j’étais  en train de devenir celle que je suis aujourd’hui…

“Avoir toujours été celle que je suis, et être si différente de celle que j’étais” (Samuel Beckett)

Waw, ça cogite ce matin! Je vous souhaite une belle, une très belle journée.

SOlène*

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Et puis un soir de décembre dernier, en Suisse…

Il est des moments magiques, où l’on voudrait retenir le temps… Il est des instants où le monde du rêve se superpose à la réalité transfigurée:

Au milieu de l’hiver j’ai découvert en moi un invincible été…

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Au plaisir de vous lire sur vos blogs.

 

 

PERDUE (C’était salement romantique)


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Le café était trop chaud. Alors j’sais pas ce qui m’a pris, j’ai posé ma tête sur cette épaule qui n’était pas la sienne. Puis j’ai laissé cette main qui n’était pas la sienne, caresser mes cheveux. Et c’est à ce moment-là qu’j’ai commencé à avoir vraiment mal à mon amour pour lui. Après j’sais plus ce que j’ai dit, pas dit… Ni combien d’temps s’est écoulé. Tout ce qu’j’sais, c’est qu’j’avais d’la flotte dans les yeux, quand j’me suis aperçu que le café était refroidi. Et comme j’aime pas le café réchauffé, j’ai dit, « non merci, laisse. Tant pis ! »… Puis, je me suis endormie tout habillée avec le manque de lui dans le lit de cette voix qui n’était pas la sienne… Et c’est ce manque-la qui m’a réveillée presque aussitôt. Alors je me suis levée, je me suis rechaussée… j’ai mis mon manteau. Puis j’suis repartie sans faire de bruit. Et j’ai marché dans la nuit… marché encore longtemps comme ça perdue dans les rues de cette ville qui n’est pas la mienne. Ni la sienne…

Solène, JARDIN SECRET, recueil de textes courts*

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Lausanne, Suisse.

Certains croient qu’ils n’ont pas le droit à l’amour, alors ils s’éloignent.

Et parfois ils se perdent -Into The Wild, le film….

 « Tu fus plus facile à suivre,

dans la ville qui devint

notre plus grande fuite

Et moi, étendue dans ce lit,

je contemple ce que

je t’ai donné de ma vie

Et au sud de mes peines

j’ai volé loin de toi

pour couvrir mon cœur

d’une cire plus noire

Que tous les regards

lancés à mon égard,

j’ai tenté de voler loin de toi »…

COEUR DE PIRATE  -SALEMENT ROMANTIQUE

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L’amour ne se perd jamais. Il élève tous ceux

qu’il touche -Sylvia Compan… 

WHAT ELSE?

C’était salement romantique, la vidéo YouTube*

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Belle journée à tous!

Cherche Fanny désespérément


MON AMIE FANNY A DISPARU -Leila était déjà venue la veille, pour signaler cette disparition qui n’inquiétait qu’elle. En fait, un adulte qui disparaît, c’est banal à pleurer, et il n’y avait qu’elle, Leila, pour renifler aussi peu discrètement, alors qu’elle venait de lancer la procédure de signalement et de recherche officielle auprès des services compétents, comme il est prévu dans l’article 6 de la charte de l’Accueil du public et l’assistance aux victimes, affichée dans le commissariat de police.

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“Banal à pleurer”, certes. Et on le sait bien: “tout majeur disparu peut lors de sa découverte, s’opposer à la communication de ses nouvelles coordonnées”. Mais il arrive aussi qu’il s’agisse d’une “disparition inquiétante”.

En tout cas, voila: c’est le début d’une intrigue qui, tout au long de l’enquête, va nous emmener de Paris à l’Île de Ré en passant par les volcans d’Auvergne à la recherche de la mystérieuse Fanny. De rebondissements en rebondissements -au prix de quelques sueurs froides parfois, ce sera pour nous l’occasion de rencontres avec des personnages hauts en couleurs, au profil psychologique déconcertant, et, qui pour le coup, ne montrent pas toujours un côté très rassurant de leur personnalité…

Bref, du SOlène, nouveau crû “non filtré” amer et doux à la fois; Et en même temps grisant comme le petit blanc d’Auvernier dont elle nous a touché deux mots à son retour de Suisse (Voir l’ article Un soir et tant d’autres…)

   Bonne lecture! A bientôt!

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Je suis un fan de Solène! Lire la disparition de Fanny et tenter de solutionner l’énigme, au fur et à mesure des chapitres publiés sur son blog, ça été du gâteau pour moi. Je me suis creusé les méninges mais surtout, je me suis bien amusé. Dommage que ses livres ne soient pas disponibles chez moi, au Québec –Amicalement -Jean-Claude.

Le suspense est entier! Reste à savoir si Fanny l’est encore… je veux dire, entière. Un style efficace en tout cas. –  Nicolas Gautun * sur Wattpad (Nicolas est administrateur du MDS sur FB. Très talentueux, il écrit également)

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NOW WHAT?

Nicolas (sur Wattpad encore) : « Je suis d’accord avec André, l’image des bulles de savon est très pertinente, pourvu qu’en effet elles n’éclatent pas. L’homme de la forêt et ce fameux magicien sont-ils la seule et même personne? En tout cas, j’espère que ce magicien n’a pas fait un méchant coup du lapin à Fanny ! »

 

André (sur Wattpad également) : «  Vous voulez que je vous dise? Eh bien, lire un chapitre de « la disparition » en remplacement des croissants avec le café du réveil….ça le fait grave, je kiffe trop.

La description des scènes et des sentiments semble tellement vraie! On les voit vraiment les bulles de savon, on les entend les rires des mômes.

Chaque chapitre est un plaisir »

 

« Pour l’écrivaine: la plume, l’encre et l’encrier » -Sylvain, Venise, le 14/05/2016 …
« Pour l’écrivaine: la plume, l’encre et l’encrier » -Sylvain, Venise, le 14/05/2016 …

Cet après-midi-là, du mardi, Gladys était venue attendre Leila à la sortie de son travail. A 17 heures, le soleil tapait fort encore. Ni l’une ni l’autre n’étant pressée d’aller s’enfermer, elles avaient décidé de rentrer à pied Et c’est ainsi que, chemin faisant de Saint Michel au boulevard Saint Germain, leurs pas les avaient portées jusqu’au jardin du Luxembourg.

C’est donc là qu’on les retrouve, assises sur un banc –jambes croisées, leur sac à main sur les genoux, dans une attitude familière et complice, avec leurs têtes qui se rapprochaient inconsciemment, par moments. Pourtant, elles ne se parlaient presque pas. Gladys regardait une mouflette qui faisait des bulles de savon, comme si elle s’attendait à voir Fanny réapparaître de cette façon… Et pourquoi pas, après tout ? En tout cas, le souvenir irisé de Fanny revenait, semblable à ces bulles de savon bleutées et transparentes que Gwladys suivait des yeux, alors qu’elles voletaient dans l’air, éphémères… Oui, éphémères comme Fanny, car appelées à éclater et disparaître à chaque instant, elles aussi. Mais en même temps, incroyablement tenaces. Comme le souvenir de Fanny… Fanny là-bas, dans l’extrêmement lointain des espaces infinis et le silence assourdissant des solitudes sauvages, mais c’en était limite miraculeux, car Gladys ne pouvait pas imaginer Fanny, autrement qu’avec son p’tit sourire en coin et ses mèches brunes sortant de sa casquette de base ball.

-Tu te rappelles, Leila, le jour où elle t’a sorti que tu regardais les gosses avec l’expression d’une vache qui verrait un train passer ?

-C’est dingue, ça, Gladys ! Je pensais exactement à la même chose que toi !

Si Leila se rappelait… Et comment !!! Fermant les yeux encore une fois, elle revit la scène : les rires des mômes qui cascadaient autour du bassin… le ciel qui était d’un bleu lumineux par endroits, et les nuages blancs qui cachaient le soleil d’hiver… Aussi Fanny qui n’en était qu’au début de son histoire avec son auvergnat, avait dit ça sur un ton léger. Elle resplendissait, assise ici, sur ce même banc où elles étaient trois.

SOlène

(Tous droits réservés)

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WHAT ELSE?

Quelques extraits  ( des chapitres 26, 27 et 28)

FANNY*

LULLABY*

L’origine des choses*

La suite et la fin  avec le roman à télécharger en entier* prochainement sur amazon*

(Vous en serez les premiers informés dés la mise en ligne)

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 L’équipe du MDS* sur Facebook vous remercie de votre fidélité et vous souhaite une agréable week-end. A bientôt!